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Jean-Louis Bianco est signataire
de l'appel des Elus contre le projet de loi Sarkozy pour un état
volontaire et solidaire dans les quartiers. |
CONTRE LE PROJET DE LOI SARKOZY Elus socialistes et républicains, nous condamnons avec force les violences urbaines et dans les territoires ruraux que nous vivons au quotidien aux côtés de la population et nous dénonçons la responsabilité du gouvernement dans cette situation. Un an après les émeutes dans les quartiers, rien ou presque n’a changé : abandon de la police de proximité, coupes sombres dans les crédits de la politique de la ville, fermetures de nombreux services publics, explosion de la précarité, renforcement des ghettos… Le bilan du ministre de l’Intérieur est sans appel : 27% de plus d’atteintes aux personnes depuis 2002 ! Face à son échec, Nicolas Sarkozy cherche la parade. Son projet de loi soi-disant dédié à « la prévention de la délinquance » n’a d’autre objectif que de stigmatiser un peu plus la jeunesse et de se défausser sur les maires de la responsabilité de l’insécurité qu’il n’a pas su enrayer. Nous dénonçons un texte d’opportunité électorale qui porte atteinte à la fonction de l’élu, aux libertés publiques et encourage le désengagement de l’Etat. Nous ne serons pas les premiers maillons de la chaîne pénale ni les « super-patrons » de la sécurité, et nous ne tiendrons pas des fichiers relatifs à des données confidentielles sur nos concitoyens. Si, depuis le gouvernement Jospin, nous assumons en responsabilité notre participation à la coordination de l’ensemble des acteurs de la prévention et de la sécurité, nous refusons de nous substituer à l’Etat en matière de police et de justice. Ce n’est pas notre conception du mandat. Nous n’acceptons pas d’être désignés, demain, comme responsables des problèmes de délinquance. Nous, élus socialistes et républicains, qui assumons au quotidien la médiation et l’exigence d’une présence forte du service public pour le bien être de tous dans les quartiers, demandons que l’Etat s’engage à assurer effectivement la prévention et la sécurité. Cela suppose, notamment, le rétablissement de la police de proximité en y mettant les moyens humains et les investissements nécessaires. Au-delà, nous sommes convaincus que seule la mise en œuvre d’une politique globale et durable dans les quartiers peut changer la donne. Face à l’insécurité sociale, il y urgence sociale ! Les réponses s’appellent l’emploi, l’éducation, le logement, la mixité sociale, l’accès aux services publics, la défense de la laïcité et la lutte contre les discriminations. Nous estimons que la question de la prévention de la délinquance mérite mieux qu’un texte bâclé, au service des seuls intérêts électoraux du candidat Sarkozy. Nous appelons solennellement l’ensemble des parlementaires saisis de ce texte à bien mesurer les conséquences de ce projet de loi, à entendre la voix des élus locaux et à rejeter ce texte inutile et dangereux.
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2006 |