Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
Merci d’être venus aussi nombreux au Conseil Général
pour cette cérémonie traditionnelle.
Mes vœux iront d’abord à chacune
et chacun d’entre vous : vœux de santé, de réussite
dans vos projets, de bonheur pour vous et pour votre famille.
A tous mes collègues élus, je souhaite
que cette année, malgré toutes les difficultés
présentes, vous apporte la joie de voir réalisés
les projets qui vous tiennent à cœur. Nous abordons cette
année avec volonté, confiance et sérénité.
Mon premier vœu sera, une fois
encore, pour l’emploi, toujours l’emploi :
que le chômage recule en 2006 dans notre département !
Nous dépendons évidemment de la situation nationale et
de la conjoncture internationale. Mais je suis convaincu qu’en
unissant nos efforts nous pouvons, tous ensemble, y parvenir. Sur les
six premiers mois de 2005, nous enregistrons une augmentation de près
de 10% des créations d’entreprises, alors qu’il y
a un recul aux niveaux régional et national. Le pacte pluriannuel
pour l’emploi adopté à l’unanimité
par le Conseil Général constituera un outil précieux.
Le plan de réindustrialisation d’Arkema
aussi, à la condition que l’Etat et TOTAL assument pleinement
leurs responsabilités, en promouvant chacun une implantation
industrielle significative au cours des prochains mois. Les
effets positifs d’ITER, eux, se manifesteront à
plus longue échéance. De ce point de vue, la décision
prise, à l’initiative de Michel Vauzelle, d’implanter
à Manosque « l’école internationale »
d’ITER (c'est-à-dire à la fois une école
élémentaire, un collège et un lycée) sera
un atout décisif pour le futur.
Dans l’immédiat, nous avons surtout à mieux coordonner
nos efforts, en particulier pour lutter contre
la spéculation foncière. L’égoïsme
conduirait à l’échec. Et il ne suffit pas de travailler
avec nos amis des départements voisins. C’est pourquoi
je mettrai en place dans les prochains mois, avec tous les partenaires
qui le souhaitent, un syndicat mixte « Réussir ITER »,
associant le Conseil Général, les communes et les forces
économiques du département.
2006 sera aussi une année décisive
pour l’IUT de Digne-les-Bains qui va emménager
dans ses nouveaux locaux. Chacun se rappelle l’ironie et le scepticisme
qui avaient accueilli cette initiative que j’ai lancée
en 1997. Aujourd’hui, l’IUT accueille
près de 300 étudiants, certains viennent même de
Chine, d’Inde, du Vietnam et d’Afrique !
Les formations sont adaptées aux réalités locales
tout en portant sur des créneaux professionnels
porteurs d’avenir : le génie biologique, la qualité
des produits, l’environnement, la gestion des petites entreprises.
Un troisième département consacré à la qualité
devrait ouvrir à la rentrée 2007. Depuis 2001 l’IUT
a établi des liens avec 150 entreprises qui accueillent et parfois
embauchent des stagiaires. Le développement de l’enseignement
supérieur et de la formation continue concerne aussi nos lycées,
Pierre-Gilles de Gennes, Alexandra David-Neel, Beau de Rochas ainsi
que le lycée agricole de Carmejane et le CFA René Villeneuve.
Au total, avec la future médiathèque,
c’est un véritable pôle de développement que
nous sommes en train de bâtir à Digne pour les emplois
de demain.
Je souhaiterais aussi que 2006 soit
une année décisive pour le désenclavement du département.
Hélas, nous répétons ce vœu d’année
en année et, comme sœur Anne, nous ne voyons rien venir
! Sur la liaison Sisteron-Grenoble, je le répète,
la question principale n’est pas de savoir par où il faut
passer mais qui va payer les 2 milliards 200 millions d’euros
nécessaires.
Je le dis au gouvernement, il n’est pas raisonnable de charger
encore la barque des Régions et des Départements, déjà
mis en difficulté par des transferts de charges effectués
sans transfert suffisant de ressources. C’est un paradoxe que
de demander aux Régions de cofinancer des autoroutes au moment
où l’Etat les privatise, se privant des bénéfices
futurs pour un gain de trésorerie à court terme.
Comme je n’ai pas beaucoup d’espoir
pour l’A51, je formulerai un vœu plus modeste, qui est en
même temps une revendication, une demande, une supplique : Monsieur
le Premier Ministre, au-delà du plan de réindustrialisation
d’Arkema et des bonnes paroles, prenez en charge l’antenne
Peyruis-Digne. Dix-neuf kilomètres, 70 millions d’euros
de plus que ce que vous aviez prévu, est-ce vraiment trop demander
à la solidarité nationale, pour un département
aussi durement touché ? Et combien cette décision serait
nécessaire pour mieux bénéficier des retombées
d’ITER ! J’ai un codicille à
ce voeu : n’oubliez pas la voie ferrée, amélioration
et électrification de la ligne du Val de Durance, connexion avec
le TGV, réouverture de la ligne Saint-Auban Digne !
J’en viens à mon dernier
vœu, et la réalisation de celui-là dépend
aussi de nous : réussir la décentralisation.
Bien sûr, même avec de la volonté, il y a là
un pari formidable, quand on voit l’insuffisance des ressources
transférées. Ce n’est pas moi, c’est M. Michel
BOUVARD, député UMP de la Savoie, qui parle de «
départements garrottés », dont celui des Alpes de
Haute Provence. Ce n’est pas moi, c’est M. Marc CENSI, Président
UMP de l’association des communautés de communes de France,
qui redoute « la mort des communautés de communes ».
C’est M. Gilles CARREZ, rapporteur UMP du budget qui dit que «
les conseils généraux sont très inquiets avec le
coût de la nouvelle prestation handicap ». C’est M.
Jacques PELISSARD, président de l’Association des Maires
de France, que nous avons reçu à Sisteron, et qui affirme
: « les collectivités locales n’ont pas à
être des variables d’ajustement des politiques fiscales
de l’Etat ».
Face à l’accumulation des
charges, le Conseil Général a pourtant décidé
de relever le défi.
Nous continuerons notre politique de soutien aux communes et aux communautés
de communes, aux associations.
Nous amplifierons notre effort pour la solidarité, pour les collèges
et pour les routes.
Et nous n’augmenterons pas les impôts ! Comment y arriverons
nous ? En maîtrisant nos dépenses de fonctionnement, avec
une croissance zéro pour 2006.
Mais, je vous le dis franchement, je ne sais pas si nous pourrons tenir
ce cap dans les années à venir.
En tout cas, le Conseil Général
va être amené à multiplier par deux ses effectifs,
passant de 450 à environ 1000 agents avec ceux venant de l’Etat.
Ce bouleversement s’accomplira, j’en ai pris l’engagement,
dans la transparence et la concertation. Nous prendrons le temps nécessaire
pour parvenir, chaque fois que possible, à des décisions
partagées.
Je note d’ailleurs que le dernier comité technique paritaire,
qui s’est tenu le 14 décembre dernier, a adopté
à l’unanimité le schéma d’organisation
proposé par le Conseil Général. Et je saisis cette
occasion pour dire au personnel du Conseil Général, au
nom de tous les élus, tout simplement merci. Merci pour votre
travail, votre compétence et votre engagement pour le service
public.
Notre objectif est clair : maintenir et améliorer
la qualité du service public au plus près des habitants.
A l’avenir, nous réaliserons une décentralisation
dans la décentralisation : près de 75 % des agents du
Conseil Général travailleront sur le terrain contre 25
% seulement au siège de Digne les Bains. J’aurai l’occasion
de présenter dans le détail ce schéma aux élus
d’ici la fin du premier trimestre 2006.
Mesdames et Messieurs, Chers Amis, n’ayons pas
peur de l’avenir. Beaucoup de nos concitoyens souffrent, et nous
pensons d’abord à eux. Les difficultés sont grandes.
Mais, si nous le voulons tous ensemble, l’avenir du département
est ouvert. Nous ne serons pas une réserve d’indiens :
nous serons une réserve d’espérance !
Jean-Louis Bianco
(5 janvier 2006)