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Europe 1 - Le grand rendez-vous- 28/01/2007 - 18:10
Invité : Jean-Louis BIANCO, co-directeur de campagne
de Ségolène ROYAL Ecoutez le podcast sur le site Europe 1
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le podcast sur le site Europe 1 JEAN-LOUIS BIANCO JEAN-PIERRE ELKABBACH JEAN-LOUIS BIANCO Bien sûr ! JEAN-LOUIS BIANCO Au fait qu'on a choisi deux types de campagne complètement différent. Il y a une campagne qui commence par en haut, par ce fameux sacre à 4 millions d'euros, avec un retentissement médiatique exceptionnel, et qui assène des vérités. JEAN-PIERRE ELKABBACH A 4 millions d'euros, qu'est-ce que cela veut dire ? JEAN-LOUIS BIANCO Cela a coûté 3,5 millions, 4 millions d'euros, non ? … JEAN- PIERRE ELKABBACH … Ah… Pas au PS ! … JEAN-LOUIS BIANCO Non ! Le sacre de SARKOZY, cela n'a pas coûté cela ? JEAN- PIERRE ELKABBACH Ah oui ! C'est ce que vous vouliez dire, oui, oui… Mais je pensais qu'elle avait eu aussi droit à son sacre… JEAN-LOUIS BIANCO Non ! … JEAN-PIERRE ELKABBACH Après avoir gagné les trois débats… JEAN-LOUIS BIANCO Il y a deux choses différentes. A l'UMP, il y a un sacre, et chez nous, il y a un débat et il y a un vote. Donc… JEAN-PIERRE ELKABBACH D'un côté, la démocratie, du reste, l'empire, NAPOLEON, BONAPARTE… JEAN-LOUIS BIANCO Non ! Pas l'empire mais une forme de plébiscite, on va dire. En tout cas, déferlement médiatique, campagne accédée (phon) d'en haut, nous, c'est vrai que cela se voit moins. Cela voit plus dans la presse de province, parce qu'il y a 2.500 débats qui ont eu lieu, tous les jours, des gens qui travaillent, qui débattent, qui ne sont pas seulement des gens du Parti socialiste. Donc, ce n'est pas du tout anormal que cela ne soit pas vu, que cela ne soit pas ressenti ! Ce qui compte, c'est le résultat des courses à l'arrivée. JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais vous allez nous expliquer tout à l'heure, aux uns et aux autres ce que sont les débats participatifs, un peu dans le détail, mais vous êtes lucide et réaliste. D'ailleurs, vous n'avez pas nié qu'il y a un passage à vide… JEAN-LOUIS BIANCO Je ne sais pas s'il y a un passage à vide. Il y a un passage à vide médiatique. Il y a un passage à vide dans le jugement que portent un certain nombre d'observateurs. Moi, quand je vais sur le terrain, je vois des gens toujours aussi confiants, toujours aussi enthousiastes, et regardez les Antilles… JEAN-PIERRE ELKABBACH Oui… JEAN-LOUIS BIANCO Non mais attendez, c'est quand même… JEAN-PIERRE ELKABBACH On va en parler… On va en parler… JEAN-LOUIS BIANCO … C'est quand même un climat exceptionnel. Donc, ce que je vois sur le terrain, ce n'est pas le passage à vide que certains voient à Paris. PHILIPPE DESSAINT Et lorsque l'on rapporte ce qu'il est convenu d'appeler les " gaffes ", par exemple, la dernière en date sur le Québec, est-ce que vous vous dites " finalement, l'improvisation, parfois, est mauvaise conseillère " ? Est-ce qu'il y a des réponses qui ont été apportées qui, finalement, nuisent à la crédibilité ? JEAN-LOUIS BIANCO Je crois qu'il faut prendre les choses avec précision. Qu'est-ce qu'elle a dit sur le Québec ? Qu'elle avait de la sympathie pour la souveraineté du Québec. C'est un crime absolu ! Il n'y a pas un Français qui n'ait pas de la sympathie pour la souveraineté du Québec. C'est un grand classique ! Quand le Général DE GAULE – lui, alors, c'est la " méga gaffe " ! – nous dit : " Vive le Québec libre ", tout le monde ne dit pas qu'il est incompétent, pas formé, par préparé ! JEAN-PIERRE ELKABBACH C'est dommage que vous n'ayez pas lu, toujours dans LE PARISIEN dimanche… JEAN-LOUIS BIANCO Ah ! Je n'ai pas tout lu dans LE PARISIEN, dites-moi, Jean-Pierre… JEAN-PIERRE ELKABBACH Le correspondant à Paris de la presse de Montréal, qui s'appelle Louis-Bernard ROBITAILLE que je ne connais pas… JEAN-LOUIS BIANCO Moi non plus… JEAN-PIERRE ELKABBACH Il dit : " C'est ignorer que dans le contexte canadien, parler de souveraineté, etc., cela veut dire " je souhaite la sécession du Québec "… " JEAN-LOUIS BIANCO " Souveraineté " ne veut pas dire " sécession ", les mots ont un sens, en français. " Souveraineté " ne veut pas dire " indépendance " ! JOURNALISTE Mais là-bas, ils traduisent comme cela… JEAN-LOUIS BIANCO Pas tous ! Pas tous… Je crois qu'elle a sa liberté de parole. Elle n'exerce pas la diplomatie et elle n'exercera pas la fonction présidentielle en récitant la langue de bois diplomatique. Elle a cette capacité extraordinaire à faire bouger les lignes en disant les choses comme elles sont. Donc, ce n'est pas une gaffe, c'est une vérité. PHILIPPE DESSSAINT Donc, c'est assumé… JEAN-LOUIS BIANCO Mais bien sûr ! PHILIPPE DESSAINT … C'était réfléchi, c'était voulu, elle le redirait ? JEAN-LOUIS BIANCO Mais bien sûr qu'elle le redirait ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Elle ne le retirerait pas, non… JEAN-LOUIS BIANCO Non, ce n'est pas son genre, de toute manière… PHILIPPE DESSAINT Et alors le comparatif avec la Corse, c'est une gaffe dans la gaffe ? JEAN-LOUIS BIANCO Alors le comparatif avec la Corse, c'est un piège d'un imitateur qui… JEAN-PIERRE ELKABBACH On déplore, moi je déplore la méthode, en tout cas, en tout cas, mais enfin c'est un fait. JEAN-LOUIS BIANCO Oui, qu'il a enregistré. Qu'est-ce qu'elle a dit, là encore ? Il faut toujours partir des faits, partir des mots, et pas de l'image globale… PHILIPPE DESSAINT Les Français ne seraient pas contre… JEAN-LOUIS BIANCO … Elle a dit… L'imitateur lui a dit : " Mais c'est comme si on vous disait qu'on veut l'indépendance de la Corse ", elle a dit une chose que j'entends tous les jours dans la rue : " si on faisait un référendum sur le continent, il y en a pas mal qui serait pour l'indépendance de la Corse " ; pas les Corses, la majorité d'entre eux ne veulent pas l'indépendance. Donc, elle dit des choses qui sont simplement vraies, elle n'est pas dans les canons de la langue de bois officielle… JEAN-PIERRE ELKABBACH C'est-à-dire que si elle est présidente de la République, elle va tout le temps parler comme la rue… JEAN-LOUIS BIANCO Elle ne va pas parler comme la rue, elle a… JEAN-PIERRE ELKABBACH … Elle ne montrera jamais la voie, elle parlera comme la rue… JEAN-LOUIS BIANCO Quand elle parle de l'Europe, elle montre la voie ; quand elle veut une Europe par la preuve, elle montre la voie ; quand elle rencontre les chefs d'Etat et de gouvernements étrangers, qu'elle construit avec eux l'Europe de demain, elle montre la voie. JEAN-PIERRE ELKABBACH Sur la Corse, attendez, sur la Corse, quelle est vraiment, finalement, la position ? Est-ce que vous choisissez le statut quo ou, à terme, l'autonomie de la Corse ? JEAN-LOUIS BIANCO La position qu'elle a exprimée, publiquement, à plusieurs reprises… JEAN-PIERRE ELKABBACH Non mais la vôtre, celle qui va… JEAN-LOUIS BIANCO C'est la mienne aussi ! Mais la sienne, c'est encore mieux, c'est de dire " on ne va pas faire le 25ème bricolage institutionnel. Tous les ans ou tous les deux ans, on fait un nouveau statut, de nouvelles règles, de nouvelles assemblées, cela n'a aucun intérêt. Le seul intérêt qu'il y a, c'est que les handicaps de la Corse soient compensés et qu'on tire enfin partie de ce formidable potentiel de cette culture, de ce peuple, de cette civilisation ". Elle regarde la Corse en avant, pour le développement économique, pour le développement culturel, et pas en arrière, sur les bricolages institutionnels. VINCENT GIRET Jean-Louis BIANCO, Ségolène ROYAL a manqué aussi de précisions sur les questions qui touchent les domaines régaliens, par exemple la Défense, les sous-marins nucléaires… JEAN-LOUIS BIANCO Ah ! … Alors… VINCENT GIRET Est-ce que… On se pose tout de suite cette question : est-ce que, finalement, elle était prête pour le combat qui vient ? JEAN-LOUIS BIANCO Elle est… Prête, mais là aussi, partons du fait et du mot. Elle est interrogée sur : combien y a-t-il de sous-marins nucléaires… JEAN-PIERRE ELKABBACH Lanceurs d'engins… JEAN-LOUIS BIANCO Combien il y en a ? " Un ", a-t-elle répondu. Eh bien, Jean-Pierre ELKABBACH, figurez-vous qu'elle a raison ! Parce qu'il y a quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins mais pour qu'il y en ait toujours un à la mer ; ce qui compte, en matière de dissuasion, c'est d'avoir une force constamment disponible et en plus… JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais… La question… JOURNALISTE C'est de la rhétorique ! JEAN-LOUIS BIANCO Ce n'est pas de la rhétorique. JEAN-PIERRE ELKABBACH Oh… JEAN-LOUIS BIANCO … Et en plus, est-ce que vous croyez qu'on
attend d'un général, d'un commandant en chef qu'il connaît
le nombre de boutons de Gretz (phon), JEAN-PIERRE ELKABBACH Non, mais ça va être intéressant de l'entendre puisque, dans quelques jours, elle va parler de la Défense, et le texte aura été préparé, écrit… JEAN-LOUIS BIANCO Elle travaille avec des généraux ! Elle travaille avec des militaires ! On a beaucoup d'anciens militaires de la Défense qui travaillent avec elle ! Rassurez-vous, elle est au niveau, elle le montrera. PHILIPPE DESSAINT A propos de toutes ces questions, est-ce que vous dites, finalement, c'est le milieu…. Le microcosme, comme on dit, ou comme disaient d'autres, qui finalement surjoue, fait semblant d'interpréter ? Ou est-ce qu'il y a quand même des choses que vous regrettez qu'elle ait dites ? JEAN-LOUIS BIANCO Ce n'est pas le microcosme, c'est une campagne organisée. " La meute " de l'UMP est prête à relever quelque chose. Gérald DAHAN, que je sache, d'ailleurs, a participé à des meetings politiques qui n'étaient pas socialistes ; donc, j'attends qu'il fasse le même genre de piège et qu'il fasse le même genre de publication avec d'autres candidats. Mais à chaque fois qu'il y a quelque chose comme cela, on prend une petite phrase, qui en effet peut surprendre, on dit " c'est la gaffe ", et alors le candidat sortant – je veux dire, le candidat de l'UMP – dit " Moi, je suis très digne " et aux autres " Allez-y ! Allez-y ! Cognez ! "… Voilà… Cela marche un peu ; en tout cas, sur le microcosme. JEAN-PIERRE ELKABBACH Est-ce que vous êtes satisfait, vraiment, pleinement, de la campagne actuelle ? Vous, vous… JEAN-LOUIS BIANCO Je suis satisfait de la… Oui, oui, " moi, moi ", (Rire)…
JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous la dirigez, vous l'organisez… JEAN-LOUIS BIANCO Je la dirige, oui… La campagne actuelle, elle se fait sur le terrain, donc je ne la dirige qu'en partie. Je suis satisfait parce que je vous dis, je vois cette force qui reste intacte sur les territoires. Et je vois ce que cela peut donner. Je commence à le pressentir. Donc, je suis satisfait de cela. Quand on a un cap, quand on y croit, quand les gens vous disent, comme encore hier dans la rue, " il faut tenir ", j'ai confiance. JEAN-PIERRE ELKABBACH Vincent GIRET… VINCENT GIRET Quand même, Jean-Louis BORLOO, il y a eu… JEAN-LOUIS BIANCO Jean-Louis BIANCO, pas BORLOO… VINCENT GIRET Oui, pardon, Jean-Louis BIANCO… JEAN-LOUIS BIANCO
VINCENT GIRET
JEAN-PIERRE ELKABBACH VINCENT GIRET Voilà, il y a eu une phase où Ségolène ROYAL était très en phase dans les sondages, une phase assez longue d'ailleurs ; et puis il y a une seconde phase, il y a eu six sondages de suite où elle est aujourd'hui, dans ces sondages-là, battue au second tour par Nicolas SARKOZY. Est-ce que, quand même, cela n'interroge pas la méthode de Ségolène ROYAL ? JEAN-LOUIS BIANCO Non parce que six sondages de suite et six instituts de sondage différents, qui mesurent à peu près la même époque sur une semaine et dix jours, la même situation : l'état de l'opinion est en effet, que Nicolas SARKOZY est devant Ségolène ROYAL. L'état de l'opinion, pour autant qu'on puisse le mesurer, est bien à 52 – 48 sur un deuxième tour. Mais dans les mois passés, il y a eu des 50-50 ! Il y a eu des 52-48 pour Ségolène ROYAL ! Il y a eu des 52-48 pour Nicolas SARKOZY ! On est à un moment où il est devant. Il y a des moments où il a été derrière. Il y a des moments où il sera à nouveau derrière, mais je vous répète, ce qui est intéressant, c'est de savoir comment il sera au mois de mai ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Remarquez, nous ne sommes pas surpris parce que Jean-Louis BIANCO a réponse à tout et tout est bien… JEAN-LOUIS BIANCO Quand on croit à quelque chose, on a réponse à tout, Jean-Pierre ELKABBACH ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Non mais tout est bien, tout est bien ! Vous arrivez même à… En passant derrière, à expliquer… JEAN-LOUIS BIANCO Tout n'est pas bien, tout est normal, tout est normal. JEAN-PIERRE ELKABBACH …Mais par exemple tenez… JEAN-LOUIS BIANCO Quand il y a cette campagne, quand il y a cet effet médiatique, c'est normal que Nicolas SARKOZY soit devant ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Par exemple, aux Antilles… Mais pourquoi vous dites " campagne médiatique " ? On ne fait qu'analyser, par exemple, une déclaration… JEAN-LOUIS BIANCO
JEAN-PIERRE ELKABBACH JEAN-LOUIS BIANCO La loi qui veut enseigner les bienfaits du colonialisme. C'est une loi qui a été votée par l'UMP. Et cette loi, telle qu'elle est formulée, est une insulte à la mémoire de gens qui ont souffert de la colonisation ! Même si tout n'a pas été négatif dans la colonisation ! Voilà ce qu'elle veut dire ! JEAN-PIERRE ELKABBACH C'est du révisionnisme ou du négationnisme ? JEAN-LOUIS BIANCO On l'appelle comme on veut, c'est quelque chose, en tout cas, qui n'a pas lieu d'être. JEAN-PIERRE ELKABBACH Vincent GIRET… VINCENT GIRET Il y a un autre sujet sur lequel Ségolène ROYAL s'est exprimée en Guadeloupe, il s'agit notamment d'un accord de solidarité qui voudrait que cet accord finance, finalement, les préretraites à 55 ans de la population. Est-ce que ce n'est pas en contradiction avec l'impératif du PS qui dit, dans son programme, vouloir favoriser l'emploi des seniors ? Et puis est-ce que c'est crédible à une époque où on sait qu'il est difficile de financer les retraites ? JEAN-LOUIS BIANCO Oui, c'est en contradiction avec la position qu'on a sur l'ensemble de la République. Mais c'est en contradiction pour une bonne raison, c'est que, dans ces territoires d'Outre-mer, en général, ces départements d'Outre-mer, en Martinique, en Guadeloupe en particulier, on a un taux de chômage épouvantable, un épouvantable taux de chômage des jeunes. Et la vérité des territoires, reconnaître la réalité, c'est de dire qu'il peut y avoir en Guadeloupe ou en Martinique, des solutions qui ne sont pas celles de l'ensemble de la France, parce que le problème est plus grave, parce que le problème est différent. PHILIPPE DESSAINT Comme la préférence régionale, par exemple ? JEAN-LOUIS BIANCO Oui, comme la préférence régionale. JEAN-PIERRE ELKABBACH Oui, et la préférence régionale, on l'applique aussi, par exemple, à la Corse ? JEAN-LOUIS BIANCO Ca se discute… JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous ne seriez pas hostile à ce que… JEAN-LOUIS BIANCO Ca se discute, il faut en parler… JEAN-PIERRE ELKABBACH … C'est-à-dire la " corsisation " des emplois… JEAN-LOUIS BIANCO Il faut en parler… JEAN-PIERRE ELKABBACH Cela s'appelle autrement, mais la " corsisation " des emplois… JEAN-LOUIS BIANCO La préférence régionale n'est pas tout à fait la corsisation des emplois. La préférence régionale, c'est de dire " on a un emploi pour voir (phon), on cherche d'abord des gens du cru ", ça se discute. JEAN-PIERRE ELKABBACH Donc ceux qui sont en ce moment au travail, aux Antilles qui viennent de la métropole sont là dans une attitude qui est coloniale ou colonialiste… JEAN-LOUIS BIANCO Il ne faut pas exagérer, Jean-Pierre, ne renversez pas l'histoire… JEAN-PIERRE ELKABBACH Non mais enfin… JEAN-LOUIS BIANCO La colonisation, c'est une épreuve de force, c'est une loi qu'on veut imposer à d'autres ! C'est une épreuve militaire ! Ce n'est pas une question d'échange de gens qui vont et qui viennent librement dans la République ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Et qui profitent d'un certain statut lié au fait qu'ils viennent de la métropole… JEAN-LOUIS BIANCO Qui profitent d'un certain statut… JEAN-PIERRE ELKABBACH Avec des avantages que même l'Assemblée, le Sénat avaient dénoncés récemment… JEAN-LOUIS BIANCO Oui, mais cela n'a rien à voir avec le fait d'essayer de développer l'emploi en Guadeloupe et Martinique. VINCENT GIRET Il n'y a pas un risque de dérapage, à un moment donné, vers une préférence nationale ? JEAN-LOUIS BIANCO Vous avez raison, vous avez raison, il faut y veiller, c'est pour cela que je disais, dans le cas des Antilles, c'est tout à fait compréhensible, dans le cas de la Corse, cela se regarde mais pas plus. JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais où s'arrête, alors, la préférence régionale, nationale ? Quand on parle avec les Européens… JEAN-LOUIS BIANCO Elle s'arrête à l'examen de situations qui sont débattues dans le cadre du Parlement et dans le cadre de la loi de la République. On a bien fait des lois qui permettent d'avoir des expérimentations, des innovations, que les règles du jeu ne soient pas les mêmes en Poitou-Charentes ou en région Provence-Alpes –Côte d'Azur ! Dans une certaine limite qui est celle de la République. PHILIPPE DESSAINT Est-ce qu'il n'y a pas, d'une certaine façon, la manière de préférence partisane ? … Il n'y a pas ce risque ? JEAN-LOUIS BIANCO Je ne crois pas. Je crois qu'on est à une époque où il y a la transparence, où il y a une presse libre et tout ce qui ressemble à de la préférence partisane, qui peut exister dans telle ou telle collectivité locale, je pense qu'il y a une opposition, il y a une presse qui est capable de la dénoncer, des électeurs qui sont capables de s'en rendre compte. Je crois que c'est fini, l'époque du clientélisme. JEAN-PIERRE ELKABBACH En général et en la circonstance, il y a un besoin d'explication de la position de Ségolène ROYAL et de son équipe. C'est pour cela qu'on vous pousse peut-être assez vite, et sans agressivité, sans harcèlement, on vous le dit, toutes les questions que les… JEAN-LOUIS BIANCO Je les prends comme telles… JEAN-PIERRE ELKABBACH … Que les Français peuvent se poser. Un ou une présidente de la République doit rassembler, doit réunir les Français. Or, elle ne voit, semble-t-il, que des bons, les siens, et des méchants, les autres. Et même dans son parti. Comment réconcilier, tendre la main quand on antagonisme les Français ? JEAN-LOUIS BIANCO Moi, je dis tout le contraire. Quand je vois que Ségolène ROYAL est maintenant suivie par l'ensemble du Parti socialiste, quand je vois Laurent FABIUS qui lui apporte publiquement son soutien, Martine AUBRY qui la reçoit très cordialement à Lille, Bertrand DELANOË qui l'accompagne ! Quand je vois qu'elle rassemble des personnalités singulières, un peu à part, comme Bernard KOUCHNER, le Parti radical de gauche, le Mouvement des citoyens, Christiane TAUBIRA, je dis qu'elle a une capacité de rassemblement. Simplement, il ne faut pas avancer masqué. Dans ce pays, il y a une gauche et il y a une droite. On ne peut pas prendre les mots de JAURES pour faire la politique de THATCHER, c'est ça ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Oui mais pourquoi ? Il y a une histoire qui appartient aux uns… Même l'histoire, il faut la découper ? JEAN-LOUIS BIANCO JAURES appartient à tout le monde. Par contre, c'est mensonger de mettre en avant JAURES quand on veut favoriser les plus riches ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais par exemple, MITTERRAND pouvait parler de MAURASSE (phon), de CHARDON (phon), etc… De la gauche, de BLUM… JEAN-LOUIS BIANCO Tout le monde a droit de parler de tout le monde, mais pas dans le même discours, où on avance une politique. D'ailleurs, Franck TAPIRO, vous le savez, le conseiller en communication, l'un des nombreux conseillers en communication de Monsieur SARKOZY, a dévoilé la chose. Dans un blog, il a dit : " il ne faut pas " karchériser " la France, il faut " thatchériser " la France ". Voilà le programme ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Oui mais enfin, notre inspirateur, ce n'est pas Monsieur… JEAN-LOUIS BIANCO C'est l'inspirateur… JEAN-PIERRE ELKABBACH Comment il s'appelle ? JEAN-LOUIS BIANCO TAPIRO ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Non, ce n'est pas notre inspirateur. JEAN-LOUIS BIANCO Mais pourquoi vous dites " notre inspirateur " ? JEAN-PIERRE ELKABBACH Ce n'est pas nos… nos… On n'a pas besoin … JEAN-LOUIS BIANCO Vous n'êtes pas de l'UMP, Jean-Pierre ELKABBACH ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Non, non, ni à l'UMP, ni… JEAN-LOUIS BIANCO " Notre " inspirateur, je me demande de qui vous parlez, là… JEAN-PIERRE ELKABBACH Non … Au nom de qui ? Au nom de tous ceux qui font la presse, etc., parce que vous voyez un complot, donc vous pouvez imaginer que des consultants, des communicants JEAN-LOUIS BIANCO Je ne vois pas un complot ! JEAN-PIERRE ELKABBACH … Sont partout. Je vous rassure… JEAN-LOUIS BIANCO Je ne vois pas un complot…. JEAN-PIERRE ELKABBACH Non ! Notre inspiration : rien que des faits, de nos lectures et pas de communicants.
JEAN-LOUIS BIANCO Je ne vois pas un complot, je dis quelque chose qui a été dit sur le blog… JEAN-PIERRE ELKABBACH Même si c'est une bêtise de sa part, pas de la vôtre. JEAN-LOUIS BIANCO
VINCENT GIRET JEAN-LOUIS BIANCO Alors… D'abord, il n'y a pas d'accord entre Jean-Pierre CHEVENEMENT et Ségolène ROYAL, il y a un accord en le Mouvement des citoyens et le Parti socialiste. Deuxièmement… JEAN-PIERRE ELKABBACH Qui dirige, qui président le Mouvement des citoyens ? JEAN-LOUIS BIANCO Jean-Pierre CHEVENEMENT JEAN-PIERRE ELKABBACH Ah… JEAN-LOUIS BIANCO … Mais je veux dire c'est un accord de parti à parti et non pas de personne à personne. Cela a une importance car cela engage tout le parti et pas seulement des personnes. Deuxièmement, on feint une fois de plus de découvrir la lune. Le projet socialiste a dit cela, il y a des mois et des mois ! Cela n'a suscité aucune réaction… VINCENT GIRET Sans fixer de date… JEAN-LOUIS BIANCO Depuis… Si, en fixant des dates, le projet socialiste dit deux choses. Premièrement, qu'il faut accroître la part des énergies renouvelables, ce que tout le monde dit mais ce qu'il faudra bien faire. Deuxièmement, qu'il faut, sur le long terme, réduire la part du nucléaire à 50 %. C'est dit en toutes lettres dans le projet socialiste. Cela ne veut pas dire que nous voulons abandonner le nucléaire. Nous ne voulons pas abandonner le nucléaire, parce que cela permet de lutter… VINCENT GIRET Une énergie plutôt propre… JEAN-LOUIS BIANCO … Cela permet de lutter contre l'effet de serre… VINCENT GIRET … Qui ne produit pas de gaz à effet de serre. JEAN-LOUIS BIANCO … Et de garantir l'indépendance nationale. Nous voulons beaucoup plus de transparence et nous voulons autant d'autres formes d'énergie qu'il est possible. Ce n'est pas un scoop ! Il y a six mois qu'on l'a dit. JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais ce que vous n'avez pas dit, quelles centrales nucléaires vous fermez pour arriver, dans 10 ans, aux 50 % ? JEAN-LOUIS BIANCO C'est à regarder au cas par cas, on voit bien qu'il y en a qui sont très vieilles et très abîmées… JEAN-PIERRE ELKABBACH Et qui va le décider ? Qui va le décider et quand ? JEAN-LOUIS BIANCO Un débat participatif et une décision du Parlement. JEAN-PIERRE ELKABBACH C'est-à-dire que cela va remonter, comme vous dites, de la base… JEAN-LOUIS BIANCO On va discuter localement et le Parlement, qui représente la souveraineté nationale décidera. On sait qu'il y a des centrales qui sont vieilles et anciennes qu'il faudra fermer ; c'est aussi une question de sécurité ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Sur ce plan, encore une question, le président de la République a lancé un programme de recherche sur le réacteur nucléaire de 4ème génération, valable pour 2020 etc., vous le poursuivrez ou vous l'arrêterez ? JEAN-LOUIS BIANCO Ce n'est pas du tout contre le président de la République. Ce n'est pas lui… JEAN-PIERRE ELKABBACH Non, non, non ! JEAN-LOUIS BIANCO Attendez, attendez, parce que je vais vous dire, ce n'est pas lui, cela a été décidé par la Communauté scientifique, soutenue par la France depuis des années et des années. La 4ème génération, c'est ce qu'il y aura après les fameux EPR. Il y a quatre ou cinq voies techniques ; malheureusement, ce n'est pas 2020, c'est plutôt 2030. Mais bien entendu qu'on poursuit ce programme ! sans aucun doute, bien entendu ! De même qu'on poursuivra Iter, la fusion, l'énergie des étoiles, que j'ai la chance d'avoir dans ma région et qui, si cela marche, représentera la réponse à l'avenir de l'humanité à Cadarache. PHILIPPE DESSAINT On dit qu'actuellement, il y a peu de propositions précises, est-ce qu'il faudra attendre le 11 février pour avoir la copie de la candidate ? Ou est-ce qu'il y a déjà des choses qui constituent des propositions concrètes, sérieuses, sur lesquelles on peut discuter aujourd'hui ? JEAN-LOUIS BIANCO Il y a des propositions précises. Je vous invite et j'invite les gens qui nous écoutent, qui nous regardent, à aller sur le site du Parti socialiste, à regarder, on a des petites rubriques très bien faites " ce que j'ai dit sur "… PHILIPPE DESSAINT Vous êtes là, on en profite, on vous pose la question… JEAN-LOUIS BIANCO Je vais vous le dire, mais j'invite quand même à compléter, je ne peux pas tout vous dire en quelques minutes. Alors, l'Europe, par exemple… PHILIPPE DESSAINT Mais tout d'abord le 11 février, c'est un changement dans la campagne ? C'est une étape ? JEAN-LOUIS BIANCO Le 11 février, c'est une étape importante. VINCENT GIRET Des engagements précis de la candidate… JEAN-LOUIS BIANCO Des engagements précis sur les grandes orientations, en ramassant ce qu'elle a déjà dit et ce qui a été dit dans les débats participatifs, avec une première synthèse, le 3, dans toutes les régions de France. Alors j'en viens… Oui ? JEAN-PIERRE ELKABBACH On marque une pause… JEAN-LOUIS BIANCO Parfait… JEAN-PIERRE ELKABBACH On fait un peu durer le suspense, il est 18 h 30, en tout cas à Paris, et TV5, il y a des horaires différents… PHILIPPE DESSAINT Il y a 24 fuseaux horaires… JEAN-PIERRE ELKABBACH … Mais nous nous retrouvons avec vous et avec plaisir, Jean-Louis BIANCO, jusqu'à 19 heures, heure de Paris ! // pause flash journal // JEAN-PIERRE ELKABBACH Avec Philippe DESSAINT et Vincent GIRET, avant de partir sur le 11 février, on a entendu tout à l'heure – nous avons tous souri – Roger-Gérard SCHWARTZENBERG. Il propose que ceux qui choisissent, pour des raisons fiscales, l'exil en Suisse, à Monaco, au Luxembourg, soient privés de la légion d'honneur quand ils l'ont. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous souscrivez à cette proposition ? JEAN-LOUIS BIANCO Je pense que ce n'est pas la meilleure méthode. Ce que je crois, c'est qu'il y a en France des talents extraordinaires et je vais vous dire quelque chose qui va peut-être vous surprendre. S'il y en a qui préfèrent aller avoir leur domicile fiscal en Suisse, en Belgique, à Monaco, ailleurs, la France peut vivre sans eux. On a assez de richesses, on a assez de créativité dans ce pays ! C'est ceux-là qui m'intéressent, ce n'est pas les exilés fiscaux ! Alors, c'est vrai que cela tombe mal, quand on est l'ami du candidat de l'UMP, qu'on dit qu'on va en Suisse et que même on restera, même s'il gagne ; donc, c'est assez inquiétant sur la crédibilité de ses promesses. Mais bon, cela me choque. … Très bien… JEAN-PIERRE ELKABBACH Il n'y a pas de conséquences sur la politique fiscale, à avoir … JEAN-LOUIS BIANCO Il y a une conséquence, en Suisse, vous avez vu que les Suisses commencent à dire " Ce n'est quand même pas normal que Johnny HALLYDAY, lui, il ait des impôts très bas et que nous, on ait des impôts plus élevés ". JEAN-PIERRE ELKABBACH Oui, il en voit trop arriver, oui… JEAN-LOUIS BIANCO … Donc, peut-être qu'ils vont revoir leur fiscalité. JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais dans le projet, on ne verra rien qui permettrait à des HALLYDAY et d'autres, des tennismen, etc., de revenir en France… JEAN-LOUIS BIANCO Non, d'ailleurs, il y a des tennismen, comme NOAH, qui vivent en France et qui paient leurs impôts en France et qui en sont fiers. JEAN-PIERRE ELKABBACH Oui… Pour les autres…Alors, Philippe DESSAINT… PHILIPPE DESSAINT Oui, on revient sur le calendrier. Donc actuellement, on suit naturellement la campagne, les déplacements, les voyages, les répliques, les petites phrases. Le 11 février, qu'est-ce qui se passe concrètement ? Est-ce qu'on va savoir quel est le programme de campagne ? Je ne dis pas définitif, mais enfin solide, le socle, sur lequel, finalement, se fonder pour faire un choix ? JEAN-LOUIS BIANCO Donc, je vous le disais tout à l'heure –mais c'est pour vous donner la séquence – les débats participatifs qui durent depuis longtemps, plus de 2.500 aujourd'hui, probablement 5.000, – 5.000 ! – dans toute la France ; des débats que Ségolène ROYAL, d'ailleurs, ramasse, le 1er février, donc elle sera à Grenoble, sur l'éducation. Et puis le 3 février, dans toutes les régions de France, des synthèses : qu'est-ce qui est prioritaire ? Comment on hiérarchise ? Quelles sont les idées nouvelles qui surgissent ? Et elle passera dans plusieurs régions. Et enfin, le 11 février, réunion nationale où elle donnera ses grandes orientations, les grandes pistes de son projet. Mais ce n'est pas encore le projet complet. On construit brique après brique, pierre après pierre. PHILIPPE DESSAINT Mais est-ce que, finalement, ces forums participatifs, ce n'est pas un peu " je vais vous dire ce que vous avez envie d'entendre ; je vous écoute et je vous répète ce que vous venez de dire " ? JEAN-LOUIS BIANCO Non ! Parce que dans les forums participatifs, on ne part pas comme cela, ce n'est pas le Café du Commerce ! On met en débat le projet des socialistes, et les premières propositions de la candidate. Donc, les gens ont une… JEAN-PIERRE ELKABBACH Et après, les experts et les politiques font le tri de ce qui remonte… JEAN-LOUIS BIANCO Les politiques. JEAN-PIERRE ELKABBACH Les politiques. JEAN-LOUIS BIANCO C'est aux politiques de faire le tri. JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais pour compléter ce que dit Philippe DESSAINT, comment ceux qui se sentent victimes de la mondialisation, peut-être de l'Europe, comment ceux qui souffrent, qui ont peur, etc., vont-ils forcément proposer du nouveau et proposer des … Ou accepter des réformes dures, impopulaires, douloureuses ? JEAN-LOUIS BIANCO Vous avez raison, c'est difficile. Il y a des débats où cela ne se passe pas bien parce que les gens n'arrivent pas à sortir de leur souffrance et les débats où on voit des idées sortir ; certaines, d'ailleurs, qui sont déjà avancées par Ségolène ROYAL. Si on donne aux syndicats les moyens d'être responsables, les moyens d'être représentatifs, les moyens d'intervenir en amont, ils sont capables de discuter et de négocier… JEAN-PIERRE ELKABBACH Qui donne ? L'Etat ou… Qui donne ? JEAN-LOUIS BIANCO Il faut que ce soit la négociation, et après la négociation, l'Etat. Donc, là, on a une prise… Il y a des moyens de se protéger aussi ! Elle l'a évoqué, hier, Ségolène ROYAL, il n'y a pas très longtemps. Les marques, on sait que dans la compétition mondiale aujourd'hui, la " chaîne de valeurs " comme on dit, des fabrications peuvent être délocalisées, mais il faut que le cœur, c'est-à-dire la stratégie, la recherche, l'innovation, le marketing, les marques restent en France. Rien ne nous empêche de faire une loi pour dire qu'on doit garder en France la propriété des marques françaises ! Voilà des solutions, et puis surtout… JEAN-PIERRE ELKABBACH … Interdire la délocalisation des marques… JEAN-LOUIS BIANCO Des marques. Et puis, malheureusement, parfois, il faut fermer ! Parfois, il faut s'adapter ! Il est possible, dans ce pays, sur l'intelligence des territoires, avec l'Etat, avec les syndicats, avec les entreprises, de construire une solution ! Que les gens ne restent pas au bord du carreau. Les gens savent qu'il faut changer. Mais si on leur dit : " Vous n'allez aller que de précarité en précarité ", ils ne sont pas prêts. Si on leur donne une sécurité sociale, professionnelle, alors moi je dis qu'ils sont prêts à accepter le changement, mais il faut d'abord un minimum de sécurité avant d'avoir de l'adaptation et pas demander de la précarité sans sécurité. JEAN-PIERRE ELKABBACH Et les écouter et leur dire, en même temps, au-delà de ce qu'ils peuvent demander… JEAN-LOUIS BIANCO Les convaincre et les rassurer ! Ils savent qu'il faut changer, ils savent qu'il faut s'adapter. Il faut revoir complètement le système de formation professionnelle en France. Mais c'est possible. JEAN-PIERRE ELKABBACH Vincent GIRET… VINCENT GIRET Il y a un sujet sur lequel, aussi, il y a des contradictions entre ce que souhaitent les Français, on sait, on peut le mesurer par des sondages, notamment, par exemple, sur les retraites. Les Français n'ont pas envie de travailler au-delà, par exemple, de 60 ans, de façon assez majoritaire. On sait en même temps que les réalités économiques vont commander de travailler plus longtemps. Est-ce que ce n'est pas aux politiques de montrer la voie et d'assumer des décisions ou des positions difficiles ? JEAN-LOUIS BIANCO Je ne suis… JEAN-PIERRE ELKABBACH Même impopulaires… JEAN-LOUIS BIANCO Même impopulaires ! Bien sûr que c'est aux politiques d'assumer des décisions impopulaires et Ségolène ROYAL le fera le moment venu. Sur les retraites, ce que nous disons, c'est qu'il faut reprendre les choses à la base. Evidemment, c'est très difficile ; évidemment, cela coûtera de l'argent ; évidemment, on ne va pas raser gratis. Mais on a une chance de réformer les retraites dans ce pays que si on s'y prend en essayant d'aller tous ensemble, en essayant d'avoir un accord majoritaire des syndicats. Lionel JOSPIN a mis en place quelque chose de très important, qui est le Conseil d'orientation des retraites, où là, on a un diagnostic partagé. Partons de ce diagnostic partagé. Les réponses, ce n'est pas forcément d'allonger la durée… VINCENT GIRET Ce constat a mis en cause, soit dit en passant, les régimes spéciaux que Ségolène ROYAL ne veut pas forcément réformer… JEAN-LOUIS BIANCO Non, non, non, non, attendez laissez-moi répondre à la première question, je viendrai à la seconde question ensuite sur les régimes spéciaux. Ce que je dis, c'est que l'allongement de la durée de vie au travail n'est pas forcément la solution. Notre idée de base, c'est qu'il faut distinguer suivant la pénibilité des métiers. Il y a des métiers qui sont pénibles, qui doivent être traités différemment et il faut partir à la retraite plus tôt. Il y a d'autres métiers où, peut-être, on peut partir à la retraite plus tard. Mais cela se négocie. JEAN-PIERRE ELKABBACH Donc là, il y a une souplesse dans la position de Ségolène ROYAL et de son équipe, c'est-à-dire… JEAN-LOUIS BIANCO Il y a une souplesse et surtout une négociation… JEAN-PIERRE ELKABBACH … Les métiers pénibles, à l'heure prévue et assez tôt… JEAN-LOUIS BIANCO A négocier… JEAN-PIERRE ELKABBACH … Et les autres à négocier, même allant plus tard… JEAN-LOUIS BIANCO … A négocier… C'est possible, c'est possible… JEAN-PIERRE ELKABBACH … Jusqu'à… Jusqu'à… Comme les Anglais, comme les Allemands ? JEAN-LOUIS BIANCO Je ne sais pas ! A discuter ! Ce n'est pas nous qui allons dire cela depuis en haut, depuis Paris, depuis notre sagesse. Sur ce qui est des régimes spéciaux, il faut bien voir qu'on fait une fixation sur quelque chose qui est une petite partie du problème des retraites ; qu'on a des agents qui sont extraordinairement attachés à ces régimes et qui sont rentrés dans les métiers comme la SNCF ou ailleurs à cause de ces régimes spéciaux. Donc, on ne changera pas… VINCENT GIRET Qui ne sont plus les métiers les plus pénibles, aujourd'hui… JEAN-LOUIS BIANCO Tout à fait, mais on ne changera pas les régimes spéciaux en s'y attaquant brutalement, comme avait essayé de le faire, avec le succès qu'on sait, Alain JUPPE. Là encore, il faut négocier et sans doute distinguer, en effet, des gens qui sont rentrés sur un accord, sur un statut, sur une garantie – et après tout, ceux-là, il faut les garder – et les autres qui rentrent maintenant… VINCENT GIRET Et ceux qui rentreraient aujourd'hui ? JEAN-LOUIS BIANCO … Et qui ne font plus des métiers aussi pénibles, avec eux, il faut regarder un autre régime. Mais il faut le négocier, et pas l'imposer par ordonnance ! C'est cela, la différence ! PHILIPPE DESSAINT Quand on vous interroge, on entend beaucoup les termes d'écoute, de négociations, dialogues. Mais quand le politique, finalement, jouerait-il son rôle qui est à nouveau, de fixer, d'arbitrer, d'assumer cette impopularité dont nous parlons ? JEAN-LOUIS BIANCO Après avoir écouté, après avoir dialogué, après avoir négocié. Mais on a beaucoup plus de chance d'agir juste si on tient compte de tout ce qu'on a entendu, en prenant les responsabilités et Ségolène ROYAL l'a prouvé en Poitou-Charentes, dans ses ministères, elle prend ses responsabilités, mais en sachant sur quels terrains on va et en essayant de fabriquer des consensus ; pas en essayant de diviser les gens. JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous avez parlé des retraites, tout à l'heure… Pour que les choses soient claires… La loi FILLON de 2003, au panier ? JEAN-LOUIS BIANCO Il faut la mettre complètement à plat. On peut discuter des mots, mais… qu'est-ce qu'elle a… JEAN-PIERRE ELKABBACH Il avait prévu un rendez-vous en 2008, justement… Sur l'allongement, la durée des cotisations… JEAN-LOUIS BIANCO Il faudra bien qu'on ait rendez-vous, il faudra bien qu'on ait le rendez-vous en 2008, et peut-être même avant… Qu'est-ce qu'elle a apporté, cette loi FILLON ? Un immense mécontentement, une avancée saluée et obtenue par un syndicat, en l'occurrence la CFDT, justement pour les gens qui ont commencé à travailler tôt, et le Conseil d'orientation des retraites dont je parlais, un problème de financement qui n'est pas réglé. Donc, il faudra en effet remettre les choses à plat. PHILIPPE DESSAINT Il y a une question qui revient beaucoup dans les préoccupations des Français, c'est bien sûr le thème du logement. Il y a un consensus dans les principaux candidats pour le logement opposable, cette fameuse loi. Donc finalement, c'est consensuel, il n'y a plus de différence droite – gauche dans les programmes électoraux sur la question du logement ? JEAN-LOUIS BIANCO Le logement opposable, c'est une belle formule, cela veut dire qu'on peut aller devant un tribunal pour dire " j'ai droit à un logement "… Mais chacun comprendra que, pour qu'on puisse avoir droit à un logement, pardonnez-moi, il faut qu'il y ait des logements. Et pour qu'il y ait des logements, il faut en construire. Et pour qu'on les construise, il faut qu'il y ait des terrains. Et pour qu'il y ait des terrains – et c'est la proposition de Ségolène ROYAL – il faut que l'Etat libère les terrains qu'il y a. Il y a les terrains militaires qui sont disponibles, il y a des casernes qui sont disponibles, il y a les terrains des ministères qui sont disponibles. Ces terrains-là, elle propose de les mettre à disposition des communes à moitié prix. Et rien que dans la ville de Toulon, où j'en parlais récemment à l'occasion d'un meeting qu'elle faisait, des amis de Toulon m'ont dit " cela fait 34 % de logements possibles en plus ". PHILIPPE DESSAINT Et sur les communes qui ne jouent pas le jeu des 20 % dans les constructions sociales ? JEAN-LOUIS BIANCO La loi, donc, qui oblige à mettre 20 % de constructions sociales dans la commune – à Neuilly, je rappelle que c'est 1,5 % – la position qu'elle a prise, c'est que l'Etat se substituera. Parce que si on veut qu'il y ait du logement social, il faut qu'on en construise partout, y compris à Neuilly-sur-Seine. JEAN-PIERRE ELKABBACH Dans un livre que j'ai vu cet après-midi, Jacques MARSEILLE, un économiste, " Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007 " publié par PERRIN : " la part de la population qui bénéficie de logement social a doublé depuis les années 1970. D'autre part, c'est sous Lionel JOSPIN que le niveau historique le plus bas a été jamais recensé sur la construction de HLM, 30.000 livrés en 2001 "… Vos promesses, on va les croire ? … JEAN-LOUIS BIANCO J'ai beaucoup de respect pour Jacques MARSEILLE, si on regarde les chiffres sur l'ensemble de la période de Lionel JOSPIN, il y a eu plus de logements sociaux construits qu'il ne le dit… JEAN-PIERRE ELKABBACH Avec une mauvaise année alors… JEAN-LOUIS BIANCO C'est la moins bonne année. Mais il a raison, c'est un des points sur lequel on a été mauvais ! Voyez que tout n'est pas tout blanc ou tout noir. Et BORLOO – dont on parlait tout à l'heure – Jean-Louis BORLOO… JEAN-PIERRE ELKABBACH Quatre-vingt mille logements financés, à peine plus de 50.000… JEAN-LOUIS BIANCO … Fait des efforts… Attendez… JEAN-PIERRE ELKABBACH … Qui seront réalisés en 2005. JEAN-LOUIS BIANCO Mais là aussi, Jean-Pierre ELKABBACH, toujours le souci de la vérité. Il y a les logements qu'on annonce, il y a les logements qu'on inscrit dans le budget – c'est déjà un peu moins – les logements qu'on finance, les logements qu'on fait. Et là, il y a un grand écart. Mais au-delà de cela, au-delà de cela, cela veut dire quoi ? Cela veut dire que la différence entre la gauche et la droite là-dessus, c'est que nous voulons, nous, donner les moyens fonciers, les moyens du sol, parce qu'on ne peut pas construire si on n'a pas de terrains disponibles et si on n'a pas de terrains disponibles à un prix raisonnable. Et il faut, bien entendu, construire pour les logements sociaux, mais construire aussi pour les logements intermédiaires, et il faut alléger l'effort. Il y a des gens, aujourd'hui, qui dépensent 40 % de leurs revenus pour se loger. C'est impossible. C'est cela aussi, la vie chère… JEAN-PIERRE ELKABBACH Oui… Donc, on trouvera le logement et d'autres choses dont nous parlerons dans le projet de Ségolène ROYAL… JEAN-LOUIS BIANCO Ségolène ROYAL a déjà formulé 10 propositions sur le logement, à l'occasion d'un débat participatif qui s'est déroulé à Douai. JEAN-PIERRE ELKABBACH Donc, on trouvera ses grandes orientations et le début de sa campagne le 11. Donc, vous, vous n'êtes pas inquiet par ce … On a vu tout à l'heure le passage à vide ou le trou d'air… JEAN-LOUIS BIANCO Pas du tout ! JEAN-PIERRE ELKABBACH …Dont parlait Vincent PEILLON, vous pensez que la vraie campagne pour Ségolène ROYAL va commencer le 12 ? JEAN-LOUIS BIANCO Non ! Non, non, la vraie campagne a commencé sur le terrain depuis très longtemps, elle va se cristalliser le 11. JEAN-PIERRE ELKABBACH Donc on verra plus clair de ce qu'elle veut à partir du 12… Ce sera plus lisible et plus visible. JEAN-PIERRE ELKABBACH Est-ce que vous chiffrerez vos propositions ? JEAN-LOUIS BIANCO Oui ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous direz : " cela, ça coûte tant "… JEAN-LOUIS BIANCO Oui. JEAN-PIERRE ELKABBACH C'est sûr ? Bon… PHILIPPE DESSAINT Cette semaine à Paris, grand sommet sur l'environnement. Là aussi, qu'est-ce qui différencie les propositions de Ségolène ROYAL, au fond, de ce qu'a pu dire Nicolas HULOT, de ce que reprend Nicolas SARKOZY, ou d'autres candidats importants ? JEAN-LOUIS BIANCO Avec Nicolas HULOT, assez peu de choses. Nicolas HULOT a mis un certain temps à la convaincre, à nous convaincre de son poste de vice-Premier ministre, parce qu'il ne fallait pas que ce soit une usine à gaz ; mais à condition que ce soit une vigie, que ce soit quelqu'un qui oriente, on est d'accord. On a un point de désaccord, en tout cas d'interrogation par rapport à Nicolas HULOT, c'est cette fameuse idée d'une taxe carbone qui porterait sur tous les usages du carbone. Il en est conscient lui-même, nous disons " attention à ne pas pénaliser les gens les plus modestes qui n'ont pas tellement le choix sur leur mode de chauffage et sur le mode de transport ". Mais enfin, en gros, on est d'accord et il pourra le vérifier, il exercera son droit de contrôle et son droit d'inventaire sur les candidats et je le pense, sur la présidence de la République. Avec la droite, il y a une différence fondamentale. C'est que l'environnement, c'est, par excellence, un domaine où le marché, cela ne marche pas. C'est par excellence un domaine où il faut des politiques publiques. C'est par excellence un domaine où il faut des politiques volontaristes. JEAN-PIERRE ELKABBACH A l'échelle européenne et mondiale… JEAN-LOUIS BIANCO A l'échelle européenne et mondiale. Et Ségolène ROYAL là-dessus – vous me permettez de citer une autre proposition – a proposé dans ce qu'on appelle " l'Europe par la preuve ", c'est-à-dire tout de suite des choses concrètes et qui se voient, qu'on ait une Europe des énergies renouvelables qui fonctionne immédiatement. Elle a proposé aussi qu'on sorte la Recherche de ce fameux carcan qui est le pacte de stabilité. Voilà des propositions concrètes, immédiatement applicables sur lesquelles je pense qu'on aura une majorité en Europe. JEAN-PIERRE ELKABBACH Est-ce que vous n'êtes pas impressionné de voir que Paris devient, comme l'a voulu Jacques CHIRAC, enfin président de la République, toute la semaine le lieu de toutes ces conférences d'experts et de politiques sur l'environnement et le développement durable ? JEAN-LOUIS BIANCO Je trouve cela très bien ! Je trouve cela très bien ! Je crois qu'il y a eu, dans le discours de Jacques CHIRAC à Johannesburg, des très belles choses, il y a des choses sincères. Malheureusement, la pratique du gouvernement ne suit pas son discours. VINCENT GIRET Jacques CHIRAC réclame une organisation à l'image de ce que fait l'ONU, qui soit chargée de l'environnement, avec peut-être un droit d'ingérence environnementale. Vous êtes favorable à cela ? JEAN-LOUIS BIANCO On est d'accord, on est d'accord, il faut revoir toute l'architecture de l'ONU et il faut que les questions sociales – pas seulement environnementales – environnementales (sic) prennent le pas sur les négociations commerciales. Il y a du travail à faire mais cela n'interdit pas la France d'élever sa voix et si c'est une voix de toute la France, et si c'est une voix de toute l'Europe, tant mieux. PHILIPPE DESSAINT Si on essaie de parler de la politique internationale, au fond quel serait le changement important, par rapport à la politique actuelle de la France, politique sur laquelle, d'ailleurs, le PS est plutôt laudatif sur ce qu'a fait Jacques CHIRAC, notamment sur l'Irak, sur un certain nombre de dossiers. Quelle rupture ou quel changement – " rupture " pardon, je recule, il y a une autre connotation – … JEAN-LOUIS BIANCO C'est d'ailleurs rupture (phon)… PHILIPPE DESSSAINT … Oui, c'est cela… Mais quel changement… JEAN-LOUIS BIANCO Enfin c'était, parce que cela a changé, il n'y a plus de rupture, maintenant… PHILIPPE DESSAINT Voilà, elle est douce maintenant – … Quel changement y aurait-il dans votre politique internationale ? JEAN-LOUIS BIANCO D'abord, il y a une constante, dans la politique internationale de la France, pour dire les choses brièvement et sans oublier les autres présidents de la République, c'est la politique de DE GAULLE et c'est la politique de MITTERRAND. Les intérêts de la France sont les intérêts de la France, qu'on soit de gauche ou de droite. La volonté européenne est la volonté européenne majoritaire de la France. Et nous avons approuvé – tous les Français, d'ailleurs et tous les partis politiques – la position prise par Jacques CHIRAC, prise par la France à propos de l'intervention américaine en Irak. Nous ne sommes pas, nous, allés dire, comme le candidat de l'UMP, que la France avait été arrogante. Nous avons été fiers de notre pays. La différence avec la politique actuelle sera que nous relancerons la construction européenne. C'est le point faible… Ce n'est pas seulement de la faute de la France, il ne faut pas être injuste, et pas seulement de la faute du président français, mais on a besoin qu'il y ait une relation de confiance qui se noue. Et quand Ségolène ROYAL a ses contacts avec PRODI, avec ZAPATERO, bientôt avec MERKEL, elle ne parle pas de ce qu'elle ne peut dire dans la campagne ! C'est là qu'on voit que c'est une femme d'Etat. Elle parle de ce qu'ils vont faire ensemble, demain, après-demain, elle parle avec ses interlocuteurs de la présidence française de 2008, elle construit avec ses partenaires la possible relance de l'Europe. PHILIPPE DESSAINT Il faudrait justement re-voter sur le traité constitutionnel ? Faire re-voter les Français ? JEAN-LOUIS BIANCO Ce que nous avons dit, nous, les socialistes, et beaucoup d'autres avec nous, c'est qu'il nous paraît impossible de faire – pardonnez-moi l'expression – avaler aux Français un texte, même légèrement changé dont ils n'ont pas voulu. Ni par la voie du référendum ni par la voie parlementaire. L'idée du mini-traité de Nicolas SARKOZY a d'ailleurs été écartée par nos partenaires européens. Nous disons qu'on ne pourra revenir devant le peuple français qu'avec un texte sur lequel il votera. Il faudra que ce texte représente des améliorations par rapport au traité actuel. Ce n'est pas facile ! Les gens qui ont voté " oui " disent : " Mais nous, on a bien le droit d'avoir voté oui "… PHILIPPE DESSAINT Et les autres pays européens qui ont voté " oui " se disent " pourquoi on a voté ", c'est cela, oui… JEAN-LOUIS BIANCO C'est justement ! Donc, il faut qu'on travaille sur un compromis, elle a commencé à l'exposer dans ses rencontres avec, par exemple, le Premier ministre du Luxembourg, JUNKER, qui est un grand Européen, qui est le DELORS des temps modernes si je peux cette comparaison, et cela l'a intéressé. Est-ce qu'on ne pourrait pas laisser tomber cette fameuse Partie 3 qui est la compilation des traités existants ? Avec quelques améliorations qu'on pourrait peut-être sauver, mais qui a suscité le rejet… Reprendre les deux premières parties, sur lesquelles il y a quand même un assez grand accord, et essayer de donner une force sociale plus grande à l'Europe ? Est-ce qu'on ne peut pas discuter là-dessus pour réorienter l'Europe vers le social, mais tenir compte du fait que les pays qui ont voté " oui " sont aussi respectables que ceux qui ont voté " non " ? JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous allez convaincre la partie… Une partie de votre propre parti qui avait dit " Non " à la Constitution européenne, là ? JEAN-LOUIS BIANCO Sur cette position-là, tout le parti est uni… JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous faites l'unanimité… JEAN-LOUIS BIANCO … Tout le parti est uni et c'est une des forces de Ségolène ROYAL – on parlait de ses vertus de rassembleuse, elle est la seule, dans notre parti, qui rassemble les gens qui ont voté " oui ", les gens qui ont voté " non ". JEAN-PIERRE ELKABBACH Vincent GIRET… VINCENT GIRET Oui, peut-être une question, justement, sur la BANQUE CENTRALE EUROPEENNE, puisqu'on est sur l'Europe, est-ce que c'est bien réaliste de vouloir retoucher les statuts – vous êtes un Européen convaincu, vous savez comme cela marche comme personne – ce n'est pas possible de toucher aux statuts de la BANQUE CENTRALE EUROPEENNE… Il faudrait l'unanimité, c'est extrêmement compliqué, est-ce que ce n'est pas un peu vain de demander ce genre de chose ? JEAN-LOUIS BIANCO Vous savez, c'est comme l'Organisation mondiale de l'environnement ! Si on cherche, aujourd'hui, un accord international, celle dont je parlais, celle dont parlait le président CHIRAC, on est très isolé, on est très minoritaire. Mais quand on a une vision de l'avenir, quand on a une vision de l'Europe, on ne doit pas s'interdire à la fois de tenir la dimension concrète, " l'Europe par la preuve ", comme dit Ségolène ROYAL, et d'avoir une dimension plus visionnaire, plus en avance. C'est une évidence pour qui réfléchit. Cinq minutes… Qu'il est absurde que la BANQUE CENTRALE EUROPEENNE n'ait comme objectif que la lutte contre l'inflation. Le danger dans lequel nous sommes, c'est une croissance insuffisante… VINCENT GIRET Mais vous pensez qu'elle est vraiment responsable du chômage aujourd'hui, la BANQUE CENTRALE EUROPEENNE ? JEAN-LOUIS BIANCO Non, elle n'est pas responsable des faiblesses françaises. Notre perte de compétitivité en France est grave et ce n'est pas la faute de l'euro fort. Sinon, les Allemands seraient dans la même situation que nous…. JOURNALISTE Absolument. JEAN-LOUIS BIANCO Mais ce que je veux dire, c'est que, ce que nous demandons, ce n'est pas gauchiste, ce n'est pas des socialistes archaïques ! C'est qu'on fasse comme la BANQUE D'ANGLETERRE et comme la BANQUE DES Etats-Unis : qu'on ait la gentillesse de bien vouloir dire qu'il y a la croissance, l'emploi et l'inflation. Il n'y a pas que l'inflation. On est minoritaire, aujourd'hui, mais je pense qu'on est en train de marquer des points et on aura suffisamment de conviction pour y arriver un jour… JEAN-PIERRE ELKABBACH Et une gouvernance économique… JEAN-LOUIS BIANCO Et une gouvernance économique plus forte ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Plus forte ! JEAN-LOUIS BIANCO Un gouvernement économique ! Qu'on marche sur deux jambes ! Qu'on ait la jambe monétaire d'un côté, la jambe économique de l'autre ! Qu'on ait des politiques économiques mieux coordonnées ! Et cela, c'est une position que nous défendons. JEAN-PIERRE ELKABBACH Il y a deux, trois choses qui se sont produites dans la semaine : le MEDEF est entré en campagne électorale et il entend expliquer la responsabilité, la situation des entrepreneurs jusqu'au bout. Est-ce que vous considérez que c'est le rôle des grands et des petits entrepreneurs ou chefs d'entreprise de participer à des meetings, d'aller aux débats participatifs si vous leur donnez la parole et d'intervenir ? JEAN-LOUIS BIANCO Oui, bien sûr ! Chacun est légitime dans une démocratie à s'exprimer, les petits comme les grands, les petites entreprises comme les grandes entreprises, les syndicats comme les associations. Cela fait partie de la construction d'un débat collectif. JEAN-PIERRE ELKABBACH …En même temps, une dépêche, une déclaration de Jean-Claude TRICHET, on en parlait à l'instant, " la BANQUE CENTRALE EUROPEENNE fait ce qu'elle doit faire pour assurer la stabilité des prix ", oui, c'est la moindre des choses, mais qu'est-ce que vous commentez ? Comment… JEAN-LOUIS BIANCO Oui, sans doute, encore que des experts ne sont pas convaincus qu'il faille une politique aussi restrictive. Mais peu importe… JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais vous lui demandez d'aller vers la croissance et l'emploi ? … JEAN-LOUIS BIANCO Non, non ! Jean-ClaudeTRICHET ne peut rien faire aujourd'hui ! Il applique les statuts qu'on lui a donnés. PHILIPPE DESSAINT On vous présente dans l'équipe de Ségolène ROYAL comme quelqu'un qui pourrait, au niveau de l'international, diriger un grand ministère. On parle de ses voyages, des différents candidats, mais au fond, au moment du vote, on se rend compte que l'international compte peu, dans le vote des Français. Est-ce que cette année, cela peut être différent ? Est-ce que l'international peut finalement être un vrai thème de discussion, de débat entre les candidats ? JEAN-LOUIS BIANCO J'espère qu'il le sera. J'espère qu'il le sera parce que c'est l'intérêt de la France. Les Français voient l'international à travers certains problèmes, ils sont préoccupés de la menace terroriste. Ils sont préoccupés de la montée du fondamentalisme, dans le monde. Ils sont préoccupés de l'Europe et je pense que l'Europe sera au cœur de la campagne. En tout cas, nous ferons tout pour que les enjeux internationaux soient présents, parce qu'ils sont présents dans ce qui détermine la vie et l'avenir de nos enfants. VINCENT GIRET Il y a eu un débat, aussi, cette semaine, sur l'impartialité de l'Etat et l'usage, ont dit les socialistes, de certains services de l'Etat pour… A des fins politiques, personnelles. Est-ce que vous pouvez être précis là-dessus ? Est-ce qu'il y a vraiment une utilisation (phon) partiale des services et des moyens de l'Etat, aujourd'hui ? JEAN-LOUIS BIANCO Oui évidemment. Quand les Renseignements généraux s'occupent – qui, paraît-il, ne faisaient plus de politique, d'après ce qu'on nous avait affirmé – s'occupent d'aller fouiller dans la vie privée de Monsieur REBELLE, collaborateur maintenant de Ségolène ROYAL, au prétexte qu'il a été autrefois à GREEENPEACE – terrible organisation dangereuse, mais passons – je veux bien qu'on contrôle GREENPEACE. Il a quitté GREENPEACE en 2003. Pourquoi est-ce qu'on a besoin d'actualiser sa fiche en janvier 2007, alors qu'il a rejoint l'équipe de Ségolène ROYAL ? Alors même que Nicolas SARKOZY, quand il a regagné le ministère de l'Intérieur, a dit : " Je veux être là parce que je veux contrôler les turpitudes qu'on fait contre moi "… JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous qui connaissez très bien – vous avez été secrétaire général de l'Elysée – tous les mécanismes, toutes les initiatives qui peuvent être prises, tous les ratés, tout ce qui peut échapper, vous en avez connus… JEAN-LOUIS BIANCO C'est trop gros, " ratés "… JEAN-PIERRE ELKABBACH Non ! Là, je vous demande, est-ce que vous soupçonnez ou vous accusez le ministre de l'Intérieur d'avoir personnellement donné l'ordre d'aller fouiller dans la vie de Monsieur REBELLE ? JEAN-LOUIS BIANCO Je ne l'accuse pas, mais je dis que si on est transparent, on n'a qu'à jouer la transparence et avoir une commission d'enquête parlementaire. Et j'ajoute que ce qui est scandaleux, en tout cas – et cela, c'est avéré – c'est l'utilisation constante des moyens du ministère de l'Intérieur, moyens du Service de presse, moyens de sécurité, moyens de déplacement, quand Nicolas SARKOZY se déplace, c'est payé par le ministère de l'Intérieur et c'est un petit quart payé par la campagne du contribuable, payé par la campagne de l'UMP. Cela, c'est inadmissible. Et moi, je dis quand il parle de " dignité ", Nicolas SARKOZY, j'ai une chose très simple à faire pour être digne : " Séparez les deux, soyez seulement le candidat de l'UMP, quittez le ministère de l'Intérieur. Alors, on n'aura pas de soupçon sur les RG. Alors, on n'aura pas de soupçon sur les dépenses "… VINCENT GIRET Mais il y a eu d'autres candidats, dans le passé, Lionel JOSPIN est resté à Matignon… JEAN-LOUIS BIANCO Oui, mais quand Lionel JOSPIN était resté à Matignon, il ne faisait pas les déplacements tous les jours au titre du Premier ministre, il faisait les déplacements au titre de candidat ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Il y allait en train ou en vélo ? … JEAN-LOUIS BIANCO Non, il y allait en voiture payée sur ses comptes de campagne, mais surtout, il faisait des déplacements de candidat. Nicolas SARKOZY, il fait tous les jours – bientôt à La Réunion d'après ce que j'ai compris – déplacement de ministre. C'est là où la confusion du genre est mauvaise pour la démocratie et à vrai dire, scandaleuse. JEAN-PIERRE ELKABBACH Il est l'invité d'EUROPE 1 mercredi à 8 h 20 , on lui posera la question, mais en vous écoutant, vous voulez qu'il reste ministre de l'Intérieur, au fond… JEAN-LOUIS BIANCO Non ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Parce que plus vous lui enjoignez de partir, moins il a de raisons d'obéir ! Donc, il restera ! … JEAN-LOUIS BIANCO Il n'a pas à obéir à ce qu'on dit, il a à obéir à la conscience, il a à obéir à la transparence, il a à obéir à l'équité. On ne peut pas être à la fois le ministre de l'Intérieur, celui qui fait les élections et le candidat. C'est aussi simple que cela et si on prétend être moderne, dans une démocratie moderne, alors on ne peut pas mélanger les genres. JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous pensez que les Français le lui demandent, à la base ? JEAN-LOUIS BIANCO Je pense que les Français le lui demandent et sont nombreux et que cela montera tous les jours, toutes les semaines. PHILIPPE DESSAINT A propos des affiches, pourrait-on dire, de campagne, actuellement se déroule une course parfois très difficile pour les candidats, c'est la chasse aux signatures. Est-ce que vous estimez qu'à nouveau, au nom de la démocratie, il faut que les principaux courants soient représentés, y compris l'extrême droite ? Ou bien, finalement, qu'il ne faut pas donner sa signature pour que LE PEN, par exemple, soit présent aux élections ? JEAN-LOUIS BIANCO Je crois qu'on est dans une ambiguïté, sur cette élection présidentielle et ma réponse est partagée, parce qu'il y a deux aspects à cette réalité. Premièrement, en effet, la démocratie qui veut que des courants différents puissent s'exprimer, y compris d'extrême droite, y compris, bien entendu, d'autres sensibilités. Et en même temps, l'élection présidentielle, ce n'est pas fait pour mesurer à la proportionnelle, le poids des idées des uns et des autres ! C'est fait pour choisir un président ou une présidente de la République. On est dans ce dilemme. Mais en tout cas, puisqu'on a la loi telle qu'elle est, que ceux ou celles qui veulent se présenter le puissent, cela ne me choque pas, c'est la démocratie… JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais le Parti socialiste s'est arrangé – cette fois, cette fois – avec François HOLLANDE, pour que ni Madame TAUBIRA, ni Olivier BESANCENOT bénéficient de parrainages venant du PS ! JEAN-LOUIS BIANCO Madame TAUBIRA a un accord avec Madame ROYAL, mais cela me paraît, finalement, logique quand on réfléchit cinq minutes, que les maires socialistes réservent leur signature à la candidate socialiste ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Vincent GIRET… VINCENT GIRET Justement, cette semaine, on a appris la volonté de se présenter de José BOVE. Est-ce qu'elle constitue un danger pour la gauche, selon vous ? Est-ce qu'il y a un risque, à nouveau, d'un 21 avril ? JEAN-LOUIS BIANCO Risque d'un 21 avril, je ne le crois pas, parce qu'il y a cette force de la campagne sur le terrain, cette force d'attraction, ce charisme, cette force qu'incarne Ségolène ROYAL et cela, je pense que cela permettra, sans aucune espèce de doute, qu'elle soit au second tour. José BOVE est quelqu'un qui a une légitimité, qui représente une manière de penser, et après tout s'il veut y aller, qu'il y a aille ! Mais cela compliquera certainement les choses pour la gauche et l'extrême gauche. Mais encore une fois, c'est son droit le plus strict. VINCENT GIRET Vous le mettez en garde ? JEAN-LOUIS BIANCO Pas du tout. Il fait ce qu'il veut. Il est un homme libre et d'ailleurs, il n'a pas besoin de mon avis. JEAN-PIERRE ELKABBACH Jean-Louis BIANCO, comment expliquez-vous l'ascension de François BAYROU ? A laquelle personne ne croyait ? … Sauf lui… Et ses amis… JEAN-LOUIS BIANCO JEAN-PIERRE ELKABBACH Est-ce que ce n'est pas justement la preuve que les Français ne veulent pas de l'enfermement dans le débat entre l'UMP et le PS, les deux candidats, et qu'ils ne veulent pas de clivage droite / gauche, de conflits idéologiques, comme vous poussez, en pensant qu'il doit y avoir la gauche, la droite ? Et qu'on ne peut pas aller dans le territoire de l'autre prendre des idées… JEAN-LOUIS BIANCO Je crois que c'est plus compliqué que cela. Je crois que les Français qui n'ont pas encore choisi, qui hésitent, aussi bien des Français de droite que des Français de gauche, trouvent là un refuge et on verra bien combien cela dure et jusqu'où cela va. En même temps, les Français, ils sont bien conscients du fait que la politique qui est menée actuellement, avec Nicolas SARKOZY, numéro deux du gouvernement, est une politique qui ne leur convient pas et qui est rejetée. Il y a donc bien des solutions différentes, des solutions de gauche, des solutions de droite et c'est ce que nous montrerons dans la campagne. Mais l'intérêt supérieur de la Nation, une bonne partie de la politique étrangère, cela, nous pouvons essayer de le faire tous ensemble. VINCENT GIRET Il y a aussi un débat sur la fiscalité, la grande actualité de la semaine, on l'a dit, cela va être l'environnement. Ségolène ROYAL a dit sa volonté de réorienter la fiscalité vers l'écologie. Alors qui va trinquer ? C'est celui qui roule en voiture ? C'est l'essence qu'on va frapper ? Ce sont les entreprises qui polluent ? Ce sont les transports ? Qui va être touché ? JEAN-LOUIS BIANCO D'abord, elle a dit que tout cela se ferait à prélèvement constant, c'est-à-dire qu'on ne va pas, contrairement à ce qui est dit, augmenter les impôts. Mais l'idée est simple ! On va récompenser les comportements vertueux, c'est-à-dire les gens qui font l'effort, par exemple, de mettre des logements aux normes, par exemple, d'avoir des voitures moins polluantes. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, cela se fera sur un certain nombre d'années. par contre, sur le prix de l'essence, il faut faire extrêmement attention ; en tout cas, à ce stade, parce qu'on voit bien, pour les gens, c'est le moyen de se déplacer. Donc, tout cela se fera dans le temps avec des signaux clairs, des incitations positives pour les comportements vertueux et des pénalisations fiscales pour les comportements qui ne sont pas en conformité avec le fameux pacte de Nicolas HULOT. JEAN-PIERRE ELKABBACH Philippe DESSAINT… PHILIPPE DESSAINT Oui, on a parfois quelques difficultés, justement, à voir comment s'organise la synthèse des idées… Chez les principaux candidats, c'est facile, ils sont présidents du parti, de leur parti et candidat. Là, comment cela se passe entre… Dites-nous sincèrement, entre le Parti socialiste et la candidate ? On sait qu'il y a quelques écarts sur les propositions… JEAN-LOUIS BIANCO Il y a eu une nuance sur la manière de formuler, le moment de formuler une proposition fiscale. Pour le reste, on se voit tous les matins, et je peux vous rassurer, cela marche très bien. Le Premier secrétaire, la candidate et les deux directeurs de campagne. JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous avez entendu tout à l'heure… PHILIPPE DESSAINT Pas de difficulté ? JEAN-LOUIS BIANCO Aucune. C'est derrière nous… PHILIPPE DESSAINT Donc il y en a eu ? JEAN-LOUIS BIANCO Il y a eu cette difficulté née d'un moment où François HOLLANDE s'était exprimé, qui ne nous paraissait pas forcément le meilleur et en mettant en avant une proposition qui est parfaitement respectable mais qui n'était pas dans le projet socialiste et qui dont faisait débat. … Mais qui sera peut-être retenue ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Si j'étais CABU ou un dessinateur, à propos de Jean-Louis BIANCO, je le montrerais çà la tribune, éloquent, brillant, faisant tout passer, même le contraire de ce qui nous semble la réalité… JEAN-LOUIS BIANCO Mais chacun réagit comme il veut ! (Rire) JEAN-PIERRE ELKABBACH Oui ! – vous le montrez, d'ailleurs – et avec une grande gomme pour gommer tout ce qui a été fait, qui n'a pas marché. Parce que Henri EMMANUELLI, il " déplore aujourd'hui les heurts dans l'action du Parti socialiste et l'équipe de la candidate " et il dit " il faut mieux coordonner les efforts avec l'équipe ROYAL "… JEAN-LOUIS BIANCO Eh bien voilà ! On a écouté Henri EMMANUELLI, on est maintenant bien coordonné. JEAN-PIERRE ELKABBACH D'accord, par avance. Et à l'égard du projet du PS, les grandes idées de Ségolène ROYAL, comment cela va s'articuler ? Est-ce qu'elle se sent libérée ? Ou est-ce qu'elle complètera le Parti socialiste ? JEAN-LOUIS BIANCO Le projet du Parti socialiste sera la base, sera le socle. D'abord parce que c'est notre engagement, et ensuite parce que les débats participatifs, on a mis ce projet en débat auprès de gens qui sont non-socialistes ! Dans beaucoup de cas, ils valident, dans d'autres cas, ils ne sont pas d'accord, dans d'autres cas, ils font d'autres propositions. Donc, on aura cela comme socle. Mais après, il y aura ses propres idées, il y aura sa liberté, il y aura ses priorités, il y aura sa couleur, il y aura son projet présidentiel. JEAN-PIERRE ELKABBACH Dans un article qui a été remarqué aujourd'hui – peut-être qui est faux, vous allez me dire qu'il est faux – Bernard-Henri LEVY qui fut un des premiers, dit-il, à saluer le surgissement d'une femme et de cette femme-ci, Ségolène ROYAL, il n'écarte pas l'idée, si cela va mal entre février et mars, qu'on aille chercher je ne sais qui, que les grands élus PS aillent chercher quelqu'un d'autre… JEAN-LOUIS BIANCO Bernard-Henri LEVY… JEAN-PIERRE ELKABBACH Est-ce qu'il y a une alternative et répondez… Répondez à ceux qui doutent ! JEAN-LOUIS BIANCO Ecoutez, on avait dit Ségolène ROYAL ne passera pas le printemps, ne passera pas l'été, ne passera pas l'hiver, sera battue par STRAUSS-KAHN et FABIUS, je vous rassure, elle sera toujours là, en janvier, en février, en mars, en avril et en mai. JEAN-PIERRE ELKABBACH Il n'y a pas d'alternative ? … JEAN-LOUIS BIANCO Il n'y aura pas besoin d'alternative ! Et il n'y aura pas d'alternative. JEAN-PIERRE ELKABBACH D'accord… Vous avez une question ? Une dernière question ? VINCENT GIRET Non… PHILIPPE DESSAINT Non. JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous nous avez démontré, tout au long de cette heure, du " Grand rendez-vous ", qu'elle était formidable, que tout était… JEAN-LOUIS BIANCO Oui, magnifique ! (Rire) JEAN-PIERRE ELKABBACH Que tout était magnifique. Nous, on voit les choses avec plus de distance et froidement, on ne fait pas partie de son équipe et on n'est ni son porte-parole ni son directeur de campagne – hélas, peut-être, mais enfin ! – … JEAN-LOUIS BIANCO Venez ! Venez nous rejoindre ! JEAN-PIERRE ELKABBACH Tout … (Rire) Tout est formidable, tout est magnifique, est-ce que vous lui reconnaissez, au-delà de toutes les vertus, un défaut ? Une erreur ? JEAN-LOUIS BIANCO Ah oui ! je me suis déjà fait piéger par cette question, parce que j'ai cherché, voyez, et je n'ai pas trouvé. Alors j'ai réfléchi, parce que je pensais bien que cela reviendrait (rire)… JEAN-PIERRE ELKABBACH Oui… JEAN-LOUIS BIANCO J'en ai trouvé une… JEAN-PIERRE ELKABBACH Ah ! ! ! ! … JEAN-LOUIS BIANCO J'ai trouvé un défaut. Elle veut parfois trop en faire. Elle a un tel souci de perfection qu'elle ne se ménage pas, qu'elle recherche sans arrêt le mieux. Et heureusement qu'elle a une santé de fer, mais je pense que, parfois, elle veut trop en faire. JEAN-PIERRE ELKABBACH Et comment elle va le corriger si elle le corrige ? JEAN-LOUIS BIANCO Peut-être en écoutant ses conseillers, mais elle est têtue et elle fait ce qu'elle veut ! (Rire) JEAN-PIERRE ELKABBACH Donc elle n'écoute pas assez ses conseillers. Ah ! Il faut les écouter, Madame ROYAL, les BIANCO, et quelques autres, rares, autour d'elle. Enfin, pas rares… JEAN-LOUIS BIANCO Mais elle nous écoute quand même, mais c'est elle qui décide. JEAN-PIERRE ELKABBACH Et les grands dirigeants PS qui sont encore sur la réserve, elle va les intégrer un jour ou l'autre à la… JEAN-LOUIS BIANCO Mais c'est déjà fait ! Elle les a invités d'ailleurs… JEAN-PIERRE ELKABBACH Non, Laurent FABIUS, par exemple, et toute son équipe… JEAN-LOUIS BIANCO Elle les a invités à suivre sa méthode ! Des débats participatifs, elle peut accompagner Laurent FABIUS, Dominique STRAUSS-KAHN, tous ceux qui le veulent sur des débats participatifs dans leur département. Elle sera à leurs côtés. JEAN-PIERRE ELKABBACH Autrement dit, vous leur demandez de se presser, d'aller un peu plus vite puisqu'ils ne le font pas… JEAN-LOUIS BIANCO On leur demande de faire comme tous les militants PS, qu'ils soient petits ou grands. JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous avez vu, il a réponse à tout, c'est normal ! Merci d'être venu, Jean-Louis BIANCO… JEAN-LOUIS BIANCO Merci ! JEAN-PIERRE ELKABBACH … A la prochaine dans le cadre de cette campagne. FIN$ |
2007 |