NouVeLLe vOiX-
Rassembler au-delà du oui et du non
par Jean-Louis Bianco (15 septembre 2005)



Pour beaucoup, c’est seulement un slogan. Pour nous, à Nouvelle Voix, les mots ont un sens : nous avons très majoritairement appelé à voter oui, mais nous sommes aussi rejoints par des militants qui s’étaient prononcés pour le non.

Nous avons lu les contributions, écouté les arguments, et nous relevons, y compris avec des contributions issues du non, des points de convergence :

1) Avec UTOPIA sur :

- la nécessité de mesurer la croissance autrement que par le PIB
- le baromètre des inégalités, comme instrument de mesure pour les combattre
- la reconnaissance du « temps d’utilité sociale » comme temps à part entière

2) Avec Henri Emmanuelli sur :

- le contrôle public de certains secteurs essentiels
- une politique novatrice en direction des très petites entreprises et de la sous-traitance

3) Avec Alain Vidalies sur :

- l’analyse des objectifs pour l’Europe
- la conférence salariale et sociale tripartite dès le début de la législature
- la fusion UNEDIC-ANPE (que nous avons nous-même proposée)
- la démocratie sociale (sur laquelle nous avons nous aussi insisté

 

4) Avec NPS sur

- l’analyse de la mondialisation libérale
- la « croissance à soutenabilité forte »
- la fiscalité du capital et des revenus du capital

Plus globalement, une analyse honnête de l’ensemble des textes montre de fortes convergences : sur la lutte contre le chômage, la politique du logement, la sécurité sociale professionnelle, la politique de l’éducation …

Arrêtons donc d’opposer artificiellement les uns aux autres, les « bons » (du côté du peuple, évidemment) aux « méchants » (du côté des élites, naturellement).

Est-ce à dire qu’il n’y a pas de clivage ? Bien sûr que non ! A Nouvelle Voix, nous souhaitons qu’une orientation cohérente se dégage sur cinq axes:

1) Redonner confiance dans l’avenir.

La politique de casse sociale menée par la droite est terrible. Nos concitoyens souffrent et sont en colère. Mais pour autant, cessons de sombrer dans le pessimisme. La France a des valeurs. La France a des atouts. L’ambition des socialistes, c’est de redonner aux Français confiance dans l’avenir.

2) Défendre l’identité socialiste

Oui, nous devons reconnaître nos échecs, les analyser et rompre avec certaines de nos pratiques antérieures. Mais oui aussi, nous devons être fiers de ce que nous avons fait. Ceux qui multiplient les paroles de repentance reprennent, en fait, le discours du PCF et de l’extrême gauche. Ce n’est pas à des forces extérieures au PS de peser sur libre choix des militants.

3) Invoquons François Mitterrand, puisque tout le monde le fait.

François Mitterrand nous a appris qu’il fallait d’abord un Parti Socialiste fort et rassemblé, et ensuite une négociation avec toutes les forces de progrès, pour un contrat de gouvernement.

François Mitterrand a choisi le réformisme contre le léninisme. L’un change la vie des hommes. L’autre n’est qu’une stratégie de prise du pouvoir.

4) Etre plus à gauche,

Pour nous cela ne veut pas dire accumuler des promesses catégorielles que nous ne pourrons pas tenir. Faire cela, c’est faire du populisme, et c’est tromper le peuple. Soyons, comme le dit Jean Glavany, un peu plus révolutionnaires au gouvernement et un peu moins maximalistes dans l’opposition.

5) Nous devons avoir un vrai débat sur l’économie de marché,

(Là encore d’accord avec Jean Glavany). Avons-nous, oui ou non, considéré en 1983 que l’économie de marché était le cadre économique dans lequel nous nous situions ? Si non, il faut le dire ! Et dire, alors, quelles autres règles nous proposons. En tout cas, la création de richesses, la capacité d’innovation, le développement de la recherche sont décisifs, à la fois pour garantir la solidarité et pour mieux nous battre dans la compétition mondiale.

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