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LA MATINALE / L'INVITE – Le 08/01/2007 – 07 :48
Invité : Jean-Louis BIANCO, co-directeur de campagne de Ségolène ROYAL

 

Bruce TOUSSAINT
D'ici à la politique avec Caroline ROUX, bonjour, Caroline !
Caroline ROUX
Bonjour !
Bruce TOUSSAINT
Et notre invité c'est Jean-Louis BIANCO.
Caroline ROUX
Jean-Louis BIANCO, co-directeur de campagne de Ségolène ROYAL. A cent jours de la présidentielle, les sondages la donnent gagnante mais son principal adversaire entre dans la course officiellement dimanche prochain, le duel annoncé va avoir lieu, en attendant Ségolène ROYAL fait le tour des proverbes chinois et poursuit son déplacement à Pékin. Bonjour, Jean-Louis BIANCO !
Jean-Louis BIANCO
Bonjour !

Bruce TOUSSAINT
Bonjour, merci d'être avec nous ce matin. Alors cette visite en Chine effectivement Ségolène ROYAL semble avoir découvert un ton plus diplomate, plus lisse, sans doute pour ne pas froisser les autorités chinoises ; c'est le métier qui rentre ?
Jean-Louis BIANCO
Pas plus diplomate et pas plus lisse, mais comme toujours avec elle original, c'est-à-dire qu'elle ne se contente pas de la litanie des droits de l'homme, il faut parler des droits de l'homme en Chine, comme partout ailleurs, mais d'une approche un peu nouvelle. D'abord elle s'intéresse aux journalistes et aux avocats, c'est-à-dire les moyens concrets d'avoir la liberté en Chine et surtout elle évoque la question des droits sociaux, qui sont en Chine encore faibles, et des droits environnementaux, parce que les Chinois se préoccupent de l'environnement. Donc elle voit l'ensemble des droits humains, c'est une approche nouvelle, mais avec Ségolène ROYAL on a très souvent des approches nouvelles.

Caroline ROUX
On a besoin d'une explication de texte parce qu'elle dit chaque fois que l'environnement progresse ce sont les droits sociaux et individuels qui progressent, c'est-à-dire qu'elle en fait un lien de cause à effet liant l'environnement aux droits de l'homme ; pour tout vous dire ce n'est pas très clair.
Jean-Louis BIANCO
Vous avez raison de dire qu'elle fait un lien nouveau. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si on veut que l'environnement progresse, il faut que les citoyens actifs, il faut qu'ils soient informés, il faut donc qu'ils aient une liberté d'information, qu'on ne cache pas les drames environnementaux qui existent en Chine comme ailleurs. Donc à partir des droits de l'environnement, on retrouve la liberté d'expression, on retrouve la liberté d'information.

Caroline ROUX
Ce n'est pas une façon de noyer le poisson ?
Jean-Louis BIANCO
Non. Vous savez quand elle demande des nouvelles très précises d'un certain nombre de gens, dont des avocats qui sont emprisonnés, dont des journalistes, je crois que c'est une manière de défendre la cause des droits de l'homme.

Caroline ROUX
Parce que c'est vrai qu'on l'avait connu beaucoup plus audacieuse sur le thème des droits de l'homme lorsqu'elle avait boycotté la venue du président chinois, qui était venu à Paris il y a trois ans, il était venu faire un discours à l'Assemblée nationale, elle avait boycotté ce discours…
Jean-Louis BIANCO
Comme l'ensemble du groupe socialiste ou la quasi-totalité du groupe.

Caroline ROUX
Quasi-totalité, il y en a qui étaient restés. On a l'impression qu'elle a découvert un peu la réelle politique.
Jean-Louis BIANCO
Non, ce n'est pas la réelle politique, simplement les choses bougent, même en Chine. La Chine a signé un certain nombre de conventions ratifiées, il faut qu'elle les mette en pratique. Les Chinois sont conscients du fait qu'il faut que les choses avancent, notamment avant les Jeux olympiques. Mais on peut dire les choses fermement, calmement, sans mettre son drapeau dans sa poche et sans arrogance.

Bruce TOUSSAINT
Au fond sans faire de langue de bois et je pense que personne n'est dupe, ce voyage c'est aussi une façon de montrer qu'elle a une stature internationale, qu'elle peut rencontrer des grands dirigeants internationaux, ce qui est nouveau pour elle, c'est-à-dire qu'on n'a pas l'habitude de la voir dans ce registre-là, c'est aussi le but de cette visite.
Jean-Louis BIANCO
Le but principal c'est de comprendre, de connaître des dirigeants avec qui elle aura sans doute à travailler et puis c'est d'aller là où il y a des difficultés. La Chine c'est une énorme puissance, c'est une opportunité comme elle l'a dit, ça fait peur, donc elle veut aller là où les choses sont importantes pour la France et pour les Français.

Caroline ROUX
Alors vous dites rencontrer les dirigeants, le problème c'est qu'elle ne les rencontre pas, elle ne rencontre pas le numéro un du régime chinois.
Jean-Louis BIANCO
Oui, elle ne rencontre pas le numéro un du régime chinois parce qu'elle n'est pas en situation de responsabilités au gouvernement, elle est dans un parti, elle rencontre le numéro deux. Mais, vous savez, les voyages à l'étranger ce n'est pas un concours de poignées de mains, ce qui compte c'est ce qu'on dit et qu'on se fait.

Bruce TOUSSAINT
Léon…
Léon MERCADET
Le Tibet, pas un mot sur le Tibet…
Jean-Louis BIANCO
Elle en a parlé, elle en parlera du Tibet parce qu'elle sait très bien que c'est une question grave, que les Chinois essaient de jouer sur le développement économique, mais qu'en même temps le Dalaï Lama qui ne demande pas l'indépendance du Tibet, qui demande simplement l'autonomie culturelle, jusqu'ici il n'a pas pu avoir de dialogue avec les Chinois et il faut que ce dialogue ait lieu.

Léon MERCADET
Qu'est-ce qu'elle pense du Dalaï Lama ; c'est un vieux réac religieux pour elle ou c'est un défenseur des droits humains ?
Jean-Louis BIANCO
C'est quelqu'un qui l'intéresse, elle l'a rencontré d'ailleurs, elle l'a reçu à Niort chez elle et il l'intéresse comme une personnalité de sagesse.

Caroline ROUX
Alors elle fait le déplacement avec son petit livre bleu des proverbes chinois…
Bruce TOUSSAINT
Ah oui, magnifique, hein !
Caroline ROUX
Et alors sur la Grande Muraille elle a inventé un mot, la " bravitude " ; alors vous qui la connaissez très bien expliquez-nous dans sa tête qu'est-ce que ça veut dire la " bravitude " et qu'elle est la différence avec la " bravoure " ?
Jean-Louis BIANCO
Voilà, c'est ce que tout le monde se demande, mais c'est une invention de Ségolène ROYAL. Je pense que ce qu'elle a voulu exprimer c'est la plénitude de la bravoure, en tout cas moi je ne lui ai pas demandé, c'est-à-dire quelque chose de plus que la simple bravoure mais au moins ça nous fait parler et ça attire l'attention sur un proverbe chinois.

Bruce TOUSSAINT
Et pourquoi ne pas dire tout simplement que c'est un lapsus, enfin une faute de français…
Jean-Louis BIANCO
Ce n'est pas un lapsus…

Bruce TOUSSAINT
Ça arrive à tout le monde d'avoir la langue qui fourche, ce n'est pas non plus dramatique, parce que de là à nous expliquer qu'elle invente un mot, non ce n'est pas…
Jean-Louis BIANCO
Ce n'est pas un lapsus. Vous savez, avec Ségolène ROYAL les mots qu'elle dit, même quand ils choquent…

Bruce TOUSSAINT
Alors c'est un barbarisme…
Jean-Louis BIANCO
Non, c'est un néologisme, c'est une invention, c'est de la création…

Léon MERCADET
Un nouveau mot.
Jean-Louis BIANCO
On a le droit d'inventer des mots !

Bruce TOUSSAINT
Oui ! Autant parler français !
Jean-Louis BIANCO
Mais c'est français, c'est français ! Vous avez à peu près compris ce que ça voulait dire d'ailleurs.

Caroline ROUX
Hier, Jack LANG expliquait…
Jean-Louis BIANCO
Ah ! Jack LANG était enthousiaste d'avoir cette création.

Caroline ROUX
Sur RTL que ça venait des jeux vidéo, donc on découvre que Ségolène ROYAL joue aux jeux vidéo. Alors à propos toujours de l'étranger il avait été question qu'elle fasse un déplacement aux Etats-Unis, est-ce qu'elle va le faire, quand et est-ce qu'elle rencontrera George BUSH ?
Jean-Louis BIANCO
Il en est toujours question, mais rien n'est décidé. Elle attend de voir quel est le programme qui peut être fait et puis aussi son agenda international, parce qu'elle est invitée partout, la campagne se fait quand même en France, donc il faudra choisir. Donc le voyage est possible, mais pas décidé.

Caroline ROUX
Ce n'est pas une priorité d'aller aux Etats-Unis avant…
Jean-Louis BIANCO
C'est important, mais ce n'est pas une priorité.

Bruce TOUSSAINT
Est-ce que le problème c'est que Nicolas SARKOZY a été reçu par George BUSH il y a quelques semaines et qu'elle n'est pas certaine d'être reçue par le président, on pourrait imaginer qu'il y a un décalage…
Léon MERCADET
Il y a aussi un problème, c'est qu'on a critiqué SARKO de serrer la main à BUSH, alors…
Jean-Louis BIANCO
Non, non, elle n'est pas préoccupée, comme je vous le disais, qui aura la poignée de mains avec le plus grand nombre de dirigeants. Et après tout vu ce que nous la gauche, nous les socialistes, on pense de la politique de George BUSH je ne crois pas que ce soit vraiment une priorité d'aller serrer la main de George BUSH.

Léon MERCADET
De Nancy PELOSI peut-être ?
Jean-Louis BIANCO
Ah oui, ça bien sûr !

Léon MERCADET
Ou d'Hillary.
Jean-Louis BIANCO
Ou d'Hillary.

Bruce TOUSSAINT
Nouvelle représentante des démocrates.
Caroline ROUX
Alors un mot sur Nicolas SARKOZY justement. Le congrès d'investiture c'est dimanche prochain, est-ce que ça change quelque chose pour la candidate ROYAL, est-ce qu'elle se prépare, est-ce que vous considérez que ce congrès est un événement dans la campagne ?
Jean-Louis BIANCO
Je crois que ni pour les Français, ni pour nous c'est un événement. Ça fait des mois et des mois qu'on sait que SARKOZY sera candidat, il va être candidat, il va faire une grande messe, il sera candidat. Je ne crois pas que ça change quoi que soit aux données de la campagne et les Français s'interrogent plutôt, je pense, à ce que les uns et les autres disent, à ce qu'ils veulent faire, qu'à un rite d'investiture…

Bruce TOUSSAINT
Justement il va en profiter pour dire des choses…
Jean-Louis BIANCO
C'est très bien, c'est son droit le plus strict !

Bruce TOUSSAINT
Il va en profiter pour annoncer une partie de son programme…
Caroline ROUX
Vous laissez entendre que Ségolène ROYAL ne se positionne pas par rapport à Nicolas SARKOZY, c'est ça ?
Jean-Louis BIANCO
Non, elle se positionne par rapport à elle-même, comme elle dit elle trace sa route.

Caroline ROUX
Alors est-ce que vous êtes d'accord, encore une fois, avec Nicolas SARKOZY qui disait à son retour de Corse que les Français attendaient le match Ségolène ROYAL/Nicolas SARKOZY ?
Jean-Louis BIANCO
Non, je ne suis pas du tout d'accord, je crois que cette espèce de présomption, de préempter le débat, de faire comme s'il n'y avait que deux candidats n'est pas très, comment dirais-je ; très correct par rapport à la démocratie. Les Français ont bien le droit de voter pour qui ils veulent, y compris d'autres candidats que les deux qui sont en tête.

Caroline ROUX
Vous avez encore un doute sur le nom de l'adversaire de Ségolène ROYAL ?
Jean-Louis BIANCO
Ah non aucun doute sur qui risque d'être au second tour, mais il y a un premier tour et il y a des candidats qui sont respectables et qui ont le droit d'exister et de s'exprimer. Je crois qu'au contraire quand on … de faire cette focalisation ça peut finir par énerver les gens. Encore une fois, chacun doit être…

Caroline ROUX
Mais comment faire autrement, comment faire autrement, je veux dire la focalisation elle existe.
Jean-Louis BIANCO
Car on n'est pas obligé de dire que les Français attendent un duel SARKOZY/Ségolène ROYAL, les Français attendent quelqu'un, une femme, un homme qui leur permette de reprendre confiance dans l'avenir.


Bruce TOUSSAINT
Mais c'est quand même tout bénef pour vous cette bipolarisation, il faut mieux qu'il y ait cet affrontement entre deux candidats puisque l'un des deux candidats est votre candidate qu'un éparpillement, c'est quand même plus intéressant stratégiquement…
Jean-Louis BIANCO
Je ne crois pas. Je crois que ce qu'il faut c'est faire la différence sur les propositions, peu importe le nombre de candidats et peu importe la polarisation sur les deux candidats, comme vous dites.

Caroline ROUX
Un mot sur les sondages peut-être, les sondages qui sont très bons en ce début d'année pour Ségolène ROYAL ; est-ce que vous en tirez des leçons, c'est-à-dire ne rien changer, continuer sur le même rythme ?
Jean-Louis BIANCO
Non, non, non, c'est agréable quand les sondages sont bons, on sait que dans une campagne ça peut monter et descendre, donc il faut aussi savoir que ça peut arriver, qu'il peut y avoir des trous d'air, comme on dit. Non, la seule leçon qui est importante c'est de voir que le phénomène d'attraction, la force que Ségolène ROYAL a, le contact qu'elle a avec les gens se poursuit et dans la quasi-totalité des catégories et que pour la première fois depuis très longtemps les ouvriers, les employés, en plus des jeunes, commencent peut-être à reprendre espoir dans la gauche et dans la politique, c'est ça qui est important.

Bruce TOUSSAINT
La campagne va démarrer là…
Jean-Louis BIANCO
Elle a en fait déjà démarré…

Bruce TOUSSAINT
Oui, mais la vraie campagne, celle où va vraiment va se décider le vote…
Jean-Louis BIANCO
C'est le 14 janvier !

Bruce TOUSSAINT
Oui, à partir de mi-janvier ; elle va ressembler à quoi cette campagne de votre côté, vous qui êtes le co-directeur de campagne. Alors on a entendu en fin d'année dernière Ségolène ROYAL dire je vais prendre en compte l'avis des Français, ils vont participer pleinement à cette campagne ; concrètement ça va donner quoi ?
Jean-Louis BIANCO
C'est bien ce qu'elle fait, il y a des centaines de débats participatifs qui existent, d'ailleurs il n'y a pas seulement les comités " Désir d'avenir " que Ségolène ROYAL a lancé, mais aussi le Parti socialiste qui est en train, d'abord qui l'a déjà fait un peu dans le passé, de changer de culture, et elle intègre ça. Vous savez vu ses propositions des vœux, c'est des choses qui étaient en partie dans le projet socialiste, en partie qui sont ses propres idées et en partie qui sont des remontées du terrain. C'est tout à fait intéressant de voir et on va le formaliser, on va en rendre compte combien les gens sont capables de donner des réponses et…
Bruce TOUSSAINT

Ça va être concret ou ça va juste être…
Jean-Louis BIANCO
Ça va être tout à fait concret.

Caroline ROUX
Vous pouvez nous donner une idée, quelque chose qui est remonté, voilà, parce qu'à vrai dire on a…
Jean-Louis BIANCO
Par exemple, elle a lancé ce thème de la démocratie sociale, c'est vrai qu'on a en France des syndicats qui sont faibles et peu de dialogue social, donc comment est-ce qu'on peut faire pour que tout ne vienne pas par en haut, que tout ne vienne pas par la loi ? Et ce qui est étonnant c'est de voir que dans beaucoup d'endroits en France vous trouvez des patrons qui considèrent que les syndicats ce n'est pas l'ennemi et qu'un bon climat social dans l'entreprise c'est un atout de productivité et des syndicats qui considèrent que l'entreprise ça crée des richesses. Il y en a beaucoup plus qu'on ne pense qui dialoguent ensemble et qui discutent ensemble, ça c'est un phénomène nouveau.

Caroline ROUX
Et qu'est-ce que ça donne dans un programme, dans une plate-forme présidentielle ça ?
Jean-Louis BIANCO
Ça donne des idées précises sur comment les syndicats peuvent faire fonctionner l'entreprise et ne pas être toujours les ennemis du patrons, en tout cas n'avoir pas seulement cette approche-là.

Caroline ROUX
Parce que ce qui est un peu déstabilisant pour nous c'est que vous parlez de démocratie participative etc et, par exemple, Ségolène ROYAL, lors de ses vœux, arrive un programme clé en main pour le logement, donc on se dit où est la démocratie participative, est-ce que ce n'est pas de l'habillage un peu pendant sa campagne ?
Jean-Louis BIANCO
Non, avec elle ce n'est pas de l'habillage, elle a déjà participé à un débat à Strasbourg, elle va en faire trois autres, et c'est au contraire ces éléments-là qui nourrissent sa pensée et sa réflexion. Par exemple, sur les prêts à taux zéro pour les jeunes c'est quelque chose qui est revenu des débats participatifs ; on veut avoir quelque chose pour pouvoir démarrer dans la vie active.

Léon MERCADET
Les prêts à taux zéro c'est 10.000 euros par jeune à dix-huit ans, c'est ça ?
Jean-Louis BIANCO
C'est ça.

Bruce TOUSSAINT
Et le bouquin qu'elle doit sortir depuis des mois, qui est le livre qui doit être son programme, " Désir d'avenir ", le fruit de tous ces mails, de toutes ces discussions, de tous ces forums sur son site Internet, mais il arrive quand ce livre ?
Jean-Louis BIANCO
Mais ce n'est pas fini les débats…

Bruce TOUSSAINT
Il arrivera avant l'élection présidentielle ?

Jean-Louis BIANCO
Oui, quand même ! Il arrivera à son heure.

Caroline ROUX
En février ?
Jean-Louis BIANCO
Je ne sais pas.

Bruce TOUSSAINT
Vous ne savez pas ?
Jean-Louis BIANCO
Non !

Caroline ROUX
Vous n'êtes pas inquiet ? !
Jean-Louis BIANCO
Oh ! Pas du tout, non. On va voir comment se déroule la campagne, on va voir ce qui ressort des débats participatifs et on verra le bon moment.

Bruce TOUSSAINT
Un mot quand même sur le logement, qui est le grand débat de ce début d'année…
Caroline ROUX
Hier, le Premier ministre a qualifié de " sottise ", " d'idée jetée en l'air qui ne retombera jamais ", l'idée de Ségolène ROYAL de réquisitionner des logements qui seraient restés vacants plus de deux ans ; qu'est-ce que vous lui répondez ?
Jean-Louis BIANCO
D'abord vous avez remarqué que le débat s'ordonne généralement autour des propositions de Ségolène ROYAL, ce qui est intéressant parce que quand elle dit quelque chose ça fait la différence.

Caroline ROUX
Ce n'est pas tout à fait juste.
Jean-Louis BIANCO
Si !

Caroline ROUX
Ça s'oriente autour des propositions et du débat lancé par les " Enfants de Don Quichotte ".
Jean-Louis BIANCO
Là ce que vous me citez, qui est un propos du Premier ministre, c'est bien à partir d'un propos de Ségolène ROYAL.

Bruce TOUSSAINT
Alors c'est une sottise ?
Jean-Louis BIANCO
Mais, non, ce n'est pas une sottise ! Comment croire que c'est une sottise quand il y a des dizaines de milliers de logements vacants, certains à usage spéculatif, c'est bien pour ça qu'on a parlé de logements vacants spéculatifs, dans certains cas il y a des problèmes de copropriété, d'indivision et qu'en même temps il y a des gens qui couchent dans la rue. De ne pas permettre à des collectivités locales, à des communes, à des groupements de communes de pouvoir acheter pour louer ce n'est pas une sottise, c'est simplement la justice.

Léon MERCADET
Oui, mais comment savoir faire la différence après entre un logement qui serait spéculatif et un logement que des gens garderaient pour quand leurs enfants sont majoritaires, ça va être une démocratie de flicage…
Jean-Louis BIANCO
Non, il faut que la loi définisse précisément ce que c'est que spéculatif, il y a des cas évidents, il y a des cas évidents où on attend pendant six mois un an parce qu'on va loger ses enfants et des cas où ça dure depuis des années et on refuse de mettre sur le marché.

Bruce TOUSSAINT
Alors nous passons très vite au " J'aime, j'aime pas ", le principe est simple ; Jean-Louis BIANCO, vous répondez par j'aime ou j'aime pas aux propositions suivantes.
Caroline ROUX
Alors " J'aime, j'aime pas " Nicolas HULOT crédité de 11 % dans le sondage IFOP/JDD ?
Jean-Louis BIANCO
J'aime parce que Nicolas HULOT représente une vraie force de propositions.

Caroline ROUX
Donc vous souhaitez qu'il soit candidat.
Jean-Louis BIANCO
Non, mais j'aime qu'il soit fort dans l'opinion.

Bruce TOUSSAINT
" J'aime, j'aime pas " le marathon des vœux ?
Jean-Louis BIANCO
J'aime pas, je trouve ça profondément ennuyeux.

Bruce TOUSSAINT
Bon !
Caroline ROUX
" J'aime, j'aime pas " Jean-Louis DEBRÉ futur président du Conseil constitutionnel ?
Bruce TOUSSAINT
Hypothèse de plus en plus probable…
Jean-Louis BIANCO
Je ne sais pas comment vous répondre, je dirais que c'est son problème mais pourquoi pas ?

Caroline ROUX
Ça vous pose, enfin oui…
Jean-Louis BIANCO
Non, ça ne me pose aucun problème, mais c'est vraiment le problème de Jean-Louis DEBRÉ et de la majorité.

Caroline ROUX
Enfin " J'aime, j'aime pas ", un petit dernier, le conseil d'orientation des retraites qui préconise d'allonger la durée de cotisations aux régimes spéciaux de retraites ?

Jean-Louis BIANCO
Il ne dit pas que ça et je ne crois pas que l'allongement de la durée de cotisations soit le seul élément pour résoudre le problème des retraites, la seule manière de s'en sortir c'est d'engager une négociation avec toutes les parties prenantes, pas de proclamer à l'avance des choses, d'essayer de faire en sorte qu'on ait l'adhésion des syndicats là-dessus.

Bruce TOUSSAINT
Merci, Jean-Louis BIANCO, on vous souhaite beaucoup de " bravitude " pour cette journée…
Caroline ROUX
Merci.
Jean-Louis BIANCO
Merci, on n'en manque pas ! Avec Ségolène ROYAL on n'en manque pas !
Bruce TOUSSAINT
Bonne journée !
Jean-Louis BIANCO
Bonne journée !
Bruce TOUSSAINT
Merci, Caroline et Léon. FIN+

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2007