Côté Parti Socialiste - Le Grand Journal sur CANAL+ 12/02/2007

Thèmes abordés ...

Campagne Ségolène Royal  : On est tellement loin encore, j'ai l'impression que la campagne n'a pas totalement commencée. Ce que j'ai ressenti : un discours de chef d'Etat. Le contenu de son discours était socialiste. Je l'ai rejoint car il m'est apparu évident que c'était la seule qui avait un charisme et elle est seule capable de redonner confiance dans la politique, de redonner un peu d'espoir au gens. C'est formidable de partager cette aventure avec elle.
Sa principale qualité c'est sa force d'âme, cette formidable force intérieure. Défaut d'être trop perfectionniste à mon goût, elle consacre trop de temps et d'attention à tout faire parfaitement mais c'est à son honneur.

Campagne  Nicolas Sarkozy : il fait la campagne qu'il veut, nous on regarde notre campagne on ne regarde pas celle des autres.

François Bayrou
 : on verra où il sera le jour de l'élection. Il fait entendre une petite musique qui plait : l'idée que tout n'est pas écrit d'avance, il suit sa route mais sa vie a été à droite, il été ministre d'un gouvernement de droite, il est soutenu par des majorités de droite, je ne crois pas qu'il arrivera à prouver une vraie originalité.

Lionel Jospin
 : je ne sais où il était hier mais j'ai constaté qu'il s'était exprimé sur une radio pour exprimer un soutien clair à Ségolène Royal.

Ségolène Royal est une digne continuatrice de François Mitterrand et je crois qu'il aurait été fier de ce qu'elle fait aujourd'hui.

texte intégral

 
 

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LE GRAND JOURNAL DE CANAL+ – Le 12/02/2007 – 19 :10 – Première Partie

Thème : Le pacte présidentiel, Villepinte
Invité   : Jean-Louis BIANCO, directeur de campagne de Ségolène ROYAL

 

Michel DENISOT
Hier après-midi à Villepinte, Ségolène ROYAL a dévoilé son pacte présidentiel devant 10.000 ou 20.000 militants, selon les sources. Les socialistes sont rassurés, la presse est plutôt bonne. Est-ce suffisant pour que la candidate remonte dans les sondages et reprenne la main ? C’est ce que nous allons voir maintenant avec l’un de ses deux directeurs de campagne, Jean-Louis BIANCO. Alors vous êtes co-directeur de la campagne de Ségolène ROYAL, député, président du conseil général des Alpes de Haute Provence, socialiste de longue date. Donc, il y a plusieurs façons d’apprécier ce qui s’est passé hier. Il y a la presse. Les sondages on ne les a pas encore, il y en aura demain ou après demain j’imagine, et puis alors l’ensemble des propositions, les réactions des un et des autres. On va commencer par la revue de presse si vous voulez bien. Vous allez me dire ce que vous en pensez. Avec LIBERATION, vous pouvez  voir “ Enfin ! ”, comme si la campagne commençait seulement hier. “ Je vous ai compris ”, ça c’est pour FRANCE SOIR. “ Ségolène ROYAL : le programme attrape-tout ” pour le FIGARO. On enchaîne avec LE PARISIEN : “ Un oral réussi, mais... ” ; “ Un discours légèrement rosi ” pour le journal du Parti communiste ; “ Ségolène ROYAL propose son contrat présidentiel ” pour LA TRIBUNE. Et puis on enchaîne avec LE MONDE de cet après-midi : “ ... les cent propositions pour répondre à la crise sociale ”. La presse régionale : “ Ségolène ROYAL : cap à gauche ! ” ; CHARENTE LIBRE : “ Le pacte au poing ” ; et “ L’offensive ” pour LA DEPECHE DU MIDI ; et pour le MIDI LIBRE, “ Le très ambitieux programme de Ségolène ROYAL ”. Et pour le journal THE INDEPENDENT, “ Les larmes aux yeux ”. Ce journal a retenu la séquence qu’on pourrait appeler la séquence émotion. Pour vous c’était, si vous deviez mettre une note, je ne vais pas vous poser des questions comme à Arnaud MONTEBOURG, qui vous mettrait dans l’embarras mais note sur une journée sur la journée d’hier entre zéro et 20 ?
Jean-Louis BIANCO
Ce n’est pas loin de 20. Ce n’est pas loin de 20 parce que je crois qu’il y a à peu près tout eu. Il y a d’abord eu un très grand et beau discours, et long discours. Deux heures, ce n’est pas dans les habitudes de Ségolène ROYAL, ça a d’ailleurs surpris. Un discours très fort, très émouvant par moment. On a vu quelque chose qui est sorti d’elle-même quand elle a évoqué son rôle de mère, ce qu’étaient ses enfants pour elle, pour parler des enfants des banlieues. Et puis une salle enthousiaste, c’était possible. Mais on sent bien, vous savez, quand on connaît un peu les foules et les meetings, il y a des moments où l’enthousiasme est un peu convenu, des moments où il monte vraiment et une presse que je trouve étonnement bonne.
Michel DENISOT
Il n’y avait rien d’artificiel, hier, à votre avis.
Jean-Louis BIANCO
Je crois. Rien d’artificiel, tout était fort, tout était juste.
Ariane MASSENET
Comment elle était, elle, en coulisses ? Parce qu’on l’a senti un petit peu tendue, un petit peu figée, ce qui peut paraître normal au début.
Michel DENISOT
Un peu nerveuse.
Jean-Louis BIANCO
Non, elle n’est pas nerveuse avant, elle n’est pas tendue, mais c’est vrai qu’elle a toujours un peu de mal à démarrer. Elle est toujours un peu raide. Ce n’est pas une oratrice traditionnelle. Alors il y en a qui n’aime pas ça ; il y en a d’autres qui disent aussi que c’est ce qui fait son charme. Mais en même temps, quand elle se sort les tripes, quand elle sort des choses qui ne sont pas des gestes d’orateur comme font des très grands orateurs, je crois que ça aussi ça a plus de force. Enfin, de toutes manières, elle est comme ça, et elle ne changera pas.
Michel DENISOT
Et après comment était-elle ?
Ariane MASSENET
Vous avez participé au discours ?
Jean-Louis BIANCO
Comment ?
Ariane MASSENET
Vous avez participé au discours ?
Jean-Louis BIANCO
J’ai participé, mais elle a travaillé elle-même, comme beaucoup d’autres, beaucoup, beaucoup, et il y a des choses que j’ai découvertes comme tout le monde en l’écoutant.
Ariane MASSENET
Quoi par exemple ?
Jean-Louis BIANCO
Une grande partie de ce qu’elle a dit sur la politique étrangère. On en avait parlé mais je ne savais pas si elle aborderait ce sujet.
Michel DENISOT
Alors ce que le “ mais ” dont parlait LE PARISIEN dans sa une, et ce dont parlent tous les opposants, c’est le prix des cent propositions, et qui va payer. On va y revenir dans un instant. On va commencer avec le petit papier de Bruno DONNET qui vous est consacré et consacré aussi à la journée d’hier bien entendu. A vous Jean-Louis BIANCO.
LE PETIT PAPIER
Bruno DONNET
La France a peur. Cher Jean-Louis BIANCO, la toute première fois que j’ai entendu le son de votre voix, c’était en 1983.
Archives
Jean-Louis BIANCO
Ministre délégué à la Culture, Jack LANG...
Bruno DONNET
Vous étiez tout en lunettes, et tellement concentré sur votre ministérielle litanie que personne n’avait osé vous arrêter.
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Jean-Louis BIANCO
... chargé des départements et des territoires d’Outre-Mer, Georges LEMOINE.
Bruno DONNET
La deuxième fois, vous aviez toujours le même emploi, mais en plein air.
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Jean-Louis BIANCO
Chargé des collectivités territoriales, monsieur Jean-Michel BOUCHERON.
Bruno DONNET
Et la toute dernière fois, vous étiez encore en train de faire l’appel.
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Jean-Louis BIANCO
Roger FAUROUX.
Bruno DONNET
A telle enseigne que j’ai imaginé que vous étiez le surgé de l’Elysée.
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Jean-Louis BIANCO
Hubert CURIEN, Georgina DUFOIX.
Bruno DONNET
Et puis patatras, il y a quelques semaines, j’ai découvert que le surgé avait été viré depuis bien longtemps, mais que vous rêviez de “ retouritude ” dans les valises de Ségolène ROYAL.
Villepinte
Ségolène ROYAL
C’est cela le pacte présidentiel que nous mettrons ensemble.
Bruno DONNET
Du coup, j’ai bien regardé le grand oral dominical.
Villepinte
Ségolène ROYAL
L’accès à la propriété de ceux qui ne le peuvent pas aujourd’hui sera favorisée.
Bruno DONNET
J’ai vu qu’après la couleur de la paix, Ségolène arborait désormais la couleur de la lutte.
Villepinte
Ségolène ROYAL
C’est ce cri de colère que j’entends monter de la France qui travaille, et de celle qui aimerait travailler.
Bruno DONNET
Je me suis même demandé si elle n’aguichait pas un peu avec ce petit bouton négligemment oublié et cette drôle de phrase.
Villepinte
Ségolène ROYAL
La taille n’a rien à voir avec les principes.
Bruno DONNET
Et puis j’ai constaté qu’il n’en était rien, le tailleur n’ayant tout bonnement pas résisté à des assauts chevillés, mais surtout répétés.
Villepinte
Ségolène ROYAL
Je l’ai là, chevillé au corps.
Bruno DONNET
Ségolène s’est donc montrée très adroite dans son programme de gauche.
Villepinte
Ségolène ROYAL
Est-il normal, m’avez-vous dit que des jeunes travailleurs habitent en caravane ?
Bruno DONNET
A gauche toutes dans le domaine social.
Villepinte
Ségolène ROYAL
A la hausse du SMIC à 1.500 euros par mois.
Bruno DONNET
On l’a même découverte enfin enflammée
Villepinte
Ségolène ROYAL
Nous avons l’obligation, l’ardente obligation de réussir, j’en fais aujourd’hui devant vous le serment.
Bruno DONNET
Elle a juste oublié d’expliquer comment elle comptait financer tout ça. C’est ballo car à ce rythme là, il n’est pas tout à fait certain qu’il reste ne serait-ce qu’un fifrelin pour payer un nouveau surgé.
Archives
Jean-Louis BIANCO
Huguette BOUCHARDEAU.
Bruno DONNET
C’est tout pour aujourd’hui et demain ce sera pire.
Michel DENISOT
La pointe d’humour de Bruno DONNET comme d’habitude. Alors, le coup... C’est vrai qu’il n’a pas été question de fiscalité. C’était une omission volontaire, j’imagine que c’est un sujet fondamental. Pourquoi ?
Jean-Louis BIANCO
Il a été question de financement de ces mesures. Elle a commencé d’ailleurs, ça a surpris pas mal de gens, par quelque chose qui n’est pas...
Michel DENISOT
En partant de la dette.
Jean-Louis BIANCO
... qui n’est pas un grand classique dans les discours socialistes, en parlant de la dette et en parlant des créateurs, des entrepreneurs, de l’esprit d’entreprise, des petites entreprises. Pourquoi elle a fait ça ? Pour montrer que contrairement à l’image que l’on donne assez souvent des socialistes, on n’était pas là seulement pour essayer de redistribuer, d’être juste, mais qu’on savait qu’il fallait produire, et produire de la richesse. Cela dit, le programme, je vous rassure, parce que vous semblez inquiet, peut-être pas vous, mais un certain nombre de gens, a évidemment été étudié, chiffré et financé. J’observe simplement que le programme de monsieur SARKOZY, je ne sais toujours pas comment il est financé. Il annonce 72 milliards de baisse d’impôts. Les recettes correspondantes, je ne sais pas où elles sont. Monsieur BAYROU n’a pas non plus donné son chiffrage. Donc nous le donnerons en son heure, mais...
Michel DENISOT
Vous ne le donnez pas non plus.
Ariane MASSENET
Mais vous ne parlez pas du tout des impôts. A aucun moment, il n’a été question des impôts.
Jean-Louis BIANCO
Si, on parle des impôts, on parle des impôts à au moins deux ou trois endroits. Premièrement, pour dire qu’on veut distinguer la rente et l’investissement. Autrement dit, quand des impôts sont distribués à des actionnaires... des bénéfices, pardon, sont distribués à des actionnaires, ils ne seront plus taxés quand ils seront réinvestis dans l’entreprise. Deuxièmement, les petites entreprises qui innovent, qui font de la recherche, qui créent des emplois durables auront des impôts moins élevés que celles qui font le contraire. Et enfin, il y aura une fiscalité écologique dont on a beaucoup parlé. Mais il faut bien voir que la fiscalité est une conséquence, la fiscalité est une conséquence.
Michel DENISOT
Ca, c’est la fiscalité des entreprises. Mais la fiscalité des particuliers ?
Jean-Louis BIANCO
Le système général que nous adopterons, c’est celui du projet socialiste. Ca consiste à dire quoi ? Ca consiste à dire que nous n’augmenterons pas les prélèvements obligatoires, fiscalité plus charges sociales. SI nous pouvons nous les baisserons, mais nous ne promettons pas de le faire, parce que ça dépendra de la situation française et internationale. Ne faisons pas de promesse qu’on ne puisse pas tenir ! Comment ferons-nous dans la fiscalité ? Nous essaierons de rééquilibrer vers plus d’efficacité, c’est-à-dire taxer moins le travail et plus la rente et le capital ; vers plus de justice, c’est avoir des impôts qui soient plus progressifs, et non pas qui parfois favorisent les plus favorisés. Donc cette fiscalité, elle a été d’ailleurs assez bien décrite dans le rapport que Dominique STRAUSS-KAHN a remis avec deux autres collègues...
Michel DENISOT
La petite clé.
Jean-Louis BIANCO
La petite clé USB pour montrer que maintenant on fait des rapports comme ça, avec lequel Ségolène est d’accord. Mais pour elle, la fiscalité a toujours été une conséquence. Donc quand on donnera le coût et le chiffrage, on donnera...
Michel DENISOT
Quand le donnerez-vous ?
Jean-Louis BIANCO
Dans les prochaines semaines. Pour l’instant on veut dérouler ces propositions, on veut continuer les débats participatifs, on veut que les gens en discutent. Mais l’ordre de grandeur du coût, on le connaît, c’est à peu près celui du projet socialiste, c’est-à-dire 35 milliards d’euros net, ce qui est certainement beaucoup moins que d’autres programmes.
Michel DENISOT
Et la dette ?
Jean-Louis BIANCO
La dette, il faut la réduire comment ? En ayant une croissance la plus forte possible, et en étant raisonnable dans la dépense publique. Mais ça aussi, ce sera précisé.
Ariane MASSENET
Il y a des propositions assez floues notamment sur le SMIC à 1.500 euros. Elle dit “ dès que possible ”. Ca veut dire quoi “ dès que possible ” ?
Jean-Louis BIANCO
C’est le projet socialiste. Ca veut dire qu’on se fixe comme objectif le SMIC à 1.500 euros, qu’à la différence d’autres candidats, on considère comme irresponsable, même si bien entendu ce serait souhaitable, de le mettre tout de suite à 1.500 euros. Donc là aussi, ça va dépendre de la croissance, ça dépend du dynamisme de l’économie. C’est pour ça qu’on ne prend pas d’engagement précis, parce que ça ne paraît pas sérieux de le faire. En tous cas, on essaiera de ne pas attendre cinq ans.
Michel DENISOT
Qui est l’auteur du slogan “ Plus juste, la France sera plus forte ” ?
Jean-Louis BIANCO
Ségolène ROYAL.
Michel DENISOT
Ah oui !
Jean-Louis BIANCO
Oui, elle est comme ça. Elle revoit elle-même les quatre pages qu’on envoie aux militants, elle les choisit, elle travaille, et c’est elle qui a trouvé ce slogan.
Ariane MASSENET
Comment elle...
Michel DENISOT
Il faut marquer une page de pub.
Ariane MASSENET
Oui. Juste un mot. Comment elle s’est trouvée, elle ?
Jean-Louis BIANCO
Comment elle s’est trouvée elle ?
Ariane MASSENET
Oui.
Jean-Louis BIANCO
Je crois qu’elle était plutôt contente et curieusement pas si fatiguée que je l’aurais cru, puisque après on a bavardé avec elle, avec d’autres personnes qui étaient là. Je crois qu’elle était plutôt contente, mais ce qui était le plus important pour elle, c’était ce qu’elle a senti pour tout orateur politique de la salle qui était plus qu’une simple adhésion mais qui l’a porté comme elle l’a dit. C’était pour elle très profond et très sincère.
Michel DENISOT
Et le choix du tailleur rouge, c’était elle évidemment aussi, bien entendu.
Jean-Louis BIANCO
Ca toujours.
Michel DENISOT
On va se retrouver après la pub. A tout de suite. (...)
PUB

Michel DENISOT
LE GRAND JOURNAL avec Jean-Louis BIANCO, co-directeur de la campagne de Ségolène ROYAL. Après le discours programme d’hier, vous attendez les sondages, j’imagine.
Jean-Louis BIANCO
Pas tant que ça, vous savez. Ca peut paraître... On ne croit pas quand on dit ça en général, mais je crois que les sondages, on les prend comme une donnée. Ils sont ce qu’ils sont. Quand ils sont bons, on est plutôt content, quand ils sont moins bons, on n’est moins content, mais on est tellement loin encore. Moi j’ai l’impression que la campagne n’a pas totalement commencé même si les Français s’y intéressent beaucoup plus que d’habitude, depuis beaucoup plus longtemps. Mais quand on discute par exemple des propositions des uns, des autres, ce n’est pas encore rentré dans la tête des gens. Donc on verra  ce que seront les sondages. Les premiers qui vont sortir, c’était fait avant son intervention.
Michel DENISOT
Je crois que mercredi, il y a un sondage dans LE FIGARO qui sera fait après, et peut-être un dès demain dans LE PARISIEN, mais je n’en ai pas eu confirmation.
Jean-Louis BIANCO
On verra, mais je crois qu’il ne faut pas être obsédé là-dessus. Il faut comprendre ce que ça veut dire...
Michel DENISOT
Ce sera quand même un signe.
Jean-Louis BIANCO
Oui, ce sera un signe, bien sûr.
Ariane MASSENET
Vous n’en avez pas fait faire un ?
Jean-Louis BIANCO
Non. Non, on essaye d’économiser l’argent de la campagne, et on prend les sondages que nous font, nombreux, tous les jours, les organes de presse.
Michel DENISOT
Et les organes de presse, vous en êtes satisfait ?
Jean-Louis BIANCO
Oui.
Michel DENISOT
Vous n’avez pas toujours dit ça.
Jean-Louis BIANCO
On peut distinguer certains organes de presse et d’autres. Si vous voulez me pousser un petit peu plus loin, je crois qu’il y a parfois des visions partielles et partiales. Je n’ai pas toujours le sentiment que les interviews soient conduites de la même manière suivant la personne interviewée.
Michel DENISOT
On ne va pas aller plus loin. On ne va pas faire...
Jean-Louis BIANCO
Non. Mais chacun saura de quoi je parle.
Michel DENISOT
... de la délation ici. Je ne sais pas de quoi vous parlez, pas du tout.
Jean-Louis BIANCO
Je ne parle pas de vous, et je ne parle pas de CANAL.
Michel DENISOT
Ecoutez, c’est déjà bien. On va écouter maintenant des réactions enregistrées hier après le discours de Ségolène ROYAL. Alors on commence avec Jack LANG et on finit avec, on termine avec Valérie PECRESSE.
Jack LANG, PS
Elle était éblouissante. Je pense, c’est la         Ségolène que tout le monde attendait.
Pierre MAUROY, PS
Je trouve qu’elle a traité les problèmes d’éducation avec beaucoup de force, beaucoup de passion.
Arnaud MONTEBOURG, PS
C’est un discours de chef d’Etat.
Olivier BESANCENOT, LCR
Il manque la proposition principale, c’est-à-dire celle de la répartition des richesses.
Marie-George BUFFET, PCF
Elle n’aborde pas la question de la fiscalité.
Jean-François COPE, UMP
Pas un mot sur les 35 heures, alors que c’est le sujet majeur.
Marie-George BUFFET
Elle n’est pas convaincante sur l’Europe.
Jean-François COPE
Pas un mot sur la réforme des retraites. Une réforme des retraites, ce n’est pas dire “ j’augmente les retraites ”
Thierry BRETON, UMP
Pendant une heure et demie, c’est la litanie de cent mesures qui coûtent des milliards et des milliards.
Valérie PECRESSE, UMP
Encore une fois, c’est une gauche qui dépense un argent que nous n’avons pas.
Michel DENISOT
Alors votre réaction à ces réactions ?
Jean-Louis BIANCO
C’est des grands classiques. Le problème, c’est qu’on peut d’avance écrire les réactions des uns et des autres. Moi ce que j’ai ressenti, c’est ce que disait Arnaud MONTEBOURG.
Michel DENISOT
Ca marche dans les deux sens.
Jean-Louis BIANCO
Oui, bien sûr, dans les deux sens. Et pour les contre, on peut écrire à l’avance leurs réactions. Je l’ai ressenti comme Arnaud, un niveau de chef d’Etat.
Ariane MASSENET
Un discours de chef d’Etat.
Jean-Louis BIANCO
C’est ça que j’ai ressenti.
Ariane MASSENET
Moi, il y a une chose qui m’a frappé, c’est qu’à aucun moment, elle n’a prononcé le mot socialisme.
Jean-Louis BIANCO
Alors on m’a dit ça, j’ai été surpris parce que moi j’ai cru l’entendre, et les journalistes qui ont bien écouté ont du avoir raison, mais bon. Je crois que son discours, son contenu était socialiste. Alors les gens ont dit “ elle a fait exprès de ne pas prononcer le mot socialiste ”. Je ne le crois pas, mais je ne m’en étais même pas rendu compte tellement pour moi c’était dans la lignée du Parti socialiste.
Michel DENISOT
Quand vous êtes, quand vous étiez secrétaire général à l’Elysée, en 1982, vous avez vu arriver Ségolène ROYAL comme collaboratrice du président de la République, et de vous. Est-ce que vous imaginiez à ce moment-là qu’elle aurait un tel destin ?
Jean-Louis BIANCO
Non, mais j’avais déjà remarqué, ce qui est plus important, c’est que le président MITTERRAND avait remarqué que c’était quelqu’un d’hors nomes, d’hors du commun avec une curiosité, une détermination, une personnalité différente des autres. Il a toujours suivi avec énormément d’attention ce qu’elle faisait, y compris quand elle s’est jetée dans le bain électoral, dans les pires conditions, qu’elle a gagné une circonscription qui n’était pas gagnable au départ, et qu’elle a été constamment réélue.
Michel DENISOT
Et vous, qu’est-ce qui fait que vous l’avez rejoint aussitôt ?
Jean-Louis BIANCO
Je l’ai rejointe parce qu’il m’est apparu à peu près évident que c’était la seule qui avait le charisme, qui avait ce contact avec les gens, qui faisaient ce qui moi me touche beaucoup aussi, cette révolution démocratique, les trois millions de personnes qui ont participé au débat. Je crois qu’elle est capable, et seule capable de redonner un peu confiance dans la politique, de redonner un peu d’espoir aux gens, et je trouve que c’est formidable de partager cette aventure avec elle.
Ariane MASSENET
C’est quoi sa principale qualité pour vous ? On ne va pas dire défaut, parce que...
Jean-Louis BIANCO
Non, non.
Michel DENISOT
Ca a déjà été fait.
Jean-Louis BIANCO
Une fois j’ai été sec, et j’ai réfléchi depuis, donc j’essaye d’en trouver, mais sa principale qualité, je crois que c’est sa force d’âme, c’est sa force intérieure, qui n’est pas de l’arrogance, mais on a l’impression qu’elle a une force intérieure extraordinaire, qu’elle avait sans doute autrefois, qui s’est forgée dans son histoire, y compris son histoire personnelle. Mais je pense que depuis qu’elle est présidente de région, elle a sans orgueil, sans arrogance une espèce encore une fois de force intérieure exceptionnelle, quels que soient les moments, quelles que soient les circonstances, et c’est peut-être ça le plus impressionnant.
Ariane MASSENET
Certains disent qu’elle est un peu autoritaire. Vous partagez ce point de vue ?
Jean-Louis BIANCO
Elle est ferme, elle décide mais elle écoute beaucoup. Elle discute énormément, elle aime beaucoup prendre des avis. On peut très bien lui dire qu’on n’est pas d’accord, et on peut lui dire avec vivacité, mais elle tranche, elle décide.
Laurent WEILL
Donc elle n’a pas de défaut, si je vous comprends bien.
Jean-Louis BIANCO
Elle a un défaut d’être trop perfectionniste à mon goût. Je trouve qu’elle consacre parfois trop de temps, trop d’attention à chercher à tout faire parfaitement, mais après tout, c’est son honneur.
Michel DENISOT
Votre point de vue sur la campagne de Nicolas SARKOZY à ce jour ?
Jean-Louis BIANCO
Il fait la campagne qu’il veut. Nous on regarde notre campagne, on ne regarde pas celles des autres.
Michel DENISOT
Et sur François BAYROU ?
Jean-Louis BIANCO
On verra où il sera le jour de l’élection.
Laurent WEILL
C’est le danger pour vous François BAYROU ?
Jean-Louis BIANCO
Non. Je ne veux pas être présomptueux. Je pense qu’encore une fois, je l’ai dit, ça vaut pour nos sondages, ça vaut pour ceux des autres candidats. On est encore trop loin de l’échéance. Je crois que François BAYROU exprime...
Ariane MASSENET
BAYROU, on le dit.
Jean-Louis BIANCO
BAYROU, il attache beaucoup, le Béarnais. Il fait entendre une petite musique qui plaît, l’idée que tout n’est pas écrit d’avance, qu’on ne sait pas d’avance que ça va être un duel entre Nicolas SARKOZY et Ségolène ROYAL. Il suit sa route qui est respectable, mais sa vie a quand même été à droite, il a été d’un gouvernement de droite. Il est soutenu par des majorités de droite. Donc je ne sais pas, je ne crois pas qu’il arrivera à prouver une vraie originalité, mais...
Michel DENISOT
Est-ce que vous savez où était Lionel JOSPIN hier ?
Jean-Louis BIANCO
Hier je ne sais pas où il était, mais j’ai constaté qu’il s’était exprimé sur une radio pour exprimer un soutien clair à Ségolène ROYAL et ça m’a fait plaisir comme l’ont fait STRAUSS-KAHN et FABIUS.
Michel DENISOT
Attendez-vous plus ?
Jean-Louis BIANCO
Il  a fait ce qu’il voulait faire, et je trouve que le fait qu’il ait pris parole, y compris en disant des choses. Vous savez quand on connaît bien les gens, on sait ce qui est vrai et pas vrai, quand on fait des compliments à quelqu’un qu’on n’a pas soutenu. Quand il a dit “ elle a tenu bon, elle a gardé son cap, elle a gardé sa ligne, elle a gardé sa méthode et ça c’est bien ”, je suis sûr que Lionel JOSPIN qui aurait peut-être d’autres choses moins agréables à dire a dit ce qu’il pensait, et c’est très bien.
Ariane MASSENET
Oui, mais le fait de ne pas avoir été là hier, c’est quand même un signal fort.
Jean-Louis BIANCO
Oui, il a dit qu’il n’avait pas envie d’être sur une chaise. Peu importe. Toute la famille était là, et lui était là par ses paroles. Donc la gauche était rassemblée, puisqu’on avait aussi Jean-Pierre CHEVENEMENT et les Radicaux.
Michel DENISOT
Merci. Vous êtes avec nous jusqu’à 19h50. On va se retrouver dans un instant après le Petit Journal Actu de Yann BARTHES. (...) FIN DE LA PREMIERE PARTIE_

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