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CANAL+
LE GRAND JOURNAL DE CANAL+ – Le 12/02/2007 – 19 :10 – Première
Partie
Thème : Le pacte présidentiel, Villepinte
Invité : Jean-Louis BIANCO, directeur de
campagne de Ségolène ROYAL
Michel DENISOT
Hier après-midi à Villepinte, Ségolène ROYAL
a dévoilé son pacte présidentiel devant 10.000 ou
20.000 militants, selon les sources. Les socialistes sont rassurés,
la presse est plutôt bonne. Est-ce suffisant pour que la candidate
remonte dans les sondages et reprenne la main ? C’est ce que
nous allons voir maintenant avec l’un de ses deux directeurs de
campagne, Jean-Louis BIANCO. Alors vous êtes co-directeur de la
campagne de Ségolène ROYAL, député, président
du conseil général des Alpes de Haute Provence, socialiste
de longue date. Donc, il y a plusieurs façons d’apprécier
ce qui s’est passé hier. Il y a la presse. Les sondages
on ne les a pas encore, il y en aura demain ou après demain j’imagine,
et puis alors l’ensemble des propositions, les réactions
des un et des autres. On va commencer par la revue de presse si vous
voulez bien. Vous allez me dire ce que vous en pensez. Avec LIBERATION,
vous pouvez voir “ Enfin ! ”, comme si la
campagne commençait seulement hier. “ Je vous ai compris ”, ça
c’est pour FRANCE SOIR. “ Ségolène ROYAL :
le programme attrape-tout ” pour le FIGARO. On enchaîne
avec LE PARISIEN : “ Un oral réussi, mais... ” ; “ Un
discours légèrement rosi ” pour le journal du
Parti communiste ; “ Ségolène ROYAL propose
son contrat présidentiel ” pour LA TRIBUNE. Et puis
on enchaîne avec LE MONDE de cet après-midi : “ ...
les cent propositions pour répondre à la crise sociale ”.
La presse régionale : “ Ségolène
ROYAL : cap à gauche ! ” ; CHARENTE
LIBRE : “ Le pacte au poing ” ; et “ L’offensive ” pour
LA DEPECHE DU MIDI ; et pour le MIDI LIBRE, “ Le très
ambitieux programme de Ségolène ROYAL ”. Et
pour le journal THE INDEPENDENT, “ Les larmes aux yeux ”.
Ce journal a retenu la séquence qu’on pourrait appeler la
séquence émotion. Pour vous c’était, si vous
deviez mettre une note, je ne vais pas vous poser des questions comme à Arnaud
MONTEBOURG, qui vous mettrait dans l’embarras mais note sur une
journée sur la journée d’hier entre zéro et
20 ?
Jean-Louis BIANCO
Ce n’est pas loin de 20. Ce n’est pas loin de 20 parce que
je crois qu’il y a à peu près tout eu. Il y a d’abord
eu un très grand et beau discours, et long discours. Deux heures,
ce n’est pas dans les habitudes de Ségolène ROYAL, ça
a d’ailleurs surpris. Un discours très fort, très émouvant
par moment. On a vu quelque chose qui est sorti d’elle-même
quand elle a évoqué son rôle de mère, ce qu’étaient
ses enfants pour elle, pour parler des enfants des banlieues. Et puis
une salle enthousiaste, c’était possible. Mais on sent bien,
vous savez, quand on connaît un peu les foules et les meetings,
il y a des moments où l’enthousiasme est un peu convenu,
des moments où il monte vraiment et une presse que je trouve étonnement
bonne.
Michel DENISOT
Il n’y avait rien d’artificiel, hier, à votre avis.
Jean-Louis BIANCO
Je crois. Rien d’artificiel, tout était fort, tout était
juste.
Ariane MASSENET
Comment elle était, elle, en coulisses ? Parce qu’on
l’a senti un petit peu tendue, un petit peu figée, ce qui
peut paraître normal au début.
Michel DENISOT
Un peu nerveuse.
Jean-Louis BIANCO
Non, elle n’est pas nerveuse avant, elle n’est pas tendue,
mais c’est vrai qu’elle a toujours un peu de mal à démarrer.
Elle est toujours un peu raide. Ce n’est pas une oratrice traditionnelle.
Alors il y en a qui n’aime pas ça ; il y en a d’autres
qui disent aussi que c’est ce qui fait son charme. Mais en même
temps, quand elle se sort les tripes, quand elle sort des choses qui
ne sont pas des gestes d’orateur comme font des très grands
orateurs, je crois que ça aussi ça a plus de force. Enfin,
de toutes manières, elle est comme ça, et elle ne changera
pas.
Michel DENISOT
Et après comment était-elle ?
Ariane MASSENET
Vous avez participé au discours ?
Jean-Louis BIANCO
Comment ?
Ariane MASSENET
Vous avez participé au discours ?
Jean-Louis BIANCO
J’ai participé, mais elle a travaillé elle-même,
comme beaucoup d’autres, beaucoup, beaucoup, et il y a des choses
que j’ai découvertes comme tout le monde en l’écoutant.
Ariane MASSENET
Quoi par exemple ?
Jean-Louis BIANCO
Une grande partie de ce qu’elle a dit sur la politique étrangère.
On en avait parlé mais je ne savais pas si elle aborderait ce
sujet.
Michel DENISOT
Alors ce que le “ mais ” dont parlait LE PARISIEN
dans sa une, et ce dont parlent tous les opposants, c’est le prix
des cent propositions, et qui va payer. On va y revenir dans un instant.
On va commencer avec le petit papier de Bruno DONNET qui vous est consacré et
consacré aussi à la journée d’hier bien entendu.
A vous Jean-Louis BIANCO.
LE PETIT PAPIER
Bruno DONNET
La France a peur. Cher Jean-Louis BIANCO, la toute première fois
que j’ai entendu le son de votre voix, c’était en
1983.
Archives
Jean-Louis BIANCO
Ministre délégué à la Culture, Jack LANG...
Bruno DONNET
Vous étiez tout en lunettes, et tellement concentré sur
votre ministérielle litanie que personne n’avait osé vous
arrêter.
Archives
Jean-Louis BIANCO
... chargé des départements et des territoires d’Outre-Mer,
Georges LEMOINE.
Bruno DONNET
La deuxième fois, vous aviez toujours le même emploi, mais
en plein air.
Archives
Jean-Louis BIANCO
Chargé des collectivités territoriales, monsieur Jean-Michel
BOUCHERON.
Bruno DONNET
Et la toute dernière fois, vous étiez encore en train de
faire l’appel.
Archives
Jean-Louis BIANCO
Roger FAUROUX.
Bruno DONNET
A telle enseigne que j’ai imaginé que vous étiez
le surgé de l’Elysée.
Archives
Jean-Louis BIANCO
Hubert CURIEN, Georgina DUFOIX.
Bruno DONNET
Et puis patatras, il y a quelques semaines, j’ai découvert
que le surgé avait été viré depuis bien longtemps,
mais que vous rêviez de “ retouritude ” dans
les valises de Ségolène ROYAL.
Villepinte
Ségolène ROYAL
C’est cela le pacte présidentiel que nous mettrons ensemble.
Bruno DONNET
Du coup, j’ai bien regardé le grand oral dominical.
Villepinte
Ségolène ROYAL
L’accès à la propriété de ceux qui
ne le peuvent pas aujourd’hui sera favorisée.
Bruno DONNET
J’ai vu qu’après la couleur de la paix, Ségolène
arborait désormais la couleur de la lutte.
Villepinte
Ségolène ROYAL
C’est ce cri de colère que j’entends monter de la
France qui travaille, et de celle qui aimerait travailler.
Bruno DONNET
Je me suis même demandé si elle n’aguichait pas un
peu avec ce petit bouton négligemment oublié et cette
drôle de phrase.
Villepinte
Ségolène ROYAL
La taille n’a rien à voir avec les principes.
Bruno DONNET
Et puis j’ai constaté qu’il n’en était
rien, le tailleur n’ayant tout bonnement pas résisté à des
assauts chevillés, mais surtout répétés.
Villepinte
Ségolène ROYAL
Je l’ai là, chevillé au corps.
Bruno DONNET
Ségolène s’est donc montrée très adroite
dans son programme de gauche.
Villepinte
Ségolène ROYAL
Est-il normal, m’avez-vous dit que des jeunes travailleurs habitent
en caravane ?
Bruno DONNET
A gauche toutes dans le domaine social.
Villepinte
Ségolène ROYAL
A la hausse du SMIC à 1.500 euros par mois.
Bruno DONNET
On l’a même découverte enfin enflammée
Villepinte
Ségolène ROYAL
Nous avons l’obligation, l’ardente obligation de réussir,
j’en fais aujourd’hui devant vous le serment.
Bruno DONNET
Elle a juste oublié d’expliquer comment elle comptait financer
tout ça. C’est ballo car à ce rythme là, il
n’est pas tout à fait certain qu’il reste ne serait-ce
qu’un fifrelin pour payer un nouveau surgé.
Archives
Jean-Louis BIANCO
Huguette BOUCHARDEAU.
Bruno DONNET
C’est tout pour aujourd’hui et demain ce sera pire.
Michel DENISOT
La pointe d’humour de Bruno DONNET comme d’habitude. Alors,
le coup... C’est vrai qu’il n’a pas été question
de fiscalité. C’était une omission volontaire, j’imagine
que c’est un sujet fondamental. Pourquoi ?
Jean-Louis BIANCO
Il a été question de financement de ces mesures. Elle a
commencé d’ailleurs, ça a surpris pas mal de gens,
par quelque chose qui n’est pas...
Michel DENISOT
En partant de la dette.
Jean-Louis BIANCO
... qui n’est pas un grand classique dans les discours socialistes,
en parlant de la dette et en parlant des créateurs, des entrepreneurs,
de l’esprit d’entreprise, des petites entreprises. Pourquoi
elle a fait ça ? Pour montrer que contrairement à l’image
que l’on donne assez souvent des socialistes, on n’était
pas là seulement pour essayer de redistribuer, d’être
juste, mais qu’on savait qu’il fallait produire, et produire
de la richesse. Cela dit, le programme, je vous rassure, parce que vous
semblez inquiet, peut-être pas vous, mais un certain nombre de
gens, a évidemment été étudié, chiffré et
financé. J’observe simplement que le programme de monsieur
SARKOZY, je ne sais toujours pas comment il est financé. Il annonce
72 milliards de baisse d’impôts. Les recettes correspondantes,
je ne sais pas où elles sont. Monsieur BAYROU n’a pas non
plus donné son chiffrage. Donc nous le donnerons en son heure,
mais...
Michel DENISOT
Vous ne le donnez pas non plus.
Ariane MASSENET
Mais vous ne parlez pas du tout des impôts. A aucun moment, il
n’a été question des impôts.
Jean-Louis BIANCO
Si, on parle des impôts, on parle des impôts à au
moins deux ou trois endroits. Premièrement, pour dire qu’on
veut distinguer la rente et l’investissement. Autrement dit, quand
des impôts sont distribués à des actionnaires...
des bénéfices, pardon, sont distribués à des
actionnaires, ils ne seront plus taxés quand ils seront réinvestis
dans l’entreprise. Deuxièmement, les petites entreprises
qui innovent, qui font de la recherche, qui créent des emplois
durables auront des impôts moins élevés que celles
qui font le contraire. Et enfin, il y aura une fiscalité écologique
dont on a beaucoup parlé. Mais il faut bien voir que la fiscalité est
une conséquence, la fiscalité est une conséquence.
Michel DENISOT
Ca, c’est la fiscalité des entreprises. Mais la fiscalité des
particuliers ?
Jean-Louis BIANCO
Le système général que nous adopterons, c’est
celui du projet socialiste. Ca consiste à dire quoi ? Ca
consiste à dire que nous n’augmenterons pas les prélèvements
obligatoires, fiscalité plus charges sociales. SI nous pouvons
nous les baisserons, mais nous ne promettons pas de le faire, parce que ça
dépendra de la situation française et internationale. Ne
faisons pas de promesse qu’on ne puisse pas tenir ! Comment
ferons-nous dans la fiscalité ? Nous essaierons de rééquilibrer
vers plus d’efficacité, c’est-à-dire taxer
moins le travail et plus la rente et le capital ; vers plus de justice,
c’est avoir des impôts qui soient plus progressifs, et non
pas qui parfois favorisent les plus favorisés. Donc cette fiscalité,
elle a été d’ailleurs assez bien décrite dans
le rapport que Dominique STRAUSS-KAHN a remis avec deux autres collègues...
Michel DENISOT
La petite clé.
Jean-Louis BIANCO
La petite clé USB pour montrer que maintenant on fait des rapports
comme ça, avec lequel Ségolène est d’accord.
Mais pour elle, la fiscalité a toujours été une
conséquence. Donc quand on donnera le coût et le chiffrage,
on donnera...
Michel DENISOT
Quand le donnerez-vous ?
Jean-Louis BIANCO
Dans les prochaines semaines. Pour l’instant on veut dérouler
ces propositions, on veut continuer les débats participatifs,
on veut que les gens en discutent. Mais l’ordre de grandeur du
coût, on le connaît, c’est à peu près
celui du projet socialiste, c’est-à-dire 35 milliards d’euros
net, ce qui est certainement beaucoup moins que d’autres programmes.
Michel DENISOT
Et la dette ?
Jean-Louis BIANCO
La dette, il faut la réduire comment ? En ayant une croissance
la plus forte possible, et en étant raisonnable dans la dépense
publique. Mais ça aussi, ce sera précisé.
Ariane MASSENET
Il y a des propositions assez floues notamment sur le SMIC à 1.500
euros. Elle dit “ dès que possible ”. Ca
veut dire quoi “ dès que possible ” ?
Jean-Louis BIANCO
C’est le projet socialiste. Ca veut dire qu’on se fixe comme
objectif le SMIC à 1.500 euros, qu’à la différence
d’autres candidats, on considère comme irresponsable, même
si bien entendu ce serait souhaitable, de le mettre tout de suite à 1.500
euros. Donc là aussi, ça va dépendre de la croissance, ça
dépend du dynamisme de l’économie. C’est pour ça
qu’on ne prend pas d’engagement précis, parce que ça
ne paraît pas sérieux de le faire. En tous cas, on essaiera
de ne pas attendre cinq ans.
Michel DENISOT
Qui est l’auteur du slogan “ Plus juste, la France sera
plus forte ” ?
Jean-Louis BIANCO
Ségolène ROYAL.
Michel DENISOT
Ah oui !
Jean-Louis BIANCO
Oui, elle est comme ça. Elle revoit elle-même les quatre
pages qu’on envoie aux militants, elle les choisit, elle travaille,
et c’est elle qui a trouvé ce slogan.
Ariane MASSENET
Comment elle...
Michel DENISOT
Il faut marquer une page de pub.
Ariane MASSENET
Oui. Juste un mot. Comment elle s’est trouvée, elle ?
Jean-Louis BIANCO
Comment elle s’est trouvée elle ?
Ariane MASSENET
Oui.
Jean-Louis BIANCO
Je crois qu’elle était plutôt contente et curieusement
pas si fatiguée que je l’aurais cru, puisque après
on a bavardé avec elle, avec d’autres personnes qui étaient
là. Je crois qu’elle était plutôt contente,
mais ce qui était le plus important pour elle, c’était
ce qu’elle a senti pour tout orateur politique de la salle qui était
plus qu’une simple adhésion mais qui l’a porté comme
elle l’a dit. C’était pour elle très profond
et très sincère.
Michel DENISOT
Et le choix du tailleur rouge, c’était elle évidemment
aussi, bien entendu.
Jean-Louis BIANCO
Ca toujours.
Michel DENISOT
On va se retrouver après la pub. A tout de suite. (...)
PUB
Michel DENISOT
LE GRAND JOURNAL avec Jean-Louis BIANCO, co-directeur de la campagne
de Ségolène ROYAL. Après le discours programme
d’hier, vous attendez les sondages, j’imagine.
Jean-Louis BIANCO
Pas tant que ça, vous savez. Ca peut paraître... On ne croit
pas quand on dit ça en général, mais je crois que
les sondages, on les prend comme une donnée. Ils sont ce qu’ils
sont. Quand ils sont bons, on est plutôt content, quand ils sont
moins bons, on n’est moins content, mais on est tellement loin
encore. Moi j’ai l’impression que la campagne n’a pas
totalement commencé même si les Français s’y
intéressent beaucoup plus que d’habitude, depuis beaucoup
plus longtemps. Mais quand on discute par exemple des propositions des
uns, des autres, ce n’est pas encore rentré dans la tête
des gens. Donc on verra ce que seront les sondages. Les premiers
qui vont sortir, c’était fait avant son intervention.
Michel DENISOT
Je crois que mercredi, il y a un sondage dans LE FIGARO qui sera fait
après, et peut-être un dès demain dans LE PARISIEN,
mais je n’en ai pas eu confirmation.
Jean-Louis BIANCO
On verra, mais je crois qu’il ne faut pas être obsédé là-dessus.
Il faut comprendre ce que ça veut dire...
Michel DENISOT
Ce sera quand même un signe.
Jean-Louis BIANCO
Oui, ce sera un signe, bien sûr.
Ariane MASSENET
Vous n’en avez pas fait faire un ?
Jean-Louis BIANCO
Non. Non, on essaye d’économiser l’argent de la campagne,
et on prend les sondages que nous font, nombreux, tous les jours, les
organes de presse.
Michel DENISOT
Et les organes de presse, vous en êtes satisfait ?
Jean-Louis BIANCO
Oui.
Michel DENISOT
Vous n’avez pas toujours dit ça.
Jean-Louis BIANCO
On peut distinguer certains organes de presse et d’autres. Si vous
voulez me pousser un petit peu plus loin, je crois qu’il y a parfois
des visions partielles et partiales. Je n’ai pas toujours le sentiment
que les interviews soient conduites de la même manière suivant
la personne interviewée.
Michel DENISOT
On ne va pas aller plus loin. On ne va pas faire...
Jean-Louis BIANCO
Non. Mais chacun saura de quoi je parle.
Michel DENISOT
... de la délation ici. Je ne sais pas de quoi vous parlez, pas
du tout.
Jean-Louis BIANCO
Je ne parle pas de vous, et je ne parle pas de CANAL.
Michel DENISOT
Ecoutez, c’est déjà bien. On va écouter maintenant
des réactions enregistrées hier après le discours
de Ségolène ROYAL. Alors on commence avec Jack LANG et
on finit avec, on termine avec Valérie PECRESSE.
Jack LANG, PS
Elle était éblouissante. Je pense, c’est la Ségolène
que tout le monde attendait.
Pierre MAUROY, PS
Je trouve qu’elle a traité les problèmes d’éducation
avec beaucoup de force, beaucoup de passion.
Arnaud MONTEBOURG, PS
C’est un discours de chef d’Etat.
Olivier BESANCENOT, LCR
Il manque la proposition principale, c’est-à-dire celle
de la répartition des richesses.
Marie-George BUFFET, PCF
Elle n’aborde pas la question de la fiscalité.
Jean-François COPE, UMP
Pas un mot sur les 35 heures, alors que c’est le sujet majeur.
Marie-George BUFFET
Elle n’est pas convaincante sur l’Europe.
Jean-François COPE
Pas un mot sur la réforme des retraites. Une réforme des
retraites, ce n’est pas dire “ j’augmente les
retraites ”
Thierry BRETON, UMP
Pendant une heure et demie, c’est la litanie de cent mesures qui
coûtent des milliards et des milliards.
Valérie PECRESSE, UMP
Encore une fois, c’est une gauche qui dépense un argent
que nous n’avons pas.
Michel DENISOT
Alors votre réaction à ces réactions ?
Jean-Louis BIANCO
C’est des grands classiques. Le problème, c’est qu’on
peut d’avance écrire les réactions des uns et des
autres. Moi ce que j’ai ressenti, c’est ce que disait Arnaud
MONTEBOURG.
Michel DENISOT
Ca marche dans les deux sens.
Jean-Louis BIANCO
Oui, bien sûr, dans les deux sens. Et pour les contre, on peut écrire à l’avance
leurs réactions. Je l’ai ressenti comme Arnaud, un niveau
de chef d’Etat.
Ariane MASSENET
Un discours de chef d’Etat.
Jean-Louis BIANCO
C’est ça que j’ai ressenti.
Ariane MASSENET
Moi, il y a une chose qui m’a frappé, c’est qu’à aucun
moment, elle n’a prononcé le mot socialisme.
Jean-Louis BIANCO
Alors on m’a dit ça, j’ai été surpris
parce que moi j’ai cru l’entendre, et les journalistes qui
ont bien écouté ont du avoir raison, mais bon. Je crois
que son discours, son contenu était socialiste. Alors les gens
ont dit “ elle a fait exprès de ne pas prononcer le
mot socialiste ”. Je ne le crois pas, mais je ne m’en étais
même pas rendu compte tellement pour moi c’était dans
la lignée du Parti socialiste.
Michel DENISOT
Quand vous êtes, quand vous étiez secrétaire général à l’Elysée,
en 1982, vous avez vu arriver Ségolène ROYAL comme collaboratrice
du président de la République, et de vous. Est-ce que vous
imaginiez à ce moment-là qu’elle aurait un tel destin ?
Jean-Louis BIANCO
Non, mais j’avais déjà remarqué, ce qui est
plus important, c’est que le président MITTERRAND avait
remarqué que c’était quelqu’un d’hors
nomes, d’hors du commun avec une curiosité, une détermination,
une personnalité différente des autres. Il a toujours suivi
avec énormément d’attention ce qu’elle faisait,
y compris quand elle s’est jetée dans le bain électoral,
dans les pires conditions, qu’elle a gagné une circonscription
qui n’était pas gagnable au départ, et qu’elle
a été constamment réélue.
Michel DENISOT
Et vous, qu’est-ce qui fait que vous l’avez rejoint aussitôt ?
Jean-Louis BIANCO
Je l’ai rejointe parce qu’il m’est apparu à peu
près évident que c’était la seule qui avait
le charisme, qui avait ce contact avec les gens, qui faisaient ce qui
moi me touche beaucoup aussi, cette révolution démocratique,
les trois millions de personnes qui ont participé au débat.
Je crois qu’elle est capable, et seule capable de redonner un peu
confiance dans la politique, de redonner un peu d’espoir aux gens,
et je trouve que c’est formidable de partager cette aventure avec
elle.
Ariane MASSENET
C’est quoi sa principale qualité pour vous ? On ne
va pas dire défaut, parce que...
Jean-Louis BIANCO
Non, non.
Michel DENISOT
Ca a déjà été fait.
Jean-Louis BIANCO
Une fois j’ai été sec, et j’ai réfléchi
depuis, donc j’essaye d’en trouver, mais sa principale qualité,
je crois que c’est sa force d’âme, c’est sa force
intérieure, qui n’est pas de l’arrogance, mais on
a l’impression qu’elle a une force intérieure extraordinaire,
qu’elle avait sans doute autrefois, qui s’est forgée
dans son histoire, y compris son histoire personnelle. Mais je pense
que depuis qu’elle est présidente de région, elle
a sans orgueil, sans arrogance une espèce encore une fois de force
intérieure exceptionnelle, quels que soient les moments, quelles
que soient les circonstances, et c’est peut-être ça
le plus impressionnant.
Ariane MASSENET
Certains disent qu’elle est un peu autoritaire. Vous partagez ce
point de vue ?
Jean-Louis BIANCO
Elle est ferme, elle décide mais elle écoute beaucoup.
Elle discute énormément, elle aime beaucoup prendre des
avis. On peut très bien lui dire qu’on n’est pas d’accord,
et on peut lui dire avec vivacité, mais elle tranche, elle décide.
Laurent WEILL
Donc elle n’a pas de défaut, si je vous comprends bien.
Jean-Louis BIANCO
Elle a un défaut d’être trop perfectionniste à mon
goût. Je trouve qu’elle consacre parfois trop de temps, trop
d’attention à chercher à tout faire parfaitement,
mais après tout, c’est son honneur.
Michel DENISOT
Votre point de vue sur la campagne de Nicolas SARKOZY à ce jour ?
Jean-Louis BIANCO
Il fait la campagne qu’il veut. Nous on regarde notre campagne,
on ne regarde pas celles des autres.
Michel DENISOT
Et sur François BAYROU ?
Jean-Louis BIANCO
On verra où il sera le jour de l’élection.
Laurent WEILL
C’est le danger pour vous François BAYROU ?
Jean-Louis BIANCO
Non. Je ne veux pas être présomptueux. Je pense qu’encore
une fois, je l’ai dit, ça vaut pour nos sondages, ça
vaut pour ceux des autres candidats. On est encore trop loin de l’échéance.
Je crois que François BAYROU exprime...
Ariane MASSENET
BAYROU, on le dit.
Jean-Louis BIANCO
BAYROU, il attache beaucoup, le Béarnais. Il fait entendre une
petite musique qui plaît, l’idée que tout n’est
pas écrit d’avance, qu’on ne sait pas d’avance
que ça va être un duel entre Nicolas SARKOZY et Ségolène
ROYAL. Il suit sa route qui est respectable, mais sa vie a quand même été à droite,
il a été d’un gouvernement de droite. Il est soutenu
par des majorités de droite. Donc je ne sais pas, je ne crois
pas qu’il arrivera à prouver une vraie originalité,
mais...
Michel DENISOT
Est-ce que vous savez où était Lionel JOSPIN hier ?
Jean-Louis BIANCO
Hier je ne sais pas où il était, mais j’ai constaté qu’il
s’était exprimé sur une radio pour exprimer un soutien
clair à Ségolène ROYAL et ça m’a fait
plaisir comme l’ont fait STRAUSS-KAHN et FABIUS.
Michel DENISOT
Attendez-vous plus ?
Jean-Louis BIANCO
Il a fait ce qu’il voulait faire, et je trouve que le fait
qu’il ait pris parole, y compris en disant des choses. Vous savez
quand on connaît bien les gens, on sait ce qui est vrai et pas
vrai, quand on fait des compliments à quelqu’un qu’on
n’a pas soutenu. Quand il a dit “ elle a tenu bon, elle
a gardé son cap, elle a gardé sa ligne, elle a gardé sa
méthode et ça c’est bien ”, je suis sûr
que Lionel JOSPIN qui aurait peut-être d’autres choses moins
agréables à dire a dit ce qu’il pensait, et c’est
très bien.
Ariane MASSENET
Oui, mais le fait de ne pas avoir été là hier, c’est
quand même un signal fort.
Jean-Louis BIANCO
Oui, il a dit qu’il n’avait pas envie d’être
sur une chaise. Peu importe. Toute la famille était là,
et lui était là par ses paroles. Donc la gauche était
rassemblée, puisqu’on avait aussi Jean-Pierre CHEVENEMENT
et les Radicaux.
Michel DENISOT
Merci. Vous êtes avec nous jusqu’à 19h50. On va se
retrouver dans un instant après le Petit Journal Actu de Yann
BARTHES. (...) FIN DE LA PREMIERE PARTIE_ |