Côté Parti Socialiste - Dimanche + sur CANAL+ 04/02/2007

Thèmes abordés ...

Il ne faut jamais tout miser sur une seule date. Le 11 février ce sera l'essentiel des grandes orientations. Ségolène Royal est pour un service civil obligatoire, mais on a écouté les jeunes, surtout les étudiants qui ont peur pour leurs études. Dans un premier temps ce sera un service volontaire qui deviendra obligatoire. Bernard Kouchner a un goût pour la jeunesse et l'humanitaire. " Ségolène Royal est à la fois capitaine et entraîneur".

Nicolas Sarkozy a une drôle d'idée de son ministère. Il faut qu'il arrête la confusion des genres. Nicolas Sarkozy découvre les travailleurs : "c'est tintin au pays des soviets".

Sur la question des pollueurs payeurs : Ségolène Royal n'a pas peur des lobbies, ira jusqu'au bout. La seule qui apporte une réponse claire et précise.


texte intégral
 
 

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DIMANCHE + - Le 04/02/2007 – 12 :52
Invité : Jean-Louis BIANCO, député PS des Alpes-de-Haute-Provence et co-directeur de campagne de Ségolène ROYAL

 

Laurence FERRARI
L’invité de Dimanche +, c’est Jean-Louis BIANCO, député PS des Alpes de Haute Provence et co-directeur de la campagne Ségolène ROYAL. Bonjour monsieur BIANCO.
Jean-Louis BIANCO
Bonjour.
Laurence FERRARI
C’est aujourd'hui qu’elle ramasse les copies en régions, madame ROYAL.
Jean-Louis BIANCO
Elle a déjà commencé à les ramasser depuis pas mal de temps. Tous les jours, elle a des synthèses, des débats sur Internet, dans les départements, dans la région, mais aujourd'hui, c’est vrai, c’est les présidents de régions qui font le point.
Laurence FERRARI
Le temps fort c’est le 11 février, dans une semaine. Est-ce que vous misez tout sur cette date-là ?
Jean-Louis BIANCO
Il ne faut jamais tout miser sur une seule date. Il s’est passé des choses avant, elle a fait des rapports d’étapes comme à Grenoble – on l’a vu tout à l'heure – où elle a parlé de la jeunesse et pas seulement des médias ni du pouvoir, et pas seulement de sa détermination. Elle va certainement parler de la République et de la Nation mardi à Paris. Et puis en effet, le 11 c’est une étape importante, mais la campagne ne s’arrête pas là.
Laurence FERRARI
Le programme définitif ?
Jean-Louis BIANCO
Ce sera les grandes orientations de Ségolène ROYAL. On est encore à plus de deux mois, deux mois et demi – vous avez fait le décompte tout à l'heure. Il faut laisser du temps au temps et faire les choses à leur heure.
Laurence FERRARI
On aura donc un programme définitif de la candidate ROYAL dans ?
Jean-Louis BIANCO
Vous aurez le 11 février l’essentiel des grandes orientations.
Laurence FERRARI
Juste un point d’éclaircissement : on n’a pas très bien compris ce qui s’est passé sur l’histoire du service civique obligatoire. Il est volontaire, il est obligatoire ? Où est-ce que vous en êtes ? On n’a rien compris cette semaine !
Jean-Louis BIANCO
Très bien, je vais vous expliquer. Nous sommes, le Parti Socialiste, les forces de gauche, Ségolène ROYAL, pour un service civique obligatoire.
Laurence FERRARI
Pour tous les jeunes.
Jean-Louis BIANCO
Pour tous les jeunes. Il faut voir de quel âge à quel âge, 18 – 25, 18 – 30 ans. Pourquoi ? Pour recréer du lien social, pour recréer de la solidarité, pour que des gens reprennent en confiance en eux y compris des jeunes de banlieue, qu’ils aillent faire des choses utiles dans les associations, dans les mairies. Le problème, c’est que quand on écoute les jeunes – et on les a écoutés – ils sont modérément enthousiastes, surtout les étudiants qui disent : "Mais cela va nous casser notre carrière universitaire. Comment est-ce que l’on fait pour pouvoir continuer à travailler, continuer à avancer dans nos études et faire ce service civique ?". Et puis, il faut accueillir 300, 350 000 jeunes depuis qu’il n’y a plus de service militaire, et ce sera surtout dans les associations et dans les mairies. Il faut créer, retrouver des animateurs, des gens qui soient capables d’accueillir, des éducateurs.
Laurence FERRARI
Il sera donc volontaire ou obligatoire ?
Jean-Louis BIANCO
Dans un premier temps volontaire pour arriver à quelque chose d’obligatoire.
Laurence FERRARI
Comment c’est possible ?
Jean-Louis BIANCO
On commence par faire le volontariat sur un an, deux ans, trois ans. On voit les résultats et on espère à ce moment-là avoir tiré les leçons, convaincu, et passer à l’obligatoire.
Laurence FERRARI
Il paraît que c’est Bernard KOUCHNER qui a été chargé de ce dossier épineux comme Dominique STRAUSS-KAHN en son temps pour la fiscalité.
Jean-Louis BIANCO
Exactement, et Bernard KOUCHNER a un goût pour la jeunesse qu’on lui connaît et un vrai charisme. Et puis sur tout ce qui est l’action humanitaire, qui sera une des formes d’action, l’action des jeunes, il est l’un des mieux placés dans l’équipe de Ségolène.
Laurence FERRARI
Tous les éléphants sont appelés au secours de la campagne.
Jean-Louis BIANCO
Ils ne sont pas appelés au secours : ils sont invités à prendre leur place suivant des formes qui ne sont pas toujours dans leurs habitudes. Des débats participatifs, ce n’est pas leur culture mais ils s’y mettent tous.
Laurence FERRARI
Ils ont du mal mais ils s’y mettent.
Jean-Louis BIANCO
Ils ont du mal mais ils s’y mettent.
Laurence FERRARI
Il y a une déclaration de Claude BARTOLONE qui me fait beaucoup rire. Il dit ce matin que la campagne de Ségolène ROYAL, c’est comme celle des Bleus en 98 : très critiquée et victorieuse.
Jean-Louis BIANCO
C’est formidable !
Laurence FERRARI
C’est qui ?
Jean-Louis BIANCO
Claude BARTOLONE, bras droit de Laurent FABIUS, qui soutient clairement et nettement Ségolène ROYAL : vous voyez que tout le PS est derrière elle.
Laurence FERRARI
C’est qui Aimé JACQUET ? C’est François HOLLANDE ?
Jean-Louis BIANCO
Non. C’est Ségolène ROYAL, elle est à la fois capitaine et entraîneur.
Laurence FERRARI
José BOVÉ, est-ce que c’est le candidat de trop, monsieur BIANCO ?
Jean-Louis BIANCO
Je n’en sais rien.
Laurence FERRARI
Est-ce qu’il risque d’effriter le vote de gauche ?
Jean-Louis BIANCO
Il a le droit de se présenter. C’est un homme respectable, il a le goût des médias, il l’a montré encore : il a toujours le sens de la formule. Cela complique forcément un peu les choses mais c’est son droit. On verra bien ce qui se passera. De toute manière, il faut prendre ce genre de données comme des données. Ségolène ROYAL, elle poursuit sa route, elle poursuit sa campagne, elle continue à écouter, elle travaille pour préparer son intervention du 11 et après, chacun des autres fait ce qu’il ou elle veut.
Laurence FERRARI
Bruno REBELLE s’est rendu hier à la CNIL pour consulter son dossier sur les Renseignements Généraux. Il dénonce des tentatives de déstabilisation dans l’équipe ROYAL. Est-ce que vous maintenez que Nicolas SARKOZY a diligenté des enquêtes des RG à l’encontre de l’entourage de Ségolène ROYAL ?
Jean-Louis BIANCO
Je ne sais pas s’il a diligenté des enquêtes des RG. La meilleure manière de le savoir serait qu’il accepte ce que nous demandons depuis des semaines - une commission d’enquête parlementaire – qui établirait la vérité, mais quand on voit que Nicolas SARKOZY, quand il revient au ministère de l’Intérieur, dit : "Je reviens parce que je veux contrôler les mauvais coups, les manœuvres et les magouilles contre moi", on se dit qu’il a décidément une drôle d’idée de son ministère. Mais ce qui est le plus choquant dans cette affaire, c’est le soupçon permanent.
Laurence FERRARI
Vous souhaitez qu’il le quitte, ce ministère ?
Jean-Louis BIANCO
Mais bien entendu ! Il n’y a pas que moi, il n’y a pas que les gens de gauche. Il y a des tas de gens, même à droite, qui me le disent. On ne peut pas faire la confusion des genres en permanence. Aller comme ministre et comme candidat à Londres, on l’a vu tout à l'heure : ce n’est pas n’importe qui Nicolas SARKOZY ; c’est le ministre de l’Intérieur, c'est-à-dire le ministre des élections et le ministre de la police. Qu’il arrête la confusion des genres. Je crois que c’est une nécessité démocratique.
Laurence FERRARI
Les professeurs semblent se tourner actuellement vers François BAYROU, déçus par ce qu’il y a dans le pré-programme de Ségolène ROYAL. Comment est-ce que vous allez faire pour les faire revenir à vous ?
Jean-Louis BIANCO
Voyez, je n’en suis pas si sûr. On verra bien. De toute manière, Ségolène ROYAL formulera des propositions précises et argumentées – elle y travaille avec des tas de relais dans le monde enseignant. Nous avons eu à Grenoble justement, avant le meeting que vous avez montré tout à l'heure, une rencontre passionnante avec des enseignants de tous niveaux, de tous bords, de toutes tendances.
Laurence FERRARI
La vidéo sur les 35 heures a fait du mal.
Jean-Louis BIANCO
Bien sûr mais pas tant que cela. Ce n’est pas venu dans le débat. Mais ce qui est venu et qui est important, c’est qu’ils continuent à y croire et ils ont envie d’avoir quelqu'un qui les aide à croire à leurs missions.
Laurence FERRARI
Monsieur BIANCO, on va parler d’écologie puisque cette semaine c’était la grande semaine de l’écologie, du simulacre de grand oral organisé par Nicolas HULOT avec les candidats qui ont signé son pacte, jusqu’à la conférence sur l’environnement et le climat, on a parlé que de cela dans les salons parisiens. Le problème, c’est que sur le terrain rien ne change, surtout pas à Noyelles-Godault dans le Pas-de-Calais où le site de l’ancienne fonderie METALEUROP a été dépollué aux frais du contribuable, bien loin du grand principe pollueur – payeur.
[reportage sur l’usine Metaleurop de Noyelles-Godault]
Laurence FERRARI
Jean-Louis BIANCO, que pensez-vous de la déclaration de Nelly OLIN à propos de cette caution pour les entreprises polluantes ?
Jean-Louis BIANCO
Elle est pitoyable comme la déclaration du MEDEF. Tous ces gens-là sont prêts à signer le pacte de Nicolas HULOT et jamais prêts à faire un pas pour l’accepter. Vous l’avez vu, il y a une seule candidate qui répond clairement et précisément par la voie de Bruno REBELLE : c’est Ségolène ROYAL parce qu’elle, elle n’a pas peur des lobbies. Elle ira jusqu’au bout. Quand on voit la situation de ces travailleurs et de ce maire, mais c’est honteux. Les patrons voyous doivent être sanctionnés. Il faut évidemment une caution au départ et un remboursement des aides s’ils délocalisent. Là-dessus, nous sommes parfaitement clairs.
Laurence FERRARI
Et un séquestre des avoirs des entreprises ?
Jean-Louis BIANCO
Mais bien entendu. Quand je vois Nicolas SARKOZY, il est quand même au gouvernement depuis cinq ans, qu’est-ce qu’il a fait pour le principe pollueur – payeur ? Il est trop pressé pour répondre. Mais il découvre les problèmes, il découvre la classe ouvrière : c’est Tintin au pays des Soviets. À 75 jours de l’élection, il découvre qu’il y a une classe ouvrière ? C’est un petit peu tard.
Laurence FERRARI
Cette caution, le PS l’appliquera donc s’il est au pouvoir.
Jean-Louis BIANCO
Bien entendu. Bien entendu, sans aucun doute. Et avec Ségolène ROYAL, une chose qui est dite sera faite.
Laurence FERRARI
Merci beaucoup, Jean-Louis BIANCO d’être venu sur le plateau de Dimanche +.
Jean-Louis BIANCO
Merci à vous. FIN)

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