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DIMANCHE + - Le 04/02/2007 – 12 :52
Invité : Jean-Louis BIANCO, député PS des
Alpes-de-Haute-Provence et co-directeur de campagne de Ségolène
ROYAL
Laurence FERRARI
L’invité de Dimanche +, c’est Jean-Louis
BIANCO, député PS des Alpes de Haute Provence et co-directeur
de la campagne Ségolène ROYAL. Bonjour monsieur BIANCO.
Jean-Louis BIANCO
Bonjour.
Laurence FERRARI
C’est aujourd'hui qu’elle ramasse les copies en régions,
madame ROYAL.
Jean-Louis BIANCO
Elle a déjà commencé à les ramasser depuis
pas mal de temps. Tous les jours, elle a des synthèses, des débats
sur Internet, dans les départements, dans la région, mais
aujourd'hui, c’est vrai, c’est les présidents de régions
qui font le point.
Laurence FERRARI
Le temps fort c’est le 11 février, dans une semaine. Est-ce
que vous misez tout sur cette date-là ?
Jean-Louis BIANCO
Il ne faut jamais tout miser sur une seule date. Il s’est passé des
choses avant, elle a fait des rapports d’étapes comme à Grenoble – on
l’a vu tout à l'heure – où elle a parlé de
la jeunesse et pas seulement des médias ni du pouvoir, et pas
seulement de sa détermination. Elle va certainement parler de
la République et de la Nation mardi à Paris. Et puis en
effet, le 11 c’est une étape importante, mais la campagne
ne s’arrête pas là.
Laurence FERRARI
Le programme définitif ?
Jean-Louis BIANCO
Ce sera les grandes orientations de Ségolène ROYAL. On
est encore à plus de deux mois, deux mois et demi – vous
avez fait le décompte tout à l'heure. Il faut laisser
du temps au temps et faire les choses à leur heure.
Laurence FERRARI
On aura donc un programme définitif de la candidate ROYAL dans ?
Jean-Louis BIANCO
Vous aurez le 11 février l’essentiel des grandes orientations.
Laurence FERRARI
Juste un point d’éclaircissement : on n’a pas
très bien compris ce qui s’est passé sur l’histoire
du service civique obligatoire. Il est volontaire, il est obligatoire ?
Où est-ce que vous en êtes ? On n’a rien compris
cette semaine !
Jean-Louis BIANCO
Très bien, je vais vous expliquer. Nous sommes, le Parti Socialiste,
les forces de gauche, Ségolène ROYAL, pour un service civique
obligatoire.
Laurence FERRARI
Pour tous les jeunes.
Jean-Louis BIANCO
Pour tous les jeunes. Il faut voir de quel âge à quel âge,
18 – 25, 18 – 30 ans. Pourquoi ? Pour recréer
du lien social, pour recréer de la solidarité, pour que
des gens reprennent en confiance en eux y compris des jeunes de banlieue,
qu’ils aillent faire des choses utiles dans les associations, dans
les mairies. Le problème, c’est que quand on écoute
les jeunes – et on les a écoutés – ils sont
modérément enthousiastes, surtout les étudiants
qui disent : "Mais cela va nous casser notre carrière
universitaire. Comment est-ce que l’on fait pour pouvoir continuer à travailler,
continuer à avancer dans nos études et faire ce service
civique ?". Et puis, il faut accueillir 300, 350 000 jeunes
depuis qu’il n’y a plus de service militaire, et ce sera
surtout dans les associations et dans les mairies. Il faut créer,
retrouver des animateurs, des gens qui soient capables d’accueillir,
des éducateurs.
Laurence FERRARI
Il sera donc volontaire ou obligatoire ?
Jean-Louis BIANCO
Dans un premier temps volontaire pour arriver à quelque chose
d’obligatoire.
Laurence FERRARI
Comment c’est possible ?
Jean-Louis BIANCO
On commence par faire le volontariat sur un an, deux ans, trois ans.
On voit les résultats et on espère à ce moment-là avoir
tiré les leçons, convaincu, et passer à l’obligatoire.
Laurence FERRARI
Il paraît que c’est Bernard KOUCHNER qui a été chargé de
ce dossier épineux comme Dominique STRAUSS-KAHN en son temps pour
la fiscalité.
Jean-Louis BIANCO
Exactement, et Bernard KOUCHNER a un goût pour la jeunesse qu’on
lui connaît et un vrai charisme. Et puis sur tout ce qui est l’action
humanitaire, qui sera une des formes d’action, l’action des
jeunes, il est l’un des mieux placés dans l’équipe
de Ségolène.
Laurence FERRARI
Tous les éléphants sont appelés au secours de la
campagne.
Jean-Louis BIANCO
Ils ne sont pas appelés au secours : ils sont invités à prendre
leur place suivant des formes qui ne sont pas toujours dans leurs habitudes.
Des débats participatifs, ce n’est pas leur culture mais
ils s’y mettent tous.
Laurence FERRARI
Ils ont du mal mais ils s’y mettent.
Jean-Louis BIANCO
Ils ont du mal mais ils s’y mettent.
Laurence FERRARI
Il y a une déclaration de Claude BARTOLONE qui me fait beaucoup
rire. Il dit ce matin que la campagne de Ségolène ROYAL,
c’est comme celle des Bleus en 98 : très critiquée
et victorieuse.
Jean-Louis BIANCO
C’est formidable !
Laurence FERRARI
C’est qui ?
Jean-Louis BIANCO
Claude BARTOLONE, bras droit de Laurent FABIUS, qui soutient clairement
et nettement Ségolène ROYAL : vous voyez que tout
le PS est derrière elle.
Laurence FERRARI
C’est qui Aimé JACQUET ? C’est François
HOLLANDE ?
Jean-Louis BIANCO
Non. C’est Ségolène ROYAL, elle est à la fois
capitaine et entraîneur.
Laurence FERRARI
José BOVÉ, est-ce que c’est le candidat de trop,
monsieur BIANCO ?
Jean-Louis BIANCO
Je n’en sais rien.
Laurence FERRARI
Est-ce qu’il risque d’effriter le vote de gauche ?
Jean-Louis BIANCO
Il a le droit de se présenter. C’est un homme respectable,
il a le goût des médias, il l’a montré encore :
il a toujours le sens de la formule. Cela complique forcément
un peu les choses mais c’est son droit. On verra bien ce qui se
passera. De toute manière, il faut prendre ce genre de données
comme des données. Ségolène ROYAL, elle poursuit
sa route, elle poursuit sa campagne, elle continue à écouter,
elle travaille pour préparer son intervention du 11 et après,
chacun des autres fait ce qu’il ou elle veut.
Laurence FERRARI
Bruno REBELLE s’est rendu hier à la CNIL pour consulter
son dossier sur les Renseignements Généraux. Il dénonce
des tentatives de déstabilisation dans l’équipe ROYAL.
Est-ce que vous maintenez que Nicolas SARKOZY a diligenté des
enquêtes des RG à l’encontre de l’entourage
de Ségolène ROYAL ?
Jean-Louis BIANCO
Je ne sais pas s’il a diligenté des enquêtes des RG.
La meilleure manière de le savoir serait qu’il accepte ce
que nous demandons depuis des semaines - une commission d’enquête
parlementaire – qui établirait la vérité,
mais quand on voit que Nicolas SARKOZY, quand il revient au ministère
de l’Intérieur, dit : "Je reviens parce que je
veux contrôler les mauvais coups, les manœuvres et les magouilles
contre moi", on se dit qu’il a décidément une
drôle d’idée de son ministère. Mais ce qui
est le plus choquant dans cette affaire, c’est le soupçon
permanent.
Laurence FERRARI
Vous souhaitez qu’il le quitte, ce ministère ?
Jean-Louis BIANCO
Mais bien entendu ! Il n’y a pas que moi, il n’y a pas
que les gens de gauche. Il y a des tas de gens, même à droite,
qui me le disent. On ne peut pas faire la confusion des genres en permanence.
Aller comme ministre et comme candidat à Londres, on l’a
vu tout à l'heure : ce n’est pas n’importe qui
Nicolas SARKOZY ; c’est le ministre de l’Intérieur,
c'est-à-dire le ministre des élections et le ministre
de la police. Qu’il arrête la confusion des genres. Je crois
que c’est une nécessité démocratique.
Laurence FERRARI
Les professeurs semblent se tourner actuellement vers François
BAYROU, déçus par ce qu’il y a dans le pré-programme
de Ségolène ROYAL. Comment est-ce que vous allez faire
pour les faire revenir à vous ?
Jean-Louis BIANCO
Voyez, je n’en suis pas si sûr. On verra bien. De toute manière,
Ségolène ROYAL formulera des propositions précises
et argumentées – elle y travaille avec des tas de relais
dans le monde enseignant. Nous avons eu à Grenoble justement,
avant le meeting que vous avez montré tout à l'heure, une
rencontre passionnante avec des enseignants de tous niveaux, de tous
bords, de toutes tendances.
Laurence FERRARI
La vidéo sur les 35 heures a fait du mal.
Jean-Louis BIANCO
Bien sûr mais pas tant que cela. Ce n’est pas venu dans le
débat. Mais ce qui est venu et qui est important, c’est
qu’ils continuent à y croire et ils ont envie d’avoir
quelqu'un qui les aide à croire à leurs missions.
Laurence FERRARI
Monsieur BIANCO, on va parler d’écologie puisque cette semaine
c’était la grande semaine de l’écologie, du
simulacre de grand oral organisé par Nicolas HULOT avec les candidats
qui ont signé son pacte, jusqu’à la conférence
sur l’environnement et le climat, on a parlé que de cela
dans les salons parisiens. Le problème, c’est que sur le
terrain rien ne change, surtout pas à Noyelles-Godault dans le
Pas-de-Calais où le site de l’ancienne fonderie METALEUROP
a été dépollué aux frais du contribuable,
bien loin du grand principe pollueur – payeur.
[reportage sur l’usine Metaleurop de Noyelles-Godault]
Laurence FERRARI
Jean-Louis BIANCO, que pensez-vous de la déclaration de Nelly
OLIN à propos de cette caution pour les entreprises polluantes ?
Jean-Louis BIANCO
Elle est pitoyable comme la déclaration du MEDEF. Tous ces gens-là sont
prêts à signer le pacte de Nicolas HULOT et jamais prêts à faire
un pas pour l’accepter. Vous l’avez vu, il y a une seule
candidate qui répond clairement et précisément par
la voie de Bruno REBELLE : c’est Ségolène ROYAL
parce qu’elle, elle n’a pas peur des lobbies. Elle ira jusqu’au
bout. Quand on voit la situation de ces travailleurs et de ce maire,
mais c’est honteux. Les patrons voyous doivent être sanctionnés.
Il faut évidemment une caution au départ et un remboursement
des aides s’ils délocalisent. Là-dessus, nous sommes
parfaitement clairs.
Laurence FERRARI
Et un séquestre des avoirs des entreprises ?
Jean-Louis BIANCO
Mais bien entendu. Quand je vois Nicolas SARKOZY, il est quand même
au gouvernement depuis cinq ans, qu’est-ce qu’il a fait pour
le principe pollueur – payeur ? Il est trop pressé pour
répondre. Mais il découvre les problèmes, il découvre
la classe ouvrière : c’est Tintin au pays des Soviets. À 75
jours de l’élection, il découvre qu’il y a
une classe ouvrière ? C’est un petit peu tard.
Laurence FERRARI
Cette caution, le PS l’appliquera donc s’il est au pouvoir.
Jean-Louis BIANCO
Bien entendu. Bien entendu, sans aucun doute. Et avec Ségolène
ROYAL, une chose qui est dite sera faite.
Laurence FERRARI
Merci beaucoup, Jean-Louis BIANCO d’être venu sur le plateau
de Dimanche +.
Jean-Louis BIANCO
Merci à vous. FIN) |