Athènes avec Ségolène Royal par Jean-Louis Bianco
J’étais à Athènes de lundi à mercredi avec Ségolène Royal pour participer à une conférence organisée par les quotidiens El Pais (Espagne) et To Vima (Grèce) en partenariat avec Désirs d’Avenir.
J’ai eu plaisir à retrouver trois anciens Premiers Ministres, Felipe Gonzales, qui préside un groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe, Massimo d’Alema, l’ancien Ministre des Affaires Etrangères de Romano Prodi, et George Papandreou, président du Parti Socialiste grec (le PASOK) et aussi de l’Internationale Socialiste.
A priori, rien ne devrait être plus favorable aux gauches en Europe que la crise actuelle, qui provoque l’effondrement des dogmes libéraux et rouvre la voie à l’intervention publique et à la régulation. L’opportunité n’est pas de sauver le système mais de le transformer. L’Internationale Socialiste qui réunit 170 partis et participe à 50 gouvernements pourrait et devrait être le fer de lance de cette transformation.
Pourtant, sauf en Grèce, les perspectives électorales ne sont pas bonnes pour les forces de gauche en Europe.
Pourquoi ? Sans doute parce que se développe un populisme attrape-tout (Sarkozy, Berlusconi) appuyé sur les peurs et soutenu par un puissant système médiatique.
Sans doute aussi parce qu’une fois aux responsabilités, la gauche a parfois été trop sensible à la pensée unique, aux sirènes du marché.
Mais tout autant à cause de nos propres insuffisances, à commencer par l’enlisement des vieux appareils. Il nous manque une vision claire de l’avenir, illustrée par quelques mesures précises capables de répondre aux attentes des citoyens. Bref, il faut bâtir, ensemble, le socialisme de XXIème siècle. C’est possible et c’est urgent.
Comme j’interrogeais Massimo d’Alema sur les raisons de la popularité incroyable de Silvio Berlusconi, il m’a répondu que c’était un phénomène culturel plus qu’idéologique : image de protection, machisme méditerranéen, popularité appuyée sur les peurs (immigrés) … A cela s’ajoute bien entendu le contrôle des médias. Massimo d’Alema en plaisantant, ajoutait : « En Italie il y a deux presses : celle qui est à la botte du pouvoir et en dit du bien, et la presse critique qui critique l’opposition ! »
Comme je constatais que Felipe Gonzales fumait toujours ses gros cigares – la Grèce est plus tolérante que la France – il m’a répondu : « Tu sais la décomposition du système financier a commencé quand les banquiers ont renoncé à leurs gros cigares ! »
Plus sérieusement, j’ai été frappé par la convergence des propos de George Papandreou et de Ségolène Royal. La vraie révolution à bâtir, c’est de mettre partout le citoyen au premier rang, c’est la démocratie participative qui permet d’informer, de débattre et d’évaluer, parfois même de décider.
Sans démagogie. La décision finale doit être celle des élus qui ont à en rendre compte devant le peuple.
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