PubLiCatiON - Article de presse - La Provence du 18 août 2006


Ségolène prend les éléphants de vitesse
La probable candidate du PS pour 2007 fait sa rentrée dimanche en Bourgogne.
Hier, neuf responsables socialistes ont annoncé soutenir sa candidature.

Après quelques jours de repos, la star des sondages du Parti socialiste, candidate probable à la présidentielle de 2007 revient dès dimanche sur le devant de la scène.
C’est en Bourgogne, à l’occasion de la 34’ Fête de la rose de Frangy-en-Bresse, qui marque traditionnellement, chez les socialistes, la reprise de la vie politique, qu’elle interviendra donc dimanche, brûlant ainsi la politesse aux caciques du PS, qu’elle retrouvera après la trêve estivale, le 24 août, à l’université d’été de La Rochelle.

A point nommé, neuf responsables socialistes lui ont affirmé leur soutien hier, estimant qu’elle “est la plus apte à porter le projet de renouvellement des équipes, des méthodes et des idées dont la France a besoin”. Le texte est signé par Gaëtan Gorce, député et secrétaire national du PS, Dominique Bertinotti, maire du IVe arrondissement de Paris et secrétaire nationale adjointe, Jean-Louis Bianco, président du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, député, et ancien ministre (lire ci-dessous), Didier Boulaud, sénateur-maire de Nevers, Christophe Caresche, député et adjoint au maire de Paris Bertrand Delanoë, Jacques Floch, ancien ministre et député, Jean Germain, maire de Tours, Jean-Pierre Mignard, responsable national et Gilles Savary, député européen.

Jean-Louis Bianco: “Si elle apparaît ferme aux Français, tant mieux !“


La Provence : Pourquoi cette démarche, à une semaine de l’université d’été de La Rochelle?

Jean-Louis Bianco : “On l’a fait un peu plus tôt que prévu car il ne nous paraît pas nécessaire d’aller au secours des sondages mais plutôt de se positionner tôt. C’est un soutien à Ségolène Royal mais aussi un appel sur la manière dont doit se conduire le débat. Un candidat doit se qualifier et non pas disqualifier les autres, autrement dit présenter de manière positive ce qu’il veut faire et non pas critiquer parfois de façon infantile.”

LP : Est-ce que ce n’est pas un peu fausser le jeu que de vous positionner officiellement avant même que les militants choisissent leur candidat ?

JLB : “Nous ne prétendons pas peser sur le choix des militants qui restent, quoi qu’en disent les uns et les autres, libres. On veut seulement rappeler les enjeux qui nous semblent importants et montrer pourquoi, sur ces enjeux, Ségolène Royal nous parais la plus capable de rassembler le parti socialiste. D’autres ont pris position avant nous pour Lionel Jospin, pour Dominique Strauss-Kahn, pour Laurent Fabius... Notre démarche n’a rien d’insolite”.

LP : Vous ne regretterez pas cette démarche, même si Lionel Jospin venait à se déclarer candidat à la candidature?

JLB : “Certainement pas. On a, je crois, les uns et les autres, beaucoup de considération pour Lionel Jospin, pour l’homme d’État, pour ce qu’il a fait. Mais ayant dit après le 21 avril ‘j‘arrête’, annoncer maintenant ‘je reviens’, ce n’est pas ce qu’attendent les gens. Il n’incarne pas, comme le fait Ségolène Royal, ce désir de renouvellement et de changement qu’il aurait pu susciter à d’autres époques.”


LP : On a reproché à Ségolène Royal de chasser sur les terres de Nicolas Sarkozy. Ça ne vous gêne pas?

JLB : “Non, pas du tout car je crois que le reproche n’est pas fondé. Elle a le mérite de dire souvent les choses plus nettement que d’autres, de manier le moins possible la langue de bois et d’apparaître très ferme sur les questions de sécurité, ce qu’elle est en effet. Ségolène Royal incarne mieux que d’autre cette ligne qui est celle de l’ensemble du parti, il n’y a qu’à lire le projet socialiste. Si elle apparaît comme ferme aux yeux de beaucoup de Français, tant mieux, car ce sont nos concitoyens les plus modestes qui réclament le plus la sécurité.”

LP : Face à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal fera-t-elle le poids?


JLB : “On verra, rien n’est joué d’avance, mais nous pensons qu’elle en a toute la capacité. Elle a toujours su faire preuve de détermination et de conviction. Rien n’est écrit, ni pour Sarkozy, ni pour elle”.

LP : Jean-Marie Le Pen affirme qu’il sera présent au second tour. Qu’en dites-vous?

JLB : “Sarkozy - Le Pen, c’est un scénario catastrophe. L’expérience du 21 avril a montré que malheureusement le pire était possible. Malgré tout, quand on parle avec des gens de gauche et même du centre, le souvenir du 21 avril est présent. Au vu de ce que j’entends, je n’ai pas trop d’inquiétude. Je pense que si on a un candidat ou une candidate élu par plus 200 000 militants avec tout le parti derrière lui – car je suis sûr qu’une fois le vote acquis, le parti sera derrière lui - alors d’autres gens de gauche, voire d’extrême gauche, nous rejoindront pour assurer la présence d’un ou d’une socialiste au second tour.”


Article de Dominique Arnoult

 
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