Questions d’actualité : La loi contre la négation du génocide arménien, le soutien d’Angela Merkel à Nicolas Sarkozy et l’IGS soupçonnée de dévoiement
Trois questions d’actualité, de La Provence, aux trois parlementaires du département. Voici les réponses de Jean-Louis Bianco
Avez-vous voté la loi contre la négation du génocide arménien et que pensez-vous de la saisine du conseil constitutionnel ?
J’avais voté en 2001 la loi sur la reconnaissance du génocide arménien. Un peu sous le coup de l’émotion. Mais, par la suite, je me suis interrogé sur le bien fondé des lois mémorielles. En ce qui concerne la loi sanctionnant la négation de ce génocide, je n’ai pas voté car je considère que c’est contre-productif. Il y a eu des évolutions courageuses en Turquie de la part d’historiens et de journalistes qui ont travaillé avec des Arméniens. C’est cela qu’il faut encourager quitte à mettre la pression sur le gouvernement turc qui, il est vrai, ne facilite pas les choses. Je n’ai pas signé la saisine du conseil constitutionnel mais je la comprends.
Angela Merkel s’invite dans la campagne présidentielle avant, peut être, de venir soutenir lorsqu’il se sera déclaré le candidat Nicolas Sarkozy dans ses meetings. Choquant ou évolution normale des relations politiques dans une Europe unie ?
Ça ne me choque pas parce qu’Angela Merkel est membre d’un parti de droite associé à l’UMP au sein de l’Europe. Qu’elle soutienne Nicolas Sarkozy, je peux le comprendre. En revanche, il y a toujours ce mélange des genres entre la fonction présidentielle et les opérations de politique intérieure. Je ne pense pas que ça servira Nicolas Sarkozy car les Français ne vont pas aimer que l’Allemagne nous dicte ce qu’on doit faire.
L’IGS soupçonnée de dévoiement de procédure à l’encontre d’officiers de police coupables de délit d’opinion : un livre « l’espion du président » dénonçant l’instrumentalisation de la DCRI au profit de l’Elysée ? Déstabilisation pré-électorale ou vrai retour à les œuvres de basse police ?
Ces affaires sortent par des enquêtes judiciaires ou journalistiques ; ce n’est donc pas une manœuvre de l’opposition. Il s’agit de suspicions graves sur le dévoiement de la police. Les écoutes des journalistes du Monde sont avérées. Il est clair qu’il y a une instrumentalisation par le pouvoir pour régler des comptes de politique politicienne alors que son rôle est d’assurer la sécurité du pays et des Français.
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Monsieur le député,
Je pense au contraire que cette loi n’est pas contre-productive, car elle contribuera à faire évoluer la société civile turque en encourageant une prise de conscience envers les pages douloureuse de l’histoire turque.
Car passée la colère suscitée par l’adoption de cette loi, le temps de réflexion viendra pour pousser les plus courageux de s’interroger d’avantage sur leur passé
C’est exactement ce qui s’est passé après l’adoption de la loi de 2001 sur la reconnaissance du génocide arménien.