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Interview sur Radioclassique

RADIO CLASSIQUE

L’INTERVIEW – Le 04/12/2007 – 08 :15
Invité : Jean-Louis BIANCO, Député et président du Conseil général des Alpes de Haute Provence

Olivier NAHUM
Jean-Louis BIANCO, bonjour, député PS, vice-président, c’est ça, du Conseil régional…

Jean-Louis BIANCO
Non, président du Conseil général.

Olivier NAHUM
Du Conseil général, voilà. Internet est une source d’erreurs, vous voilà réparé. En tout cas, vous êtes bien proche de Ségolène ROYAL ?

Jean-Louis BIANCO
Ah oui, ça il n’y a pas de doute !

Olivier NAHUM
Voilà, au moins c’est une information.

Jean-Louis BIANCO
Même en dehors d’internet.

Olivier NAHUM
Même en dehors d’internet et vous n’avez pas écrit de livre d’ailleurs.

Jean-Louis BIANCO
Non.

Olivier NAHUM
Et pourquoi vous n’avez pas écrit de livre d’ailleurs, parce que beaucoup de socialistes ont fait œuvre de plume ces derniers temps ?

Jean-Louis BIANCO
Oui, moi, je n’ai pas un goût spécial pour les mémoires, du moins tant que je suis actif, mais je crois que le livre de Ségolène est un peu différent, c’est quand même elle qui a été la candidate à la campagne présidentielle et c’est intéressant d’avoir sa vérité.

Denis JEAMBAR
Vous l’avez regardé avec le regard du spécialiste de la science-fiction que vous êtes ?

Jean-Louis BIANCO
Ah oui, non, c’était très réel.

Olivier NAHUM
Denis est en forme.

Jean-Louis BIANCO
C’était très très réel, et d’ailleurs on voit les réactions que ça déclenche.

Olivier NAHUM
Alors, avant de s’attaquer à cette réalité qui n’est pas virtuelle, partons pour Bali avec Eric LE BOUCHER.FIN^

Olivier NAHUM
Toujours en compagnie de Jean-Louis BIANCO, député PS proche évidemment de Ségolène ROYAL, on l’a dit, et également en compagnie de Denis JEAMBAR et Eric LE BOUCHER. Jean-Louis BIANCO, une question tout de même, à propos de… on parlait de l’actualité internationale à l’instant, il y a un sujet que les médias semblent avoir oublié, sur lequel vous vous étiez beaucoup exprimé, c’est l’histoire de l’Arche de Zoé. Ces français sont toujours détenus au Tchad. Il se trouve qu’un des médecins qui est emprisonné au Tchad est ressortissant, si j’ose dire, de votre région, celle que vous représentez. Vous avez des nouvelles de ces français que la presse a oubliés, que tout le monde semble avoir oubliés ?

Jean-Louis BIANCO
Oui, c’est curieux cet emballement médiatique et puis après on ne parle plus comme si l’événement n’existait pas. C’est d’ailleurs une affaire étrange, une affaire étrange puisque le fondateur de cette Arche de Zoé il est reçu trois fois, quatre fois je crois, au ministère, on lui dit, « il faut surtout pas y aller », il dit, « j’irai quand même », il y va sous son propre nom, il prend un avion militaire, on dit qu’on l’a pas vu. Moi, j’ai beaucoup de mal à croire que si c’était une opération illégale on n’ait pas pu l’empêcher. Bon, enfin, maintenant le résultat est là.

Olivier NAHUM
C’est ce fondateur qui…

Jean-Louis BIANCO
… non, non, non, c’est pas le fondateur, lui c’est un médecin dont tout le monde, moi je le connais peu, et  ceux qui le connaissent bien disent que c’est vraiment pas quelqu’un à s’engager consciemment, volontairement, dans une action illégale. Il parait d’ailleurs qu’au Tchad il a une bonne réputation parce que c’est vraiment le médecin des pauvres, le médecin de tout le monde, il a soigné tous les gens qui étaient par là, et je pense qu’on a vu en tout cas sa bonne foi. En tout cas, j’espère qu’il sera libéré, et jugé s’il doit l’être, le plus tôt possible. Ils sont correctement traités mais c’est dur parce qu’on ne sait pas quand est-ce qu’ils en feront la fin. Et le fait classique chez Nicolas SARKOZY dans ce domaine comme dans d’autres c’est de surjouer, d’en fait trop, d’aller faire tout un cinéma pour aller ramener, entre guillemets des gens. C’est bien qu’il intervienne mais c’est pas la peine qu’il fasse du cinéma, c’est pas peine qu’il y aille un dimanche, c’est pas la peine qu’il braque les autorités tchadiennes, c’est pas la peine non plus par avance, « je vais aller chercher les autres », bref, comme d’habitude Nicolas SARKOZY en fait trop et ça n’aide pas la résolution du problème.

Olivier NAHUM
Et vous êtes en contact avec la femme du médecin qui vous donne des nouvelles ?

Jean-Louis BIANCO
Bien sûr, avec la femme du médecin et à travers les avocats avec le médecin. Ils sont correctement traités et il n’y a pas de raison de penser que la justice tchadienne par nature n’est pas capable d’être honnête et sérieuse. Ce sont des gens compétents. Le problème c’est qu’il y a un accord de coopération, ce que j’ai dit le premier jour à Rama YADE qui semblait le découvrir, qui permet une entente entre les magistrats et le gouvernement pour que le fait générateur ayant été commis en France ils soient jugés en France en liaison avec la justice tchadienne, et j’espère qu’on va y arriver. Olivier NAHUM
Et l’exécution de la peine s’ils sont condamnés finalement sur le territoire tchadien peut se faire en France ?

Jean-Louis BIANCO
Elle peut très bien se faire en France. L’accord de coopération ouvre des possibilités, c’est une question d’entente entre les juridictions et le gouvernement et j’espère qu’on y arrivera, encore une fois dans le respect des Tchadiens qui ont le sentiment, qu’on peut bien comprendre, que on les a pris pour une réserve d’enfants à emporter, entre guillemets, alors qu’ils n’étaient pas orphelins.

Olivier NAHUM
Jean-Louis BIANCO, on parlait de cette méthode SARKOZY à l’instant avec Denis JEAMBAR sur le front diplomatique. Justement, les propos qu’il a tenus en Algérie sur la colonisation, vous y souscrivez, vous y voyez un effet médiatique ?

Jean-Louis BIANCO
Je crois qu’il faudrait arriver enfin, c’est pas facile et c’est pas que le problème de Nicolas SARKOZY, à avoir une vision juste, une vision travaillée par les historiens, il y en a qui ont fait du travail, français et algériens. Moi, je crois que la première chose à faire ça été un peu commencé par des hommes comme Benjamin STORA, en France, c’est de faire ce qu’on a fait avec l’Allemagne, c’est qu’on écrive notre histoire commune, à nous, Français, Algériens, Marocains, Tunisiens et Africains, par des historiens des deux pays pour qu’on établisse ce qui s’est passé. Alors, moi, je n’aime pas trop non plus la repentance mais je me rappelle que le même Nicolas SARKOZY n’a pas hurlé quand des députés UMP, sous la précédente mandature, il était au gouvernement, nous ont dit, « il faut obliger les historiens à parler des aspects positifs de la colonisation ». Alors, bien sûr qu’il y en a eus, mais je crois que comme toujours il fait des embardées. Vous savez, il y a une maxime assez simple que Ségolène ROYAL aime citer qui vient d’un certain nombre de gens d’Europe du Nord, « quand on est dans l’opposition ou quand on est candidat, il faut se comporter comme si on était au pouvoir », ça veut dire ne pas dire des choses qu’on ne tiendra pas. Et quand on est au pouvoir, il faut se comporter comme si on était dans l’opposition, c’est-à-dire garder une vertu d’indignation. Sur les questions des droits de l’Homme, je ne comprends pas pourquoi Nicolas SARKOZY ne fait pas la même chose qu’Angela MERKEL. Il est possible de recevoir le Dalaï Lama, elle l’a fait, il est possible quand même de faire des contrats, elle l’a fait, pourquoi ne se met-il pas d’accord avec notre principal partenaire ?

Olivier NAHUM
Mais Jean-Louis BIANCO, évidemment, il y a ce livre de Ségolène ROYAL, « Ma plus belle histoire, c’est vous », on va en parler, mais si Ségolène ROYAL avait été élue ça veut dire qu’elle aurait une diplomatie plus, comment dirais-je, plus précise en matière de droits de l’Homme ? Vous pensez qu’elle aurait eu moins que vous appelez et ce que vous semblez, qu’on pourrait assimiler à la langue de bois, enfin en tout cas un discours plus réel et moins Quai d’Orsay ?

Jean-Louis BIANCO
Certainement ! Je la connais, je sais comment elle fonctionne, elle l’a d’ailleurs prouvé à plusieurs reprises mais je crois que la clé d’une politique des droits de l’Homme c’est de ne pas faire uniquement dans la proclamation ou dans la dénonciation. C’est pour ça qu’une politique qui concilie les intérêts nationaux qui sont légitimes et la défense des droits de l’Homme c’est une politique qui doit être autant que possible européenne, en tout cas franco-allemande. Et c’est ça la clé pour l’avenir, c’est qu’on ne soit pas uniquement dans des positions de concurrence en matière de marché et dans des positions de sous-enchère, j’allais dire, plutôt que de surenchère en matière de droits de l’Homme.

Olivier NAHUM
Et Ségolène ROYAL qui revient avec ce livre, ce matin beaucoup disent finalement qu’elle incarne cette tentation du centre au PS, c’est-à-dire que dans un registre plus franco-français, sur le long terme, c’est un Parti socialiste qui va rejoindre BAYROU ou pas ?

Jean-Louis BIANCO
C’est ridicule, mais bon, vous savez on le découvre, on le redécouvre, elle n’a pas que des amis dans les dirigeants socialistes. Olivier NAHUM
Il y a des strausskahniens, des fabusiens, dit-on.

Jean-Louis BIANCO
Oui, enfin, bon, les strausskhaniens sont pas très loin d’elle sur le fond.

Olivier NAHUM
Elle les traite de cerbères, visiblement.

Jean-Louis BIANCO
Pardon ?

Olivier NAHUM
Elle parle d’eux en termes de cerbères.

Jean-Louis BIANCO
Ah, elle parle d’un certain nombre de gens qui ne se sont pas comportés comme ils devraient, mais, bon, ce qui est important c’est l’avenir. Elle a dit sa vérité, c’était important quelle le fasse, à ma connaissance aucun candidat ou candidate n’a fait cet effort, cet exercice, c’est la première fois.  

Olivier NAHUM
La première fois, oui.

Jean-Louis BIANCO
Mais maintenant, parlons de l’avenir. C’est pas parce qu’elle a proposé à François BAYROU d’être Premier ministre que le seul horizon pour le PS c’est une alliance avec le centre. Ce qu’elle a expliqué dans son livre, ce qu’elle a réexpliqué encore hier soir au Théâtre du Rond Point, c’est qu’il faut qu’on fasse un dépassement, c’est-à-dire que on arrête de raisonner en disant, « on va élargir un peu la majorité –  enfin la minorité pour l’instant – d’un côté ou de l’autre », il faut qu’on arrive à créer une nouvelle synthèse qui n’est pas facile, mais tout n’est pas à jeter dans ce que dit Olivier BESANCENOT. Lorsqu’il a une révolte contre le démantèlement de la Sécurité Sociale, contre les franchises, on est d’accord. Par contre, quand il promet de raser gratis en faisant la semaine de 30 h tout de suite et 300 € tout de suite, on n’est pas d’accord. Mais il y aussi des choses sur lesquelles on est d’accord avec François BAYROU, on l’a bien vu dans le débat : l’Etat impartial, une partie de la dimension sociale, peut-être une partie de l’Europe en accentuant l’Europe sociale. Par contre, on n’a des désaccords économiques. Donc, je crois que la tâche des socialistes est de se rénover, est de tirer les leçons de ce qu’on n’a pas bien fait, et en même temps de provoquer et de proposer une nouvelle synthèse et un dépassement parce qu’on n’y arrivera pas à être majoritaire avec la gauche à 36 %. Donc, il faudra bien qu’en discute avec le centre, mais c’est pas une alliance principale, ni une alliance exclusive.

Olivier NAHUM
Alors, on continue de parler dans un instant avec vous de Ségolène ROYAL, Jean-Louis BIANCO. Et dans le livre d’ailleurs, Ségolène ROYAL dit que BAYROU c’est un peu « un amoureux qui a peur de la panne », on verra ce qu’il en est dans la réalité. FIN^

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Commentaires

Je vous apprécie beaucoup etvous attends l’année prochaine avec Ségolène.

Bonjour et merci pour votre soutien.
Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2008
Cordialement
Jean-Louis Bianco

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