Où implanter des panneaux photovoltaïques ?
À la suite du débat très intéressant qui s’est noué à la Chambre d’Agriculture, j’ai proposé que nous organisions, avec le Préfet et les agriculteurs, un travail en commun à partir de 4 orientations :
1/ Pour l’implantation de panneaux photovoltaïques sous la forme de fermes solaires, la priorité doit être donnée aux terres sans valeur agricole : réhabilitation d’anciennes décharges, terres incultes …
2/ Pour les installations de plus faible surface, de grandes possibilités existent sur les toits de fermes ou de hangars, d’entreprises industrielles, de bâtiments publics. Evidemment, cela doit être réalisé avec le souci d’une bonne intégration esthétique sur le bâtiment et dans son environnement. Le conseil général vient d’entreprendre à ce sujet une réflexion sur ses propres bâtiments.
Une fois que nous aurons tiré parti des ces deux possibilités, un potentiel important aura déjà pu être installé.
3/ De manière plus générale, nous devons veiller à préserver la qualité de nos bâtiments et de nos paysages.
4/ S’agissant des terres agricoles, l’État et le conseil général ont déjà précisé dans le document d’orientation rédigé en commun qu’il était exclu d’autoriser des installations photovoltaïques sur des terres ayant bénéficié de subventions publiques (remembrement, irrigation …).
Au delà, comme on l’a noté lors du débat à la chambre d’agriculture, la notion de « bonne » et de « mauvaise terre » n’est pas évidente sur un territoire comme le notre. C’est cela aussi que nous devrons préciser.
A l’issue de la réunion de la Chambre d’Agriculture, le Préfet m’a donné son accord sur cette démarche.
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Commentaires
Cher Bernard
Merci pour ton commentaire qui a retenu toute mon attention, aussi je souhaite t’apporter quelques éléments complémentaires.
Le contexte dans lequel s’est inscrite la démarche commune d’élaborer le document de recommandations relatif au développement des technologies utilisant le rayonnement solaire dans le département des AHP correspondait à une forte mobilisation des opérateurs sur notre territoire et l’absence de réglementation précise. Nous avons donc avec Mme la Préfète décidé d’élaborer ce document qui au delà du respect des règles d’urbanisme met également l’accent sur les enjeux agricoles et ruraux du département à savoir l’aptitude des sols au regard de la valeur agricole, des surfaces disposant d’une irrigation collective ou ayant bénéficié d’un aménagement foncier. La protection du patrimoine naturel et paysager faisant aussi partie des enjeux.
La Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement et l’ADEME font conduire actuellement une étude sur le potentiel photovoltaïque de l’ensemble du territoire régional à une échelle infra-départementale. Celle ci comprend :
Analyse des techniques et filières industrielles
Caractérisation du gisement solaire régional
Analyse économique
Analyse environnementale et sociétale
Déploiement territorial des typologies de projets
Proposition de scénarios
Les résultats sont attendus prochainement. Ils devraient poser les bases d’une réflexion sur le développement du photovoltaïque dans un contexte d’aménagement maîtrisé.
D’autre part comme tu le sais, un projet de décret est en cours d’élaboration. L’instruction administrative des projets (>250 kwc) nécessiterait l’obtention d’un PC pour les centrales, une étude d’impact et une enquête publique.
Bien à toi
Jean-Louis Bianco
Merci de l’intérêt que vous portez à la filière photovoltaïque. L’implantation des fermes ou centrales solaires photovoltaïques soulève beaucoup de questions, et les priorités que vous mentionnez semblent répondre aux attentes des populations.
je lis tous ces commentaires et me dis que l’on oublie les agriculteurs eux meme,je suis agriculteur en correze,ns constatons une baisse constante de nos revenus ,alors ,personnellement je me tourne vers une diversification,installer une ferme solaire sur un partie de la ferme ds un endroit approprié,pas de vis a vis,et bonne exposition .
Cela devient la seule possibilité pour nous de survivreds nos regions pauvres du centre,si on empeche toutes diversification (bien menée j’entends)possible pour pereniser ce qui reste d’agriculture,les nombreux touristes et residents occasionnels devront acheter des debroussailleuses aux sorties d’autoroutes !!!!!Je conseille a tout boursicoteur d’acheter des actions de la societé STILL !!!
la france etait un pays de liberté,elles nous abandonnent toutes et tous les jours.
Alrivie laurent
Bonjour Jean-Louis,
Je suis heureux d’apprendre que la doctrine en matière d’installation de fermes photovoltaïques a évolué dans un sens plus protecteur des terres agricoles mais comme tu le sais il reste encore beaucoup à faire (Puimichel n’étant qu’un exemple).
Tu sais aussi que j’ai initié la création d’un groupe de travail des socialistes (auquel je dois participer aux côtés de Massete et Morin) pour réfléchir à ces questions.
Il me semble d’ailleurs que les travaux que nous aurons à conduire pourraient notamment induire, peut-être de ta part(?), une proposition de loi visant à réguler la relation existant entre l’installation de ces fermes photovoltaïques (son développement nécessaire), le marché et l’aménagement du territoire (pour l’instant laissé à la pression des marchands).
Pour éclairer le débat et bien montrer qu’il ne s’agit pas d’un « tout contre », je prendrait deux analogies qui pourraient nous aider à réfléchir:
- celle de la création des zones d’entreprises. Le parallèle est clair: une ferme photovoltaïque modifie la destination d’un terrain agricole pour en faire un terrain à vocation industrielle. Dans le cas d’une ZAC les réglementations urbanistiques, économiques et paysagères sont importantes , le maître d’ouvrage est public et le privé n’intervient que dans ce cadre . Pourquoi ne pas prendre modèle sur ce type de démarche qui a l’avantage de permettre un développement économique dans un contexte de maîtrise de l’aménagement du territoire et d’éviter ainsi la main mise du seul marché?
- celle du 20% de logements sociaux par commune ou CC… qui pourrait servir de modèle à une répartition équilibrée sur le territoire des efforts en faveur de la production d’énergie renouvelables… Là encore il faut réfléchir.
Voilà. J’espère que nous pourrons ensemble faire avancer la réglementation dans le bon sens et éviter ainsi les installations anarchiques mais aussi les oppositions systématiques.
Bien à toi
Bernard YVES